L’étude de la qualité de l’air de la Basse-Ville enfin amorcée

panorama-limoilouEn novembre 2015, une vaste étude de la qualité de l’air des secteurs Limoilou, Basse-Ville et Vanier avait été annoncée par l’administration municipale. Un an et demi plus tard, le projet est maintenant amorcé et, question d’en expliquer la teneur, une représentante de la Direction de la santé publique de Québec était de passage à la plus récente assemblée du conseil de quartier Vieux-Limoilou.

C’est donc le 19 avril dernier, au centre Jean-Guy Drolet, qu’Isabelle Goupil-Sormany, adjointe médicale à la Direction de la santé publiqueCIUSSS de la Capitale-Nationale, s’est adressé aux citoyens et citoyennes présents.L’objectif du projet ? Connaître la qualité de l’air dans les secteurs LimoilouVanier et Basse-Ville. Et, une fois la situation documentée, émettre des recommandations qui seront soumises aux différents paliers de gouvernement.

Il faudra également évaluer la démarche afin de voir s’il est nécessaire de procéder à l’évaluation d’autres stresseurs environnementaux, au-delà de la qualité de l’air – à l’image des îlots de chaleur, ou d’autres éléments pouvant influencer la santé des populations. »

Voilà pour les grandes lignes. Le détail, lui, est laissé volontairement ouvert. « Le projet, tel qu’il est conçu, n’est pas encore défini. Le détail sera fixé dans les six prochains mois », explique Mme Goupil-Sormany.Cela, afin de laisser plus de marge de manœuvre, autant au comité d’acteurs du milieu consulté qu’à l’équipe de scientifiques. Le premier est formé de citoyens, commerçants, acteurs de l’industrie, représentants des gouvernements et membres d’organisations jugées « génératrices de risque ». Le second, lui, regroupe pour l’essentiel des experts issus de la Direction de la santé publique ou du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Priorité aux poussières

Sculpture de cormoran aux abords de la rivière Saint-CharlesActuellement, 18 propositions ont été mises sur la table. Reste à voir lesquelles seront retenues. « Le premier livrable sera, d’ailleurs, le cadrage et la planification du projet », précise Mme Goupil-Sormany. Puis, des éléments suivront et seront diffusés de façon régulière – à raison de deux dépôts de rapport annuellement.La question des poussières sera mise de l’avant rapidement – tout particulièrement les poussières grossières, dont les impacts seront mesurés et les résultats livrés dans la première année de l’initiative. Cela, dans le contexte d’une évaluation des forces ou vulnérabilités propres aux secteurs concernés, d’un point de vue social – écarts sociaux ou mixité sociale, degré de sédentarisation ou force des mobilisations populaires, etc. – autant que par rapport aux enjeux liés à la géographie ou à l’urbanisation.

On est dans un secteur où il y a une forte densité citoyenne, qui cohabite aux côtés de zones à forte densité industrielle, et qui est aussi une zone de confluences de grands axes autoroutiers de la région. Cela, sans compter les vents dominants, qui glissent le long du fleuve vers la Basse-Ville », poursuit la représentante de la Direction de la santé publique.

Autant d’observations, donc, qui mèneront à des recommandations, lesquelles viendront guider l’action des différents paliers de gouvernement et autres acteurs du dossier.

On doit déterminer s’il y a des risques pour la santé publique mais, ensuite, on ne pourra pas agir à la place des acteurs concernés ! On peut les interpeler, c’est clair, mais on ne peut pas se substituer à eux », conclut Isabelle Goupil-Sormany.