Ruelles du Vieux-Limoilou : un large appui à la réduction de la circulation automobile | 20 octobre 2017 | Article par Raymond Poirier

Crédit photo: Suzie Genest

Ruelles du Vieux-Limoilou : un large appui à la réduction de la circulation automobile

Quelque 80% des répondants à une consultation menée par Votepour.ca en 2015 s’étaient dits ouverts à l’idée de réduire la circulation automobile dans les ruelles du Vieux-Limoilou.

En 2015, Votepour.ca avait été mandaté par la Ville de Québec afin de sonder les citoyens et citoyennes du Vieux-Limoilou à propos de leur vision des ruelles du quartier – une enquête qui a depuis servi, par ailleurs, à orienter le développement du nouveau Programme de revitalisation des ruelles du quartier, lancé plus tôt cette année.

Avec l’accord de l’administration municipale, l’organisme a été convié à présenter les résultats sommaires de cette consultation lors de la plus récente séance du conseil de quartier du Vieux-Limoilou, au centre communautaire Jean-Guy-Drolet.

Des quelque 316 répondants à l’enquête – plus de la moitié étant propriétaires de leur logement ou immeuble –, 62% estimaient, à l’époque, que leur ruelle était en détérioration.

C’est aussi 62% d’entre eux qui disaient éprouver un sentiment de sécurité lorsqu’ils circulaient dans les ruelles, de façon générale – ce qui ne les empêchait pas, cela dit, de ressentir une certaine inquiétude dans le cadre de certaines activités, notamment face à la circulation automobile qu’on y observe. Par exemple, 40% ressentaient une insécurité à l’idée de laisser librement les enfants y jouer, alors que 25% avaient des craintes lors de déplacements à vélo ou dans le cadre d’activités sociales.

D’ailleurs, c’est 80% des répondants à l’enquête qui étaient ouverts à l’idée de réduire la circulation automobile dans les ruelles afin d’en augmenter la sécurité », précise Sébastien St-Onge, consultant en environnement et urbanisme et coordonnateur du projet pour Votepour.ca.

Pour autant, 75% ont mentionné posséder un stationnement en ruelle. « Ainsi, mis côte à côte, ces deux pourcentages démontrent un bon taux d’acceptabilité face à l’idée de limiter la circulation automobile. »

Des besoins clairement exprimés

Dans le questionnaire soumis à la population, Votepour.ca invitait les citoyens et citoyennes à détailler visions, besoins ou projets pour leurs ruelles.

De ces perspectives, la question du verdissement a été évoquée dans 76% des réponses, la volonté d’un meilleur entretien dans 57% des cas, et la réduction de la circulation automobile concerne 32% des propositions. L’ajout d’espaces de jeux sécuritaires était, lui, mentionné par 30% des répondants.

Évidemment, lorsqu’on parle de verdissement, on ne parle pas implicitement d’embellissement : il y a une volonté, par exemple, de lutter contre les îlots de chaleur, ou encore de rendre plus complexe, plus riche la nature de proximité qu’on trouve dans le quartier », explique M. St-Onge.

Dans tout ça, les ruelles demeurent également – voire d’abord – un lieu de transit pour piétons, automobilistes ou cyclistes : 83% les utilisent dans leurs déplacements.

Il y a là une belle opportunité de réflexion. On peut lancer, par exemple, l’idée de créer un réseau piéton dans les ruelles, ou encore de créer des interfaces permettant de lier l’aménagement d’une ruelle à d’autres environnements naturels de proximité – comme dans le cas des accès à proximité de parcs ou de la rivière Saint-Charles, voire d’envisager le verdissement dans une perspective plus large, à l’échelle du quartier, en réponse aux enjeux liés à la qualité de l’air », conclut le consultant.