Participation citoyenne : de nouveaux reproches pour l’Administration portuaire de Québec

port001Alors que l’Administration portuaire et le Gouvernement du Québec débattent par le biais des médias quant au processus d’évaluation environnemental à préconiser, le Port de Québec organisait sa réunion publique annuelle : un rendez-vous manqué entre l’Administration et les citoyens, alors que plusieurs reprochent la « discrétion » avec laquelle la rencontre a été annoncée.

Par un avis publié sur son site Web, l’Administration portuaire de Québec invitais tous et toutes à assister, le vendredi 15 mai 13h30, à la réunion publique annuelle du Port de Québec.Un rendez-vous qui semble avoir été raté par beaucoup alors que, selon les informations recueillies par l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec, aucun citoyen ne s’y est présenté. Le groupe déplore d’ailleurs cette situation dans un envoi courriel lancé ce matin, la qualifiant de« triste record » et du même coup reprochant au Port cet apparent manque d’efforts, soulignant qu’il semble « de plus en plus créatif pour tenir sa rencontre annuelle loin des citoyens qui ne sont jamais contents ».Un peu plus tôt, sur Facebook, l’organisme déplorait le fait que l’Administration portuaire, selon les informations recensées par ses membres, n’avait pas semblé lancer l’invitation autre part que sur son site Internet et, de ce fait, n’avait pas invité ni représentants des différents Conseils de quartier concernés, ni membres du Comité de vigilance des activités portuaires pourtant piloté par l’administration municipale.

Les membres de ce comité, où siègent notamment six citoyens délégués par les Conseils de quartier n’ont pas été informés de la tenue de cette rencontre. Les citoyens-membres du Comité de relation avec la communauté chapeautée par le Port lui-même n’ont pas plus été informés de la tenue de l’événement », détaille ainsi l’organisme citoyen dans ce statut.

Monlimoilou.com a contacté l’Administration portuaire afin d’avoir plus de détails quant aux moyens mis en œuvre pour diffuser cette information. Ainsi, outre sa publication sur le Web, l’avis fut également publié en français dans Le Soleil, édition du 14 avril, et dans le Chronicle Telegraph « soit dans les 30 jours précédent l’événement, tel que prescrit légalement », indique Marie-France Blanchet, conseillère, Relations publiques et événements.

Aussi, les membres du Comité de relations avec la Communauté (CRC) de l’Administration portuaire de Québec ont été informés verbalement de la date de la réunion publique annuelle lors d’une rencontre du CRC tenue en avril dernier », ajoute-t-elle, soulignant que trois d’entre eux étaient présents à la rencontre.

Processus environnemental de participation citoyenne

«Il y a une différence entre le Port de Québec et Arrimage Québec. Le Port de Québec fait tout son possible, mais il ne peut pas ordonner aux compagnies de faire ce qu'il veut», nuance Régis Labeaume. Photothèque Le Soleil, Pascal RatthéC’est la question de participation citoyenne qui se retrouvait au cœur de cette réunion publique annuelle, alors que l’Administration portuaire y a présenté son nouveau processus environnemental de participation citoyenne.Par communiqué de presse, le Port de Québec détaille sa vision, qui s’appuie sur trois assises :

  • L’obligation d’informer et d’assurer une participation du public pour les projets;
  • L’obligation de faire appel à une firme indépendante pour produire les évaluations des effets environnementaux;
  • L’obligation pour le promoteur de prendre en compte les commentaires émis par les citoyens et les autres parties intéressées.

Des appels à la participation citoyenne seront effectués pour les projets de nature peu ou moyennement complexes via le site Web de l’Administration portuaire. Selon la complexité des projets, une ou plusieurs séances d’échange avec la communauté devront également être organisées.Pour les projets de grande complexité, la participation prendra la forme de séances d’information et d’audiences publiques échelonnées sur quatre mois menées par un comité d’examen interne formé de commissaires indépendants.

Nous sommes conscients que le Port occupe un territoire névralgique de la Ville de Québec, en ce sens, le nouveau processus environnemental de participation citoyenne témoigne de notre volonté d’écouter et de tenir compte des points de vue des citoyens et des organismes de la communauté. Ce mécanisme positionne le Port de Québec comme un leader en participation citoyenne et nous en somme très fier », soulignait le président-directeur général du Port de Québec, Mario Girard, dans ce communiqué.

Débat autour de l’évaluation environnementale des projets portuaires

L'entreprise Arrimage du St-Laurent, tenue responsable des taux élevés de nickel dans l'air des quartiers centraux, a confirmé samedi être à l'origine de ce nouvel épisode de poussière. La porte-parole, Johanne Lapointe, affirme qu'une microrafale a fait lever la poussière d'un amas de charbon vers 18h vendredi, juste avant les orages violents.Tout cela arrive, évidemment, en plein cœur d’une tempête qui oppose le gouvernement du Québec à l’Administration portuaire.Il y a quelques jours, le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel annonçait que le Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE) mènerait des audiences quant au projet d’agrandissement du Port de Québec et ses impacts environnementaux.Les objectifs de ces audiences seraient ainsi d’éviter de nouveaux épisodes de « poussières rouges », d’évaluer les procédés liés au stockage de pétrole et à son acheminement vers le Port et, enfin, d’analyser les répercussions du projet sur le fleuve Saint-Laurent.Dans la suite de cette annonce, le Port de Québec a fait parvenir, le 14 mai, une mise au point quant à l’implication du BAPE dans le projet, réitérant que le territoire du Port est de juridiction fédérale – et non provinciale – et, de ce fait, n’a pas à se soumettre à la réglementation québécoise en matière d’évaluation environnementale.

L’Administration portuaire de Québec n’a pas l’intention d’assujettir son projet d’agrandissement à l’obtention d’un certificat d’autorisation émis par le Gouvernement du Québec et au processus d’audiences publiques du BAPE », y lisait-on.

Une perspective qui est par ailleurs appuyée par le gouvernement fédéral, alors que le ministre de l’Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel, réitérait, hier, son appui à l’Administration portuaire :

Le Port, pour nous, s’est engagé à respecter toutes les normes d’un processus habituel d’acceptabilité sociale, de rencontre des normes environnementales », a-t-il déclaré selon ce que rapporte Le Soleil.

Le député André Drolet au Conseil de quartier ce mercredi 20 mai

Autour de ce dossier et, surtout, afin d’entendre les préoccupations des citoyens en lien avec les problématiques liées au Port de Québec – notamment la question des poussières rouges et émanations toxiques, le député de Jean-Lesage, André Drolet, sera présent à la rencontre mensuelle du Conseil de quartier Vieux-Limoilou, ce mercredi 20 mai, entre 19 h et 19 h 30, au Centre Jean-Guy-Drolet (16, rue Royal-Roussillon). Les citoyens préoccupés ou inquiets sont invités à s’y faire entendre.