Vers une reconversion de l’église Saint-Charles en laboratoire d’innovation sociale et culturelle ?

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Église Saint-Charles. Autres photos: courtoisie (Maude-Julia Blanchet et Édouard-Julien Blanchet)

Un groupe de quatre citoyens de Limoilou souhaitent donner une deuxième vie à l’église Saint-Charles, qui a célébré sa dernière messe en 2012. Depuis février, ils travaillent à un projet de reconversion à portée sociale, culturelle et communautaire, dont l’ébauche sera présentée à l’occasion d’une assemblée de consultation citoyenne le 25 juin prochain, à 19 h, à l’église.

Lorsque, en début d’année, Carolyne Bolduc apprend qu’un projet de condos plane sur l’église Saint-François d’Assise, fermée depuis 2012, elle s’inquiète : « S’il fallait qu’il se passe la même chose avec Saint-Charles… » Celle qui travaille au Musée de la civilisation se préoccupait déjà du sort du bâtiment depuis la fin de ses activités, mais la nouvelle la poussera à agir.Eglise Saint-Charles Espace d'initiativesTrois autres citoyens se sentiront interpellés par la cause – Marie-Laurence Beaumier, Édouard-Julien Blanchet et Marc-Antoine Barré –, désireux de s’impliquer dans le quartier et d’en défendre le patrimoine. Ensemble, ils chercheront une nouvelle vocation à donner à l’église Saint-Charles. Un projet qui aurait le mérite de préserver le bâtiment sans le dénaturer, qui viendrait répondre aux besoins de la population tout en étant complémentaire à ce qui existe déjà, et qui participerait à la revitalisation d’un secteur de Limoilou « qui a besoin d’amour », mentionne Carolyne Bolduc.

« Espaces d’initiatives »

La reconversion d’autres églises ici comme ailleurs dans le monde leur a en partie servi de source d’inspiration.

Mais chaque église a ses particularités dont il faut tenir compte, précisera Marie-Laurence Beaumier. On voulait arriver avec un projet qui serait en symbiose avec le lieu, ses réalités, ses contraintes. »

Eglise Saint-Charles vitrailDes contraintes non seulement architecturales, mais également patrimoniales alors que certains éléments jugés exceptionnels sont protégés par le Conseil du patrimoine religieux du Québec.Lentement, l’idée de « développer un laboratoire d’innovation sociale et culturelle pour les organismes communautaires, les artistes et les travailleurs » a pris forme, rapporte Édouard-Julien Blanchet. Un lieu de rencontre que les citoyens pourraient se réapproprier en fonction des besoins respectifs. En clair, des « Espaces d’initiatives » qui, à ce stade-ci des réflexions, donnent son nom à ce lieu appelé à devenir, à terme, une coopérative de solidarité.

Coup de sonde

Mais avant d’aller plus loin dans les démarches, le groupe insistera sur l’importance de la consultation du 25 juin. « L’implication citoyenne est à la base de la réussite d’un projet comme ça », soutient Marie-Laurence Beaumier. À ce titre, les participants seront invités à commenter, bonifier, rectifier la version préliminaire du projet de reconversion.

Comme on veut que le projet parte de la base, des citoyens, on leur demande : est-ce qu’il y a Église Saint-Charlesd’autres besoins ? Est-ce que ce qu’on propose répond vraiment aux besoins ? Qu’est-ce que le lieu leur inspire ? », enchaînent Édouard-Julien Blanchet et Carolyne Bolduc.

Familles, artistes, artisans, travailleurs autonomes, architectes, organismes communautaires, amateurs de patrimoine religieux… : tous sont les bienvenus à cette consultation, qu’ils soient de Limoilou ou d’ailleurs.

Oui, on veut que le projet ait un ancrage dans le quartier, mais l’invitation vaut pour tous les citoyens et les organismes de Québec, qui pourront aussi en profiter », précisent-ils de concert.

Échéancier envisagé

L’occasion sera belle aussi de sonder l’intérêt de ceux qui souhaiteraient s’impliquer dans la suite des choses. Et cette suite se fait pressante alors que, trois ans après la fermeture, l’église montre des signes de détérioration, faute d’entretien suffisant. Suivant une entente qu’il a passée avec la fabrique de la paroisse, propriétaire, le groupe a priorité sur l’église jusqu’au 31 décembre 2015. D’ici là, des études de faisabilité devraient être réalisées en vue, idéalement, du processus d’acquisition qui démarrerait en janvier. Pour l’heure, le bâtiment et le terrain se chiffrent à 2 M $ selon l’évaluation municipale.Tout cela, et bien plus encore, fera donc l’objet d’une présentation détaillée le 25 juin, incluant une visite des lieux (500, 8e Avenue).Pour plus d’info : espacesdinitiatives@gmail.com ou via la page Espaces d’initiatives[ À lire aussi : Les parvis d’église sont-ils à vendre ? ]