Une bouquinerie pas comme les autres

J’ai découvert l’existence d’Ordi-livres alors que j’organisais Libérez les livres à Limoilou. L’avenue Maufils m’a menée à cette bouquinerie lumineuse de Maizerets, en plein cœur d’un quartier résidentiel. J’ai eu le coup de cœur! Ordi-livres nous transporte tout de suite dans l’ailleurs…Ordi-livres, c’est 45 000 livres français et anglais répertoriés sur le site web de la bouquinerie. On y vend aussi des VHS pour les vrais de vrais nostalgiques, des tourne-disques et des vinyles – lesquels représentent 10 à 12% des ventes.Avis aux collectionneurs, j’ai été impressionnée par le nombre de livres anciens. Si l’histoire vous passionne ou que vous êtes amateurs de curiosités, n’attendez plus! Vous pourrez également vous procurer, avec les bons conseils de Pierre, sympathique bénévole et conseiller, un ordinateur usagé de bonne qualité, à bas prix, système d’exploitation et garantie 30 jours compris!La boutique existe depuis quatre ans, détrompant ceux qui doutaient à l’origine de sa pérennité. Une passion pour l’être humain et une grande solidarité permettent à la vingtaine de fidèles bénévoles, accompagnés d’un gérant, d’offrir aux clients d’Ordi-livres une diversité littéraire, musicale et informatique, tout en aidant à amasser des fonds pour une bonne cause!

Derrière le livre

Les livres que vous trouverez sur les rayons d’Ordi-livres sont soigneusement choisis par les bénévoles de l’Atelier Signes d’espoir. Imaginez: à l’atelier, les bénévoles trient 300 000 livres par année! Ils recyclent aussi des produits électroniques et informatiques. Réutilisation, recyclage, récupération des métaux: ces bénévoles travaillent chaque jour pour un environnement meilleur. L’entreprise d’économie sociale permet à des personnes vivant avec différents handicaps, dont la surdité, de se réaliser sur le marché du travail. L’Atelier Signes d’espoir et Ordi-livres font partie des multiples volets du Centre Signes d’espoir, un organisme communautaire qui se démarque depuis 35 ans par la diversité de ses services destinés aux personnes sourdes.

La vue ou l’ouïe?

J’ai eu le plaisir de rencontrer Michèle Beaulieu, directrice adjointe, Pierre, bénévole, et sœur Louise Bellavance, directrice générale et fondatrice du Centre Signes d’espoir.Une phrase au cours de l’entrevue m’est restée en tête: «L’aveugle suscite la compassion, le sourd le rejet.» La confrontation aux difficultés de communication avec les entendants est un défi quotidien sous-estimé: «Quand tu es avec une personne avec qui tu ne peux pas communiquer, continue Michèle, tu ne sais pas comment agir, tu as hâte de partir.»Michèle travaille au Centre Signes d’espoir depuis 15 ans. Elle se souvient de cette jeune fille, à l’aube de l’âge adulte, qui faisait beaucoup de crises de violence. Elle a été accueillie au centre. Au fur et à mesure qu’elle développait le langage gestuel, ses crises diminuaient. Saviez-vous d’ailleurs que, dans les années 1950 et 1960, les sourds étaient souvent envoyés à Robert-Giffard?Chapeau au Centre Signes d’espoir, à ses bénévoles, ses travailleurs et travailleuses, à soeur Louise, ainsi qu’à Michèle et Pierre qui portent haut et fort leur mission d’aider les personnes sourdes de Québec! Question de les encourager, pourquoi ne pas profiter de l’automne pour faire le plein de bouquins chez Ordi-livres?

Le Centre espoir c’est aussi:

  • L’Auberge des sourds à Limoilou
  • Des cours de la langue des signes québécoise (LSQ)
  • Habitat-Sourds, résidence pour personnes sourdes avec problèmes de santé mentale, déficiences intellectuelles et physiques
  • De fidèles donateurs qui soutiennent la mission année après année
  • Une expérience de bénévolat humaine – bienvenue à ceux et celles qui désirent s’impliquer
  • Le désir d’une nouvelle ressource en hébergement (avis à tous: terrain recherché!)

Ordi-livres 2378, avenue Maufils 418 527-5353