Estampes-Ray : un musée et une entreprise familiale à découvrir | 28 mai 2017 | Article par Jean Cazes

Denis et Yvon Pelletier. Mars 2017. (Photo : Jean Cazes.)

Estampes-Ray : un musée et une entreprise familiale à découvrir

Saviez-vous qu’il existe un Musée de l’étampe dans Maizerets ? Une remarquable exposition d’objets de collection évoque les 60 ans de l’entreprise en gravure et marquage Estampes-Ray. Portrait d’un métier traditionnel inscrit dans une histoire de famille que nous raconte l’un des héritiers.

Estampes-RayPropriétaire d’Estampes-RayYvon Pelletier en est aussi le gérant de production. En plus de son frère Denis à la comptabilité, huit employés permanents se dévouent pour l’entreprise familiale. « L’une nous accompagne depuis 40 ans ! » souligne-t-il avec gratitude dans son atelier, peu avant d’entreprendre la visite du musée. Le lieu honore la carrière et la mémoire de son père, Raynald Pelletier, décédé en 2008, année du dernier déménagement d’Estampes-Ray tout près du restaurant China Garden.

Une oeuvre mise en valeur

Estampes-RayÀ l’entrée, le Musée de l’étampe suscite immanquablement la curiosité des clients. Et pour cause : créé par les deux frères peu après le déménagement, celui-ci évoque d’abord l’évolution d’un métier traditionnel, avec son présentoir vitré qui abrite une collection d’estampes remontant aux années 1950.  « Ce sont pour nous des objets d’une grande valeur sentimentale », confie Yvon Pelletier. Mais la pièce maîtresse à découvrir demeure cette « première presse, avec laquelle mon père a travaillé, une « Kelsey Star », inventée pourtant en 1870 ! »

Une quinzaine de photos encadrées évoquent l’histoire de l’entreprise avec leur fiche gravée. « Denis a sélectionné plusieurs des siennes, des portraits de famille qu’il a développés en chambre noire », précise Yvon Pelletier avant d’enchaîner :

Estampes-Ray

À la fin des années 1940, mon père était typographe dans une imprimerie de la rue Saint-Jean où il a appris à fabriquer des estampes. Comme ce marché était en plein développement, en 1957, il a fondé avec un ami Estampes-Ray, dans son appartement de la rue du Roy, du côté de Saint-Roch [ci-contre].  En partant à son compte en 1958, la famille a déménagé à Saint-Pie-X, dans Maizerets. […] Six ans plus tard, mon père a pris maison au 1985, avenue Maufils et y a installé son entreprise au sous-sol…

Avec trois de ses quatre fils, incluant André durant quelques années, Raynald Pelletier mènera son entreprise jusqu’à sa retraite en 1987.

De l’estampe à la gravure

Estampes-Ray

Notre incursion de départ dans l’atelier nous a certes appris que la fabrication de l’estampe n’a guère changé en 60 ans, « à part la matière, du caoutchouc naturel au synthétique ». Mais il en est tout autrement du marché, précise Yvon Pelletier :

Jusqu’en 1980, c’est tout ce qu’on fabriquait. Et nous sommes aujourd’hui les seuls à en produire encore dans la région, une centaine de formats sur mesure. […] Parmi les clients traditionnels, [on compte] les banques et le gouvernement.

Estampes-RayCoïncidant avec l’arrivée de l’informatique, ce déclin de l’estampe sera plus tard compensé par la gravure, aujourd’hui le principal moteur de la croissance de l’entreprise, explique Yvon Pelletier. Pour ce service, Estampes-Ray utilise cinq machines laser, chacune reliée à un ordinateur d’où un spécialiste exécute les différentes commandes de la clientèle. Aux yeux d’un novice, la démonstration est des plus spectaculaires :

Le laser peut découper de l’acrylique, du bois, de l’acier inoxydable. Ici, on fait beaucoup de gravure industrielle, comme par exemple les boîtiers métalliques et les outils de travail des employés du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, un gros client. […] On doit s’équiper à la fine pointe de la technologie pour combler un large marché .

Tout un étalage d’objets gravés

Estampes-RaySi le petit musée rappelle brillamment la carrière de Raynald Pelletier, le hall d’entrée en souligne aussi l’héritage. Sur plus de la moitié de la surface sont étalés les multiples objets gravés pour le privé, les commerces ou les institutions : sceaux à cacheter, médailles, stylos, verres et sous-verres, épinglettes, trophées, ordinateurs portables, signalisations intérieures et extérieures…  Du plus petit au plus grand !

En réalité, ce que nous faisons, ce que nous vendons sont des choses retouchées. On va graver des cadeaux corporatifs, et on fait même de la gravure pour des entreprises de haute technologie. […] Des artistes, entre autres, viennent ici par exemple pour des prototypes de sculptures. On fait aussi de la découpe pour des maquettes en architecture », ajoute le directeur, citant l’exemple de ce client qui a conçu celle du Capitole en reconstruction.

Tabler sur la stabilité

Estampes-Ray« Aujourd’hui, nous avons plus de 2000 clients actifs, dont beaucoup nous ont été référés », évalue avec fierté Yvon Pelletier, visiblement très optimiste quant à l’avenir de l’entreprise de son père qui souligne cette année son 60e anniversaire.

En déménageant en 2008, nous sommes passé de 3000 à 9000 pi2 pour répondre à la demande. […] Au besoin, des employés à temps partiel nous aident, car on est soucieux d’offrir un service en deçà de trois jours. […] Peut-être qu’on prendra un jour une nouvelle expansion, mais en ce moment, on mise plutôt sur les achats en ligne pour assurer notre part de marché avec notre clientèle stable.

Estampes-Ray
2175, boulevard Sainte-Anne
418 667-1626

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