Le questionnaire électoral – Maizerets-Lairet (1) : Geneviève Hamelin (Équipe Labeaume) | 24 octobre 2017 | Article par Raymond Poirier

Geneviève Hamelin sollicite un troisième mandat sous la bannière d’Équipe Labeaume.

Crédit photo: Viviane Asselin

Le questionnaire électoral – Maizerets-Lairet (1) : Geneviève Hamelin (Équipe Labeaume)

Au fil des dernières semaines, Monlimoilou a été à la rencontre des candidats et candidates aux élections municipales 2017 dans les districts Limoilou et Maizerets-Lairet. Lors de ces entretiens, un même « questionnaire électoral » construit par l’équipe éditoriale – à partir de revues de presse et d’enjeux ciblés par divers organismes et citoyens des quartiers – leur a été soumis. Voici les réponses de Geneviève Hamelin, candidate pour Équipe Labeaume, dans Maizerets-Lairet.

Cela fait déjà huit ans que Geneviève Hamelin est active en politique. Après un premier mandat pour Équipe Labeaume dans Saint-Sauveur en 2009, elle a fait le saut vers Maizerets-Lairet, où elle a été élue pour un second mandat à l’hôtel de ville. Et maintenant, en 2017, elle sollicite une troisième fois l’appui de la population. Pourquoi ?

Parce que la passion est toujours là », lance la candidate. « Parce que j’aime ça. Et parce que j’ai envie de poursuivre ce qui est entamé. »

Il faut dire que, pour elle, la politique est, effectivement, une affaire de cœur, de passion. À la maison, les téléjournaux se succédaient au petit écran – nouvelles du Québec, du Canada, des États-Unis, de France. L’actualité était le sujet de prédilection de son père. « Ça m’a amenée rapidement à m’intéresser à la chose politique », se rappelle-t-elle. Ses premières armes en 2004, elle les fait aux côtés de la députée fédérale Christiane Gagnon, dans la circonscription de Québec, à titre d’attachée politique. « Ça m’a amenée à comprendre ce qu’était la nature du travail politique, et la dynamique de proximité qu’on établit avec les citoyens et citoyennes », poursuit-elle.

Cette proximité, elle la ressent d’autant plus en politique municipale.

D’une façon, je me sens comme un des pivots du quartier. C’est mon rôle, comme conseillère municipale, de faire en sorte que les idées des acteurs du quartier émergent, et que ces idées puissent se réaliser.

Son troisième mandat, elle fait le choix de le solliciter à nouveau au sein d’Équipe Labeaume : « Parce qu’on est une équipe : c’est là le mot clé », précise-t-elle. « À l’arrondissement, on travaille ensemble, on se supporte, on se questionne. Dans tout ça, c’est important de pouvoir compter sur une équipe. »

À la suite de ces quelques éléments de parcours, Monlimoilou a cherché à en savoir un peu plus sur la vision qu’a la candidate d’Équipe Labeaume sur le quartier, autant que sur ses projets et priorités.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, Maizerets-Lairet ?

C’est d’abord et avant tout des milieux de vie. Des quartiers résidentiels au cœur des quartiers centraux. Dans le fond, c’est la première couronne de banlieue qui, avec le temps, est devenue le cœur des quartiers centraux. C’est un quartier qui est en renouvellement – il y a énormément de nouvelles familles. C’est un quartier où ces nouvelles familles-là ont l’énergie de bonifier le quartier, de le voir évoluer – sans rien vouloir enlever aux anciens résidents qui sont là depuis 25 ou 30 ans, mais je sens beaucoup chez eux une volonté de s’investir et de faire évoluer le quartier. C’est normal : c’est un cycle dans tous les quartiers, on en arrive un jour à un renouvellement – et, actuellement, Maizerets-Lairet est dans ce renouvellement-là.

Quel bilan faites-vous de votre précédent mandat ?

Ce dont je suis le plus fière, c’est la reconstruction du centre Mgr-Marcoux. Initialement, ce n’était pas dans les cartons d’avoir cette réalisation-là. Je suis vraiment contente, car ça se parlait depuis des décennies. C’était une nécessité. Le bâtiment n’était plus conforme à bien des égards. […] Suite à la proposition de la reconstruction du centre au parc Bardy, qui était notre « plan B », j’ai reçu une lettre de leur conseil d’administration afin de m’expliquer pourquoi, selon eux, c’était préférable de s’installer à cet endroit. Ils voyaient là plusieurs avantages pour mieux répondre aux besoins de leur clientèle sur plusieurs aspects. Moi, à la lecture de ça, je leur ai dit : « Ça fait 40 ans, c’est vous qui savez exactement comment le mieux répondre aux besoins de la clientèle qui fréquente le centre. OK, il n’y en a pas de problème, on va s’installer là. » Et il faut le dire : ce n’est pas rien, reconstruire un centre communautaire dans un quartier. C’est quand même 10M$. Et ça, personnellement, j’en suis très contente.

Quelle serait votre « priorité numéro un » pour le district ?

Une de mes grandes préoccupations, c’est que le projet de l’Enfant-Jésus atterrisse bien. C’est un projet du gouvernement. C’est gros. Ça peut avoir beaucoup d’avantages pour le quartier, mais ça peut aussi avoir beaucoup de désavantages. Ce qui est important, c’est de s’assurer justement qu’il y ait une coordination et, jusqu’à maintenant, je suis quand même bien rassurée, car la Société québécoise des infrastructures a mis sur pied un comité de bon voisinage. Il y a près d’une quinzaine de personnes qui siègent autour de ça. Les premières rencontres ont débuté il y a près d’un an. Et tout ce qui a été amené – les inquiétudes, les recommandations –, ça a été suivi à la lettre. Malgré tout, ça reste un dossier qu’il faut suivre de près. Et c’est important que les gens fassent part des craintes qu’ils ont face à ça.

D’autres enjeux que vous jugez prioritaires pour le secteur ?

  • La question des vignettes de stationnement dans la cohabitation entre résidents et hôpital – « une annexe à ma première réponse ! » lance Mme Hamelin. « Déjà, actuellement, les rues sont gorgées de travailleurs de l’hôpital. Certaines rues ont de la réglementation, d’autres non. Avec l’agrandissement, ça va juste venir amplifier le problème. » Sur ce plan, elle indique que le travail est déjà amorcé – depuis le 17 mai, alors qu’une présentation sur la question avait été faite aux citoyens et citoyennes du secteur. « L’objectif demeure également à ce que la priorité soit donnée aux résidents du quartier. »
  • La sécurité dans les rues résidentielles. « Dans notre porte-à-porte, c’est incroyable à quel point on s’en fait parler, et ça, là-dessus, on travaille déjà. On va accoucher bientôt de quelque chose qui est très intéressant afin de sécuriser les abords des écoles – mais c’est un travail que l’on doit poursuivre. »
  • Le bon voisinage avec le secteur industriel et la bonne marche du comité de vigilance de l’incinérateur. « On continue de travailler », note Mme Hamelin, mentionnant au passage – entre autres éléments – la mise en place du comité de bon voisinage entre les résidents du secteur et l’entreprise AIM.

Au-delà de ces priorités, Monlimoilou souhaitait également interroger la candidate sur d’autres enjeux, dossiers et thématiques liés à des enjeux de district, ciblés à partir d’une revue de l’actualité récente, de lectures de dossiers ou de mémoires présentés par divers organismes intéressés au développement du secteur, autant que d’échanges et correspondances avec citoyens et commerçants.

Environnement

Première interrogation ? La qualité de l’air. « Il y a un grand travail qui est en cours », souligne Geneviève Hamelin, rappelant la vaste étude commandée par la Ville de Québec à la Direction régionale de la santé publique.

Sur les jardins communautaires, la candidate a rappelé l’engagement de son parti à en développer 44, sur l’ensemble du territoire de la ville.

En ce sens, devrait-on également bonifier l’appui au compostage communautaire ?

Ça va de soi. Juste avec la création de jardins communautaires, tu crées une masse d’éléments à composter. Oui, il va falloir mettre l’accent là-dessus et tenter de développer plus de sites.

Transports collectifs et actifs

Questionnée sur les transports collectifs dans le secteur, la conseillère sortante tient à souligner les ajustements réalisés au parcours 61, qui va desservir le secteur du Domaine Maizerets de façon plus rapprochée que ne l’offrent les parcours Métrobus. Du même souffle, elle mentionne également les efforts des dernières années menés par l’administration municipale afin de bonifier le réseau cyclable. « On a été attentifs aux recommandations », souligne-t-elle.

Du vélo utilitaire à l’année ?

Ça fait longtemps que je travaille pour faire avancer ce dossier-là et j’y crois. Selon moi, c’est dans l’arrondissement La Cité-Limoilou, c’est ici qu’on doit être précurseur de ça dans la ville, c’est ici qu’on est le plus en mesure de vivre en ayant comme moyen principal de transport le vélo. Et je pense que d’avoir une desserte de pistes blanches, éventuellement il faudra en arriver-là. Assurément.

En ce qui concerne la sécurité piétonne, encore pas mal de travail à faire.

Juste à l’angle de la 18e Rue et de la 4e Avenue, c’est incroyable le nombre d’accidents qu’il peut y avoir là! Il y a beaucoup de travail à faire et, pour les solutions, je crois qu’il faudra être créatifs.

Si on la lance sur les liens à créer ou à bonifier entre les secteurs – Lairet, Maizerets, Vieux-Limoilou et le reste –, Geneviève Hamelin parle du potentiel de requalification des artères, qui doit prendre en considération la marchabilité, la vie urbaine, la convivialité. « Les opportunités qu’on a, désormais, on les pense en ayant ces principes à l’esprit; l’idée de penser de plus en plus la ville à pied », assure-t-elle.

Sur la nécessité de mettre en place des mesures d’apaisement de la circulation dans le secteur, Mme Hamelin a indiqué qu’elle comptait s’intéresser, dans un prochain mandat, à tous les raccourcis qui sont pris par les automobilistes à la sortie de l’autoroute et qui circulent de façon transversale dans le quartier.

M’attaquer à ça dans un prochain mandat, j’aimerais beaucoup ça, car ces artères-là ne servent pas à ce type de circulation. Ce n’est pas aux rues résidentielles d’absorber le surplus de circulation présent dans les autres artères.

Dans ce contexte, la Ville de Québec devrait-elle préconiser une vision zéro accident ? « Ça serait intéressant. Il y a des choses à aller chercher là-dedans, assurément. »

Développement du secteur

Sur le développement du secteur, Mme Hamelin voit d’un bon œil pour Maizerets l’arrivée de nombreux travailleurs avec le développement progressif de l’écoquartier – « à D’Estimauville, c’est un pôle résidentiel qu’on crée, pas commercial », rappelle-t-elle.

Plus on a une densité de résidents, de travailleurs, plus ça permet d’avoir des commerces de proximité qui sont prospères, établis.

Selon elle, le déménagement du centre Mgr-Marcoux représente également une belle opportunité pour le développement du secteur Maizerets – « la Ville n’est pas propriétaire de ce terrain [site actuel du centre], mais elle est responsable du zonage », lance-t-elle.

Ce sera un beau pôle d’idées : voir ce que les gens souhaiteraient, et également en profiter pour requalifier la rue qui, actuellement, est un beau pôle de stationnements. Refermer la zone. Avoir un rez-de-chaussée commercial, avec présence de commerces de proximité, des habitations au-dessus…

Vie de quartier et participation citoyenne

La discussion est ensuite passée sur le développement ou l’enrichissement des lieux de voisinage dans le district. Une question qui a immédiatement amené Mme Hamelin à parler du projet de place éphémère – la Place Maizerets – proposée à l’été 2017, à l’initiative de citoyens et acteurs du quartier.

Je me vois encore, quelque part au mois d’août, assise avec d’autres citoyens du coin, des personnes âgées qui avaient des lumières dans les yeux, contentes d’avoir un lieu où venir dehors, où tu peux t’asseoir et, lorsque tu y es, tu indiques aussi que tu as envie de socialiser. Il n’y a pas de gêne à parler aux autres. Des projets comme ça sont super appréciés et dans des milieux urbanisés, je crois que c’est essentiel », détaille Mme Hamelin.

Tout cela, en plus d’un travail déjà amorcé quant à la bonification des infrastructures du Domaine Maizerets.

Sur les questions liées à l’immigration, elle souligne le travail accompli, actuellement, par les organismes d’accueil et d’intégration. « On est chanceux d’avoir leur expertise. » Sur l’évolution du secteur Saint-Pie-X, elle mentionne les investissements réalisés pour la bonification du parc, autant que le travail d’organismes qui œuvrent dans ce « village », tel que L’Évasion Saint-Pie-X.

Et, enfin, comment voit-elle l’appui que la Ville de Québec peut offrir à la petite enfance, dans le quartier ? En réponse à la question, la conseillère sortante cite les ateliers de sensibilisation à la nature proposés au Domaine Maizerets et leur accessibilité, en matière de transport. « Je pense que d’être un facilitant pour les déplacements pourrait être un rôle que la Ville pourrait assumer », répond-elle, mentionnant également son ouverture à rencontrer organismes et parents afin de mieux cerner leurs priorités et, surtout, d’entendre leurs perspectives et idées.

Et la participation citoyenne, comment la développer, l’enrichir ?

C’est super important. Ma façon de travailler, c’est travailler avec les gens, les acteurs du quartier. Mais au-delà de ça, ce n’est pas pour rien qu’on a mandaté l’Institut du Nouveau Monde pour porter un regard sur notre façon de faire, le fonctionnement qu’on a, tant pour les consultations publiques que pour les conseils de quartier. Le mandat actuellement se poursuit avec eux. C’est important de revoir ça et d’en arriver à faire salle comble dans nos conseils de quartier! Au-delà de l’aspect monétaire, des budgets participatifs, je pense que c’est important d’en arriver à susciter l’envie de développer ensemble, d’apporter des idées.

Et le mot de la fin ?

J’espère que les gens, tant les citoyens que ceux qui travaillent dans le quartier, sont satisfaits du travail que j’y ai fait au cours des quatre dernières années. J’y ai mis tout mon cœur, toute mon énergie à essayer de faire avancer le quartier. Le dernier mot leur revient à eux.