« La souffrance n’a pas de date » | 21 décembre 2017 | Article par Stéphanie Vincent

Parce que « la souffrance n’a pas de date », le Centre de prévention du suicide de Québec ne prend pas de pause pendant le temps des Fêtes ; les intervenants continuent de répondre aux appels 24h/24.

Crédit photo: Lee Health/Vimeo

« La souffrance n’a pas de date »

Pour la plupart des gens, la période de Noël est associée aux festivités, à la famille et aux réjouissances. Certains services essentiels continuent toutefois de fonctionner comme à l’habitude. C’est notamment le cas du Centre de prévention du suicide de Québec (CPSQ), qui offre un service d’intervention tous les jours de l’année, jour et nuit.

« La souffrance n’a pas de date », rappelle d’emblée Éric Arsenault, coordonnateur des services d’intervention au CPSQ. Pour autant, on ne note pas plus d’appels pendant les Fêtes — mais pas moins non plus, précise Jonathan Deschênes, qui travaille entre autres comme intervenant. Bien que certaines personnes puissent se sentir plus isolées à cette période de l’année, c’est probablement la vigilance accrue des acteurs du milieu communautaire et de certains proches qui permet de maintenir l’équilibre. C’est plutôt lors de la Semaine de prévention du suicide ou lors d’événements médiatisés que le Centre répond au plus grand nombre d’appels.

Pour les intervenants des secteurs de la crise et de la première ligne, il y a donc du travail 365 jours par année, 24 heures sur 24, et Noël n’y fait pas exception. S’il peut être plus difficile de travailler pendant les Fêtes, les employés s’arrangent toutefois pour que ce soit festif au bureau, comme dans tout milieu de travail. On reçoit aussi des appels de certains clients plus réguliers qui vont souhaiter de joyeuses Fêtes. Comme quoi, malgré le sérieux et la gravité du sujet, il y a toujours une part de lumière.

On travaille pour la vie », soulignera d’ailleurs Guy Houde, conseiller au développement, secteur de la formation.

Un filet de sécurité tendu à l’année

Noël, pas Noël, donc, le Centre travaille « toujours avec la seule mission de tisser un filet de sécurité dans la société », ajoute M. Houde. Le CPSQ offre des programmes de prévention, d’intervention et de postvention. « On est des interventionnistes. On crée des programmes et on les applique », indique le conseiller.

Ces programmes incluent notamment celui de « Semblables et différents », lancé en 2016, qui est destiné aux adolescents afin de valoriser la différence, ainsi que celui « Et moi, comment ça va ? ». Développé pour les hommes de 35 à 60 ans, ce dernier propose un outil d’autoévaluation qui peut cependant être utilisé par tout le monde : « C’est un programme qui veut travailler la crise suicidaire en amont. On ne veut pas attendre que le drame arrive. » Le programme est également implanté en entreprises.

Le Centre offre de plus des ressources pour les endeuillés ainsi que des formations. La formation « Agir en sentinelle » s’adresse par exemple à M. et Mme Tout-le-monde : « Une sentinelle, c’est quelqu’un qui a des yeux, pour nous, pour pouvoir être en mesure de nous la référer », conclut Guy Houde.

En bref

Le Centre de prévention du suicide de Québec, situé à Limoilou depuis quatre ans, est le premier centre de prévention du suicide au Canada et célèbre cette année son 40e anniversaire. Recevant 25 000 appels de détresse par année, il emploie environ 25 personnes ayant toutes une formation en relation d’aide et offre des services directs à la population.

Centre de prévention du suicide de Québec
1310, 1re Avenue
418 683-0933 / 1 866 APPELLE (1 866 277-3553)
accueil@cpsquebec.ca