« Oui, nous irons à Old Orchard c’t’été » – Sylvain Lelièvre

Carte postale
Carte postale des années 1960. Source inconnue.

Juillet 1960. La grosse canicule enveloppe Limoilou. On suffoque. On cherche l’ombre… Mais où la trouver ? On a coupé les beaux arbres sur la 4e Avenue. Les toits en goudron et les hangars de tôle n’aident pas la situation. On dort peu ou pas du tout. Les Limoulois semblent tous fâchés. Maudite chaleur qui rend agressif !

Ce midi, le facteur m’a apporté une carte postale de mon chum Ti-Gilles. Une carte de Old Orchard Beach. Ti-Gilles, le chanceux, en est à son troisième voyage dans le Maine, sur le bord de la mer. Old Orchard, c’est LA place où passer ses vacances d’été. On y va en auto, c’est pas trop loin, on y parle français dans beaucoup de petits motels « climatisés » et de restos tenus par des Québécois. C’est la destination vacances par excellence. Je le sais par Ti-Gilles. Je n’y suis jamais allé. Comment pourrions-nous faire le voyage quand on n’a même pas d’auto ?Alors, je passe tous mes étés à Limoilou Beach. C’est comme ça que j’ai surnommé le quartier, pour me consoler de ne pouvoir faire mes valises pour le bord de l’Atlantique.Limoilou Beach, c’est la piscine du Parc Ferland. Le bain de 17 h pour enfin se rafraîchir. Puis, au retour du parc, un cornet à deux boules chez Madame Guay. En soirée, on passe le temps sur la galerie d’en avant. On attend le plus tard possible pour rentrer dans la maison.Ti-Gilles, à son retour, va me faire rêver. Il a vu la mer, la plage longue de sept milles, le Pier d’Old Orchard, la grande roue, les manèges. Il a mis ses orteils dans le sable et il a certainement mangé du homard. Il va tout me raconter.Moi, je lui parlerai de la piscine du Parc Ferland.À lire aussi : Le Parc Ferland autrefois et Chez Madame Guay.[youtube clip_id= »dUOKgZShr3o » width= »625″ height= » »]