Miser sur l’espace public pour vitaliser les artères commerciales

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Dans leur projet de recherche, les étudiants ont fait de l’espace des piétons la prémisse du développement de l’artère commerciale de la 3e Avenue. (Photo : courtoisie)

Un groupe d’étudiants de l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional de l’Université Laval s’est intéressé à la revitalisation de deux artères commerciales de la ville de Québec : la 3e Avenue et l’avenue Maguire. Voici un aperçu de leur essai-laboratoire, dont les résultats ont été partagés lors de la présentation de fin de session, le 28 avril dernier.

Sous la supervision de leur professeur Mario Carrier, les étudiants Antoine Gamache, Alexandra Leblanc, Damien Ruaud et Romain Schupp ont tour à tour présenté le diagnostic urbain et économique de chacune des deux artères, ainsi que les défis pour assurer la vitalité économique sur celles-ci. Leurs constats ont été fondés sur plusieurs séances de consultation avec les commerçants et les acteurs locaux, de même que sur un sondage auquel quelque 200 citoyens ont répondu.Devant une assistance où l’on notait, entre autres, la présence du directeur général et du président de la SDC 3e Avenue, le quatuor a présenté de nombreuses pistes de solutions pour le secteur de la 3e Avenue, dont certaines ont plus particulièrement retenu notre attention.

Le piéton avant tout

ESAD_intersectionD’abord, les étudiants ont d’emblée fait de l’espace des piétons la prémisse du développement, « car même l’automobiliste qui fréquente ces artères devient un piéton avant d’entrer dans un commerce ». Aussi plusieurs de leurs propositions d’aménagement de l’artère ont-elles été en ce sens, à commencer par leur vision de la future place publique permanente.Si les quatre étudiants endossent ainsi pleinement sa création, y reconnaissant un projet structurant au coeur du quartier, ils voient néanmoins dans l’aménagement de chacune des intersections la possibilité de rendre l’artère plus attrayante et sécuritaire. L’aménagement de chaussées surélevées permettrait alors assurément à la 3e Avenue de se distinguer par sa convivialité piétonnière.ESAD_ ruelle verteDans le même esprit d’innovation, les étudiants prônent un réaménagement de la ruelle du parc Roland-Asselin en ruelle verte, afin de permettre un meilleur maillage entre la 3e Avenue et le IGA Jobidon, véritable pôle d’attraction commercial au sein du quartier.

Le pouvoir de l’offre événementielle

Parmi les autres recommandations formulées pour dynamiser l’artère, notons celle de mettre en place et de cultiver une forte image de marque, celle d’assurer une meilleure présence des commerçants sur Internet, et celle, aussi, de miser davantage sur l’offre événementielle.À ce titre, les étudiants ont mentionné le pouvoir de rétention d’événements comme Limoilove, le Grand Bazar des ruelles et le Marché public de Limoilou, dont la capacité d’animation n’est pas non plus à négliger. On remarquera, fait intéressant, que le Grand Bazar et le Marché public sont le fruit d’initiatives citoyennes.ESAD_densificationEnfin, les futurs aménagistes se sont aussi prononcés sur les quelques rares terrains vacants ayant adresse sur rue : ils pourraient être rapidement développés selon un modèle de nouvelle mixité où, par exemple, on accueillerait des bureaux professionnels aux étages supérieurs. Le terrain vacant côtoyant Les Fistons servait à illustrer ce propos.En somme, si les commerçants de la 3e Avenue veulent assurer la pérennité et la vitalité des activités économiques, c’est par des interventions structurantes sur l’espace public que le succès sera au rendez-vous.