Hymne à Peggy

Peggy sur son poteau
Peggy
Vendredi le 2 aoûtquelques heures avant minuitTu m’es apparue comme un chat cramécrucifié sur son clouNous avons vu cet homme – une grande perche de fortune entre ses mainsreplacer sur ton visage – ton visage jouet, ton visage de clonetes cheveux noirs en batailleLa lueur lampadaire sur ton crâne plastiqueRue de LimoilouTu m’es apparue épouvantableUn épouvantail pour mauvaises âmesLe pire cauchemar des plangonophobiaquesde ceux qui ont peur des sourires Andromaque

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— On lui voit plus le visage ! Faut replacer ses ch’veux.— Depuis quand elle est là ?— Elle est arrivée hier soir. On sait pas qui l’a mise là, était là, juste en face. »

Sur son balcon une dame me souritJe ne suis pas la seulePas la seule à checker l’opération coiffure du vieux saltimbanqueSur leurs balcons des ombres humaines s’animentzieutent dans le noir la drôle de patenteToi poupée troncAnimation urbaine d’une minute surréalisteÉtrange émule de Dora l’exploratriceTu me fais penser à Jésus sur sa croixApparue comme un spectredans la nuit glauque d’une rue, ben fixée sur ta tablettecomme le parfait make-up d’une starletteJe pense à l’Île aux poupées du Mexique – un frisson dans le dosLe jour tu retrouves tes plus beaux atoursDepuis j’te guette, fais des détourspour voir si t’es encore làÇa me ferait de la peine de te voir partieNe révélerai pas ton spot sur mon bloguePréfère te garder secrèteVeux même pas savoir ton histoire – pourquoi t’es là, qu’est-ce t’attendsle visage immobile, les traits manufacturiersJe t’appelle Peggy juste pour te parlerParler de toi aux gens d’iciPour qu’ils lèvent les yeux puissent t’apercevoirs’inventer une histoire de poupée vaudou, de sans queue ni têteRepartir avec, un peu de légèreté dans la tête