Communauto et le service Auto-mobile : l’expansion se poursuit

Marco Viviani
Marco Viviani, directeur au développement et relations publiques chez Communauto

Après l’annonce de Communauto de l’arrivée de 25 nouveaux véhicules pour son volet Auto-mobile (sans réservation), l’occasion était belle de faire le bilan de la première année de ce service et pour en savoir plus sur ses plans futurs à Québec. Entretien avec Marco Viviani, directeur au développement et relations publiques.

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Ce jour-là, M. Viviani revenait d’une tournée dans les médias, notamment pour annoncer un nouveau partenariat avec l’Université Laval où un espace sera dorénavant réservé aux voitures Auto-mobile. Est-ce à dire qu’on vise à agrandir le territoire de desserte ? « On n’agrandit pas comme tel, l’Université Laval ne sera pas intégrée, il y aura seulement un point de chute pour les véhicules Communauto en libre service. […] On n’agrandit pas le territoire facilement. »J’insiste : les abonnés Communauto de Maizerets et du nord de Lairet peuvent-ils néanmoins espérer à court terme avoir accès aux véhicules en libre service ?

La question du territoire a longuement été étudiée. Et on sait que les véhicules ont tendance à s’agglutiner aux extrémités, donc plus on repousse le territoire, plus les véhicules deviennent éloignés du centre plus dense où sont situés l’essentiel des utilisateurs. […] À court terme, on n’étendra pas le territoire. Quand on aura suffisamment de véhicules, on y repensera, mais c’est du moyen-long terme. »

communautoL’objectif est ainsi d’augmenter l’offre de véhicules en libre service afin d’atteindre un certain seuil de véhicules (7 à 9) par kilomètre carré. Une fois ce seuil atteint, on commencera à réfléchir à un agrandissement du territoire de desserte.La bonne nouvelle, c’est que la vignette universelle achetée auprès de la Ville de Québec permettra à Communauto d’aller de l’avant : « C’est vraiment nous qui avons décidé de nous limiter aux territoires plus denses, la vignette nous permet d’aller partout à Québec ou presque. »L’autre bonne nouvelle, c’est que Communauto ne s’arrêtera pas à l’augmentation de 25 véhicules récemment annoncée, qui fera passer la flotte à 55 véhicules : « On vise à doubler et à avoir 100 véhicules en libre service pour l’an prochain. On va augmenter à chaque année. »

Des nouveautés gagnantes

La formule en libre service comble visiblement un besoin pour les ménages désireux d’avoir accès à un véhicule sans posséder de voiture.

La formule avec réservation fonctionnait bien et était assez connue, même si on avait atteint un certain plateau dans les villes comme Montréal et Québec. Là, on a quelque chose de nouveau à présenter aux gens, quelque chose de simple, qui permet plus de spontanéité et qui est facile à utiliser. Même si on travaille toujours à le simplifier. […] Avant, on proposait un service qui permettait de partir du point A pour y revenir. Là, on peut aller du point A au point B. Et pour les membres réguliers, ils peuvent même prendre le véhicule, le garder longtemps et le remettre devant leur maison au retour. »

D’autres nouveautés s’ajouteront en outre à court et moyen terme : une formule plus simple pour l’inscription qui se fera entièrement en ligne, une nouvelle application web, un système plus simple pour ouvrir les véhicules (à terme tout fonctionnera avec la carte OPUS) et d’autres innovations technologiques qui faciliteront la vie des utilisateurs.

Deux services en compétition ?

Rapidement convaincu de l’utilité du service sans réservation lorsque je l’avais testé l’an dernier, j’étais curieux de savoir si ce service ne prenait pas tout simplement des « parts de marché » du service habituel de Communauto.

On peut penser que ça serait le cas, que le sans réservation cannibaliserait le avec réservation, mais l’expérience de Montréal nous indique que ce n’est pas le cas. Et pour l’instant, à Québec, on observe les mêmes tendances. […] En fait, on va chercher de nouveaux clients (1000 abonnés de plus pour la dernière année à Québec que pour une année habituelle) et peut-être qu’on va chercher plus de parts de marché des locateurs conventionnels, car les véhicules classiques sont désormais plus disponibles la fin de semaine. »

De quoi, pour Marco Viviani, être satisfait de la réponse de la population de Québec. Aussi Communauto avait-il hâte d’augmenter le nombre de véhicules afin d’augmenter la qualité du service pour les utilisateurs.

L’hiver, un casse-tête ?

Et comment s’est passé l’hiver alors que, laissés dans les rues, les véhicules en libre service devaient être déplacés dans des stationnements privés lors des opérations de déneigement ?

On avait mis le paquet, car la situation est complètement différente de Montréal et les opérations s’étirent sur plusieurs nuits […]. On avait une offre très avantageuse pour les abonnés qui s’occupaient de déplacer les véhicules pour la nuit. […] On voulait à tout prix éviter les remorquages, donc on avait même embaucher une équipe de voituriers au cas où. Finalement, ils n’auront servi à rien, car les membres allaient déplacer les véhicules .»

Prévoit-on néanmoins des changements pour l’an prochain ? « Peut-être des ajustements à la pièce, pour viser un peu plus d’efficience, mais le cadre global demeurera sans doute le même. »

À quand le véhicule électrique ?

Et une dernière chose qui me titillait un peu : pourquoi aucun véhicule électrique en libre service alors qu’il y en a plusieurs à Montréal ?

Les véhicules électriques sont encore très coûteux […]. À Montréal, la Ville met une pression pour augmenter le nombre de véhicules électriques. Ici, à Québec, il n’y a pas de pression et aucun incitatif, donc… »

Et ça se passe bien avec la Ville de Québec ? « Oui, la Ville nous accompagne dans nos demandes. L’important, c’est de ne pas freiner le déploiement du service ou des vignettes universelles, comme on le voit présentement à Montréal. »