Je n’ai de mon père que peu de souvenirs

Mon père.  Je n’ai de lui que deux ou trois photos et quelques vagues souvenirs.  Je n’ai jamais su qui il était vraiment, ce qu’il aimait, ce qui le rendait heureux ou triste. Je n’ai pas connu ses ambitions, ses rêves.

Je sais seulement qu’il était bon, juste, honnête, travaillant. Il était un père de famille des années 1950. Il ne parlait pas beaucoup, comme les pères de son époque. Il trimait dur pour que l’on ne manque de rien. Il était souvent absent à cause de son travail.Je le revois dans son uniforme impeccable de Chef de train au Canadien National quand il nous embrassait avant de se rendre à la Gare du Palais pour prendre « son » train, comme il disait. J’ai gardé en héritage sa casquette et un amour des trains.Je sais peu de choses sur lui. Mais je sais qu’il nous aimait. Ça, c’est le plus beau souvenir de l’époque où j’ai grandi dans Limoilou.À lire aussi : Je voulais juste que mon père revienne pour Noël.