Semaine des transports collectifs et actifs : voix discordantes

LogoDécouverts par hasard, deux commentaires critiques publiés dans le Journal de Québec lors de la dernière Semaine des transports collectifs et actifs.Que l’on aime on non, ils ont au moins le mérite de susciter quelques intéressantes réflexions tout en soulevant, bien sûr, l’éternelle confrontation des droits individuels et des droits collectifs… La guerre à l’auto (Eric Duhaime, blogue Duhaime en droite ligne, 21 septembre 2010)

Une journée, ce n’était pas assez. Cette année, on a droit à une semaine complète d’En ville sans ma voiture. Les écolos en profitent aussi pour lancer la première édition des Quartiers sans voitures. À quand la ville, le pays ou la planète sans voiture, à l’année? Pour les extrémistes de la religion verte, ce n’est qu’une question de temps.Des kiosques de propagande, des conférences subventionnées sans auditoire et des rues fermées inutilement qui font rager. On en a pour la semaine. (…)Le bilan routier québécois compte de moins en moins de morts, passant de 2209 décès sur les routes en 1973 à 515 en 2009, avec un parc automobile deux fois plus important.Les voitures neuves sont aussi 99 fois moins polluantes que celles vendues en 1970, 37 fois moins polluantes qu’en 1987 et 12 fois moins polluantes qu’en 1993.Qu’on se comprenne bien : je n’ai absolument rien contre ceux qui choisissent de ne pas avoir d’auto et préfèrent utiliser les transports collectifs. J’en suis.Mais à entendre le discours des ayatollahs de l’environnement, j’ai juste le goût de m’acheter un char pis de déménager en banlieue ou en région. Depuis mon retour de Bagdad l’année dernière, je fuis les zones de guerre et l’intégrisme…

Ode à la voiture (Nathalie Elgrably-Lévy, économiste senior à l’Institut économique de Montréal, Fournal de Québec, 23 septembre 2010.)

(…) Cinq jours d’endoctrinement anti-automobile organisée par des militants anti-liberté, déterminés à contrôler la manière dont nous organisons nos vies et à nous imposer leur idéologie collectiviste oppressante. (…) Sur le site de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), on peut lire que les activités organisées visent à montrer aux gens que «l’auto solo n’est pas la seule solution de transport urbain en 2010». Ce n’est pas la seule? Wow… qui l’eût cru?! Et quel soulagement de savoir que cette agence gouvernementale dépense l’argent des contribuables pour expliquer aux Québécois pourquoi ils sont naïfs, voire carrément idiots, de choisir l’automobile. Les grands prêtres du transport en commun ont le monopole de la parole depuis de nombreuses années. (…)Tout d’abord, si tant de gens continuent de privilégier la voiture, ce n’est pas parce qu’ils ignorent l’existence des autres modes de transport, c’est tout simplement qu’ils la considèrent encore comme le moyen le plus rapide et le plus pratique de se déplacer. (…)

En contrepoids, cette réflexion de David Desjardins tirée de son billet Le crépuscule d’un rêve (VOIR Québec, 22 septembre 2010.)

(…) Impossible de conscientiser les automobilistes en les agressant, mais à l’inverse comment peut-on être l’otage du système actuel et le défendre comme vous le faites avec autant de colère, avec une réelle haine de toutes les solutions de rechange qu’on vous propose, et qui, à moi qui ai longtemps souffert avec vous, paraissent toutes mille fois mieux que de végéter derrière un volant pendant ce qui équivaut, au bout d’une semaine, à une journée de travail? (…)

[ À lire entre autres billets : Transport collectif : Le virage s’impose, selon certains organismes. ]