Élections 2015 : Les candidats de Beauport-Limoilou et leurs positions sur le Port de Québec

150804_4l8iz_porte-de-quebec_sn635Le dossier du Port de Québec s’est avéré incontournable au fil de la campagne électorale fédérale 2015. Monlimoilou.com a demandé aux candidats et à la candidate des différentes formations dans Beauport-Limoilou de se positionner sur la question. Voici un petit résumé de leurs réflexions.

Pour plusieurs des candidats, le dossier du Port de Québec est prioritaire pour la circonscription. Tous – à l’exception du candidat du Parti conservateur – ont placé la question parmi leurs grandes priorités pour la circonscription, lorsque questionnés à cet effet.

Un manque de communication

Alupa-Clarke-portraitPour le candidat conservateur, Alupa Clarke, les questions liées au Port de Québec ont été réglées et, actuellement, le débat est plus l’apanage d’une attitude qu’il décrit comme « partisane » et « alarmiste » de la part de certains intervenants.

Le problème de poussière rouge a été réglé, mais les citoyens sont encore inquiets parce qu’ils n’ont pas accès aux échantillons… et on ne peut pas avoir accès aux échantillons tant qu’on est dans des procédures judiciaires. Je peux comprendre qu’il y ait des préoccupations à ce niveau-là, mais personne ne peut spontanément être alarmiste en disant que le problème persiste ou en disant qu’un acteur n’a pas été responsable. Bien au contraire : la Santé publique a sorti un dossier qui démontre que le problème de la poussière rouge a été réglé et le Port de Québec a pris des mesures pour enrayer le problème. »

antoine-bujold2Son de cloche similaire de la part du candidat libéral, Antoine Bujold, qui déplore l’ambiance de confrontation entre groupes citoyens et Administration portuaire qui a animé le dossier au cours des dernières années.

Je ne comprends pas pourquoi on en est encore là : j’ai comme l’impression qu’on alimente tout ça pour faire une campagne électorale et je trouve ça déplorable ! C’est évident qu’au lendemain de mon élection, je vais me mettre le nez dans ce dossier-là, et je vais rassembler tout le monde pour essayer de faire progresser ça positivement. »

Selon lui, il faut amorcer dès que possible le projet d’agrandissement du Port de Québec, tout en développant tant une expertise que des mesures atténuantes pour régler les préoccupations quant à la qualité de l’air du secteur.

Nommer un arbitre neutre

2015-09-15-elections-npd-raymond-cote-ml-03Le député sortant, candidat pour le Nouveau Parti démocratique, Raymond Côté, souhaite, pour sa part, la mise en service d’un arbitre neutre qui permettrait de trancher sur le dossier – relativement au projet de loi qu’il avait déposé en ce sens à la Chambre des communes lors de son précédent mandat.Essentiellement, sa proposition vise à obliger les Administrations portuaires au pays à subir aux trois ans une évaluation de la part du commissaire à l’environnement et au développement durable du Canada, tout en donnant à ce dernier pouvoir d’enquêter, en fonction des plaintes et pétitions citoyennes.

Ça changerait le ton, car le commissaire se retrouve à être un officier, membre du Bureau du vérificateur général, qui rend des comptes directement au Parlement canadien. Il se retrouverait à être un arbitre neutre, impartial, possédant des moyens très intéressants pour aller au fond des choses », explique Raymond Côté.

Obtenir des données crédibles

laborit-elections2Le candidat de Forces et démocratie, Bladimir Laborit a, de son côté, déploré le manque d’expertise scientifique rattaché au dossier et, de ce fait, une certaine « désinformation » autour des différents enjeux liés à l’Administration portuaire.Il s’agit donc, pour lui, d’aller chercher cette expertise et d’en appliquer les conclusions. Selon lui, les problèmes relatifs à la pollution de l’air sont évitables, « dans la mesure où l’on va chercher l’avis de spécialistes reconnus et qu’on l’applique ».dalila-helhakDalila Elhak, candidate pour le Parti vert du Canada, déplorait également ce manque de données probantes et préconisait l’embauche d’experts externes, « n’ayant rien à voir avec les gouvernement provincial ou fédéral », pour mener des analyses crédibles. Elle estime, par ailleurs, que la problématique doit être envisagée globalement – effets sur la pollution de l’air, certes, mais également effets à long terme sur la santé de la population.

Il faut essayer de voir, parmi les statistiques qu’on aura, combien de personnes souffrent du cancer à cause de la pollution ; combien d’enfants ont des problèmes de comportement à cause du nickel ? »

Changer les pratiques

2015-10-06-elections-debat-ml-07Du côté du Bloc québécois, on pointe plutôt le doigt vers les pratiques de transbordement. La solution est simple, pour Doni Berberi : il faut les effectuer sous couvert, quitte à mettre en place de nouvelles lois afin de contrainde le Port et les entreprises qui se trouvent sur son territoire à changer leurs pratiques.

Le Port doit respecter les lois québécoises. On ne peut pas tolérer qu’il continue de jeter des poussières sur les habitants de Limoilou. Il faut modifier la loi fédérale pour obliger le Port à mettre sous couverture ses activités de transbordement : c’est la seule façon d’arrêter les épisodes de poussières de métaux. »

Série de portraits

Évidemment, le Port est un enjeu majeur, mais plusieurs autres questions ont été abordées par les candidats de Beauport-Limoilou.À quelques jours des élections, il est toujours possible de replonger dans une série de portraits réalisée par Monlimoilou.com et prendre connaissance des différentes positions et perspectives énoncées lors de la campagne.