Un peu de Katmandou dans Limoilou !

Veema et Saroj, les propriétaires du Marché Népalais
Tout au long de l’année 2014, Monlimoilou.com ira à la rencontre de résidents et entrepreneurs du quartier, connus ou moins connus,  qui ont tous en commun d’être originaires de l’extérieur du Québec. Nous vous présenterons leur parcours jusqu’à Limoilou, ainsi que leurs impressions sur leur quartier d’adoption.

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Pour un samedi matin 10 heures, il est très rare de voir des clients attendre l’ouverture d’un commerce. Pourtant, trois clients — dont la moyenne d’âge oscille autour des vingt ans ! — bravent le froid devant la porte du Marché népalais. Sous les regards curieux des automobilistes, j’ai le plaisir de discuter avec l’un d’entre eux qui est au Québec depuis 5 ans. Étudiant au Centre Louis-Jolliet, le sympathique jeune homme me raconte que ses amis et lui viennent souvent faire leurs courses ici après les cours et qu’il apprécie de pouvoir enfin trouver des produits du pays sans se rendre à Montréal !

On trouve de tout, même un ami

Mon jeune interlocuteur connaît bien Saroj et Veema, les propriétaires du Marché népalais. Il n’est pas le seul. Souvent, il vient rencontrer des amis au 186 Eugène-Lamontagne, des connaissances népalaises et bhoutanaises, pour échanger des nouvelles, discuter. Les propriétaires ont même installé une table à l’arrière du commerce où les étudiants néo-québécois de Louis-Jolliet comme clients confirmés y prennent la pause pour dîner ou le temps d’un café. Pour la communauté bhoutanaise, le marché n’est pas juste un magasin. C’est aussi un lieu pour célébrer les fêtes, au sous-sol, ou discuter de leur communauté. Une association bhoutanaise est d’ailleurs en préparation.C’est assise à la table en question, noyée dans l’éclatant soleil d’hiver, que j’ai le grand plaisir de m’entretenir avec Veema, la copropriétaire du commerce.

Bhoutan-Népal-Sherbrooke-Limoilou

Veema et Saroj, son mari, sont nés au Bhoutan. Leurs grands-parents étaient originaires du Népal, ce qui ne plaisait pas au gouvernement bhoutanais, qui, en 1980, employa les grands moyens pour forcer les Bhoutanais d’origine népalaise à pratiquer la langue et la religion du pays. Ceux-ci ont alors quitté le Bhoutan pour le Népal. Ils ont habité plus de vingt ans dans des camps de réfugiés. Cette longue vie dans les camps permit à la communauté de se structurer. Certains jeunes que j’ai connus comme travailleuse de rue ont même appris l’anglais, par l’implication de réfugiés dans leur communauté, afin de préparer leur arrivée au Canada. Or, depuis 2009, c’est à Québec que 1000 d’entre eux ont été accueillis. D’abord résidents de Sherbrooke, Veema et son mari habitent quant à eux la Capitale depuis l’année dernière. L’apprentissage du français a nécessité trois ans de francisation pour Veema. Aujourd’hui elle s’exprime très bien en français.En juillet prochain, Veema et sa petite famille déménageront en sol limoulois; cette dernière a bien hâte de découvrir son futur quartier. En attendant, elle lance un message de bienvenue à tous. « Pas besoin d’acheter, venez découvrir et poussez la porte par curiosité ! »

Masala, vidéo et croquant orange

Veema et Saroj ont tenu leur commerce pendant 15 mois dans le quartier Les Saules. La facilité d’accès pour la communauté bhoutanaise a déterminé leur choix pour déménager le Marché népalais il y a à peine quatre mois dans Limoilou. Leurs clients sont d’origine québécoise, népalaise, indienne, pakistanaise, afghane ou européenne. Les Québécois, dont les visites amènent chez Veema une motivation et un encouragement sincères, achètent surtout les épices asiatiques. Pour les amoureux des plats indiens, vous serez servis ! L’Inde et le Népal utilisent les mêmes épices. Vous pourrez aussi retrouver sur les rayons des articles de cuisine, du thé indien, des livres et des DVD hindi, des divinités reproduites sur grandes affiches couleur. Je vous suggère avant tout ces petites sucreries orange au miel, j’en ai tout simplement RAFFOLÉ !

Pour la petite histoire

Les Bhoutanais d’origine népalaise sont dans un no man’s land. Le Népal martèle qu’ils sont gens du Bhoutan et doivent donc retourner au Bhoutan alors que le Bhoutan les identifie comme immigrants illégaux du Népal. La situation problématique et persistante a attiré l’attention de huit pays, dont les États-Unis, la Norvège et la Nouvelle-Zélande qui, comme le gouvernement canadien, accueillent des réfugiés afin de participer à leur réinstallation permanente.

Marché népalais186, av. Eugène-Lamontagne581 981-7883