Scènes d’Automne : la tombée du rideau

Scènes d'Automne LimoilouEn entrevue au Devoir, Daran expliquait sa récente décision de s’installer définitivement au Québec : « Il y a une vie ici qu’il n’y a plus à Paris. Une vie de musicien. Ici, ça joue dans tous les coins pour le plaisir de jouer. Il y a une culture « indie ». Des émergents partout. À Paris, je vois pas d’émergents nulle part. À Paris, t’as trois endroits pour jouer avec les copains, où tu paies l’équivalent de vingt dollars le verre. Pour moi, il ne peut pas y avoir de création artistique si tu ne peux plus aller voir un concert pour le prix d’une bière » (Sylvain Cormier, Le Devoir, 30 octobre 2010).Daran aurait pu se faire le porte-parole de Scènes d’Automne, tant ses raisons pour s’établir au Québec résument les ambitions du festival de musique qui s’est tenu du 4 au 13 novembre derniers : inviter des artistes de la scène émergente qui auraient du plaisir à jouer dans un coin de Québec où l’offre culturelle est encore peu fréquentée – Limoilou –, devant un public néanmoins ravi d’assister à moindre coût à des performances de qualité. À défaut d’en avoir été le porte-parole, du moins Daran en fut-il le coup de coeur, de l’avis du coordinateur de production, Jean-François Girard (vous nous corrigerez si vous n’êtes pas du même avis!). On pourrait dire le sentiment réciproque, le chanteur ayant, de son propre aveu, beaucoup apprécié le public du Bal du Lézard (9 novembre). Même son de cloche, aussi, du groupe Orange Orange (12 novembre).La palme d’affluence revient toutefois à Tricot Machine, qui avait cependant l’avantage de la capacité d’accueil de la Salle Sylvain-Lelièvre (6 novembre). Cela dit, dans l’ensemble, cette deuxième édition n’a pas connu le même succès que l’année précédente, avec comme résultat, entre autres, le report de l’hommage aux Colocs (remis au 25 novembre). Il faut avouer que la concurrence était forte pour un mois généralement tranquille sur le plan artistique ; les organisateurs de Limoilou en vrac ne pouvaient prévoir, notamment, que le festival folk modifierait son calendrier habituel. Cette concurrence inattendue a eu raison, au moins en partie, de l’attention des médias locaux qui, à l’exception de Radio-Canada, CKRL et Monlimoilou, ont peu couvert l’événement.D’où l’importance des commanditaires : Jean-François Girard est reconnaissant de l’appui financier des Caisses Desjardins, qui permettent aux Productions Limoilou en vrac de tenir de tels événements qui n’engrangent pas nécessairement de profits. D’ailleurs, d’une année à l’autre, le maintien des projets organisés par l’OBNL dépend des subventions accordées. Jean-François confirme à cet effet que la Folie des bands et l’International de pétanque seront reconduits en 2011. Les détails suivront en temps et lieu.Bref, au terme de Scènes d’Automne, Daran est content, les organisateurs de Limoilou en vrac sont satisfaits, celle qui écrit ici est réjouie de son baptême orange… et vous, votre bilan de l’événement?[ À lire aussi : À l’automne, il n’y a pas que les citrouilles qui soient orange ] [ Festival Scènes d’Automne : 2e édition ]