Les ruelles de Limoilou cartographiées via OpenStreetMap

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Petite mais dynamique, la communauté OpenStreetMap de Québec a profité du début de la saison estivale pour compléter un projet d’envergure : la cartographie complète des ruelles du quartier Limoilou. Monlimoilou.com en a profité pour porter un regard sur ce groupe et ses projets.

Oui, OpenStreetMap, c’est un riche outil cartographique mais, peut-être que, d’abord et avant tout, c’est une communauté, autant locale qu’internationale. Un peu partout dans le monde, des passionnés – professionnels ou amateurs – travaillent à enrichir la cartographie de leur ville, leur milieu, leur quartier. À l’image de l’encyclopédie Wikipedia, tous sont invités à contribuer, à participer autant au développement de nouveaux contenus qu’à la mise à jour des contenus cartographiques existants.L’objectif d’OpenStreetMap ? « Offrir une information à jour, qui reflète la réalité du terrain », explique Bruno Rémy, l’un des animateurs du groupe OpenStreetMap Capitale-Nationale.

Un outil comme OpenStreetMap rend accessible une information géographique et cartographique au public et, en plus, ils peuvent prendre la décision de se la réapproprier, de la faire vivre, pour ainsi offrir à leur communauté ou aux visiteurs une image cartographique de leur ville telle qu’est est vraiment », poursuit-il.

En ce sens, la tâche des différents bénévoles est large, le temps de réaction, le plus rapide possible. Tout particulièrement en ce qui a trait à la mise à jour d’informations. « Par exemple, le parc industriel osm-limoilou-02de Saint-Augustin est sur OpenStreetMap depuis longtemps, alors qu’il vient tout juste d’apparaître sur Google Maps », explique M. Rémy.Plus efficace ? Plus alerte, dira-t-on plutôt. Les contributeurs, implantés sur le terrain, voient les milieux évoluer, se transformer. « On n’a pas besoin non plus d’attendre à chaque hiver pour mettre à jour l’information quant aux travaux, on le fait en temps réel. »

Cartographier les ruelles

Et, parfois, des propositions de citoyens, enclins à développer un projet, amène la communauté locale vers certaines tâches d’envergure.Par exemple, l’automne dernier, c’est Yan Turgeon qui avait proposé au comité de répertorier cartographiquement la localisation des différents supports à vélo du secteur. Et, plus récemment, Léon Talbot a invité le comité OpenStreetMap Capitale-Nationale à réaliser l’exercice de cartographie des ruelles, en lien avec la grande consultation lancée par Votepour.ca sur ces lieux limoulois. « Des fois, ça prend un petit coup de pouce pour monter l’intérêt face à un projet ! », lance Bruno Rémy.Pour les ruelles – comme pour les autres mandats que se donne le comité –, le travail se fait à 80 % sur le terrain.

Il faut aller, sur place, faire les relevés GPS. On part donc avec un appareil mobile avec GPS intégré, comme un téléphone intelligent, par exemple. À l’aide d’applications spécialisées, on circule dans les ruelles et on effectue un relevé précis. »

osm-limoilou-03Après avoir sillonner les ruelles, l’information du trajet emprunté apparaît comme une « couche d’information » additionnelle à l’outil cartographique. Aidé par des photos satellites, il s’agit ensuite de transposer cette information à la base de données OpenStreetMap.C’est d’ailleurs l’un des avantages de l’outil comparativement aux autres disponibles : pas besoin de télécharger de nouvelles couches d’information pour obtenir plus de détail, tout est déjà en place sur la carte initiale, des ruelles aux tables de pique-nique, des bornes de stationnement pour cycliste aux œuvres d’art public.

Atelier d’information

Ceux qui veulent en savoir plus sur le travail de cartographie OpenStreetMap sont invités à se rendre ce samedi 20 juin, de 16 h à 19 h, à un atelier d’information à la Brûlerie Vieux-Limoilou (501 3e Avenue).

À cette occasion, les gens pourront se familiariser avec nos outils, qui seront en mode démonstration. On aura avec nous différents appareils : téléphones intelligents et tablettes, ordinateurs portables, drônes… Tout le matériel technique sera là ! On expliquera aux gens les manières de les utiliser, leurs avantages et leurs inconvénients », indique Bruno Rémy.

Par exemple, les utilisateurs de téléphones Android pourront, d’emblée, se prévaloir de l’application OSMTracker, pour effectuer des relevés GPS.Ceux ayant plutôt un appareil iOs devront se « contenter » de GoMAP !, qui permet de réaliser le même travail, mais à travers une interface un peu plus complexe.

Ensuite, si les gens sont intéressés à contribuer à la communauté OpenStreetMap, après cet atelier, il pourront repartir chez eux et être autonomes, faire un peu d’édition sans qu’on les prenne par la main. Au besoin, on pourra également leur offrir un second atelier où ils viendront avec leur matériel et au fil duquel nous les accompagnerons dans le processus d’édition. »

Tout ça, question d’enrichir et de pousser plus avant cette jeune communauté, active depuis deux ans déjà dans la Capitale-Nationale. « Un groupe à géométrie variable, qui est toujours en période de développement ! », assure l’animateur.