Marie-Noëlle Gobeil vous dit : Aînés-nous à vous aider ! | 15 juin 2017 | Article par Viviane Asselin

Marie-Noëlle Gobeil est travailleuse de milieu à Limoilou pour le service Aînés-nous à vous aider !, qui se déploie dans huit secteurs de la ville. (Photo : Viviane Asselin)

Marie-Noëlle Gobeil vous dit : Aînés-nous à vous aider !

Depuis plus d’un an, Marie-Noëlle Gobeil va à la rencontre des aînés de Limoilou. Pour jaser, pour rire, pour tisser des liens, pour faire partie de « la gang ». Au détour d’une conversation ou d’une partie de cartes, des confidences parfois surgissent, inopinément. La jeune femme y prête une oreille attentive, puis elle dit : savez-vous qu’il existe telle ressource qui pourrait vous aider ? Bienvenue dans l’univers de la travailleuse de milieu et du service Aînés-nous à vous aider !.

Aider les autres, Marie-Noëlle a ça dans le sang. C’est typique des personnes qui ont étudié en service social, dira-t-elle. Mais son aide, elle souhaitait l’offrir à une clientèle en particulier, pour laquelle elle avait un faible : les aînés.

Les aînés, ils ont souvent peur de déranger, ils n’osent pas demander de l’aide. Moi, je leur dis : vous avez aidé les autres pendant 70, 80, 90 ans, c’est à votre tour de vous faire aider.

En 2016, elle devenait ainsi la première ambassadrice à Limoilou du service Aînés-nous à vous aider !, créé en 2007 par le Centre d’action bénévole du Contrefort, à Charlesbourg. Son rôle : travailleuse de milieu — un dérivé du travail de rue, mais adapté à une clientèle de 50 ans et plus.

On a un mandat en deux temps. D’abord, aller à la rencontre des aînés, créer un lien de confiance, puis repérer les aînés qui vivent de l’isolement social ou qui sont en situation de vulnérabilité.

À ceux-là, sans rien brusquer, elle leur parle des ressources du milieu qui pourraient les aider, selon leurs besoins. Elle offrira également de les accompagner dans les démarches pour avoir accès à ces ressources, si nécessaire. « Je ne suis pas là pour m’imposer », insiste-t-elle en qualifiant la démarche de volontaire — tout en étant gratuite et confidentielle.

« Tous les besoins sont importants »

Marie-Noëlle croise ainsi des aînés qui ne mangent pas à leur faim, mais qui ne se résignent pas d’emblée à demander de l’aide alimentaire. Tout en les assurant de son soutien, elle attend qu’ils soient prêts, que ça vienne d’eux.

À ceux qui veulent sortir de leur isolement sans pour autant fréquenter des clubs d’aînés, elle propose d’autres options, comme les jumelages d’amitié ou les clubs de marche. « Je peux y aller avec vous la première fois », s’offre-t-elle.

Si « tous les besoins sont importants », comme elle le soulignera, elle remarque néanmoins que certains apparaissent plus flagrants que d’autres dans le quartier :

À Limoilou, ce que je vois le plus, c’est l’isolement social, l’insécurité alimentaire et le besoin d’accompagnement en transport.

Une responsabilité collective

Ça en fait beaucoup à gérer pour une seule travailleuse de milieu. « Ça ne se fait pas seul. On se fie beaucoup aux partenaires », nuance Marie-Noëlle en parlant des organismes qui ont affaire aux aînés, et qui sont ainsi bien placés pour lui signaler certains cas.

Je suis chanceuse parce qu’à Limoilou, il y a beaucoup d’organismes. À mon arrivée, j’ai fait le tour de presque tous les organismes pour leur expliquer ce que je faisais, que j’étais là en complémentarité des services déjà offerts.

Mais Marie-Noëlle compte aussi sur la vigilance de tout un chacun. Il faut être attentif aux changements de comportement soudains, ou à un trop-plein d’orgueil qui fait toujours répéter « je suis capable de me débrouiller tout seul ». En cas de doute, on peut en parler à la travailleuse de milieu, qui saura prodiguer les conseils nécessaires.

C’est un peu la responsabilité de tous et chacun, comme société. […] C’est important d’être vigilant et de savoir qu’il y a des ressources pour briser l’isolement et répondre aux besoins. Ce qu’on veut, c’est briser la méconnaissance.

Le service Aînés-nous à vous aider ! se déploie dans huit secteurs de Québec (voir carte ci-dessous), qui ont chacun leur travailleur de milieu. Pour rejoindre Marie-Noëlle Gobeil : 581 984-2397 (tmlimoilou@cabducontrefort.quebec).

Pour plus d’info, rendez-vous sur le site du Centre d’action bénévole du Contrefort.