Les Trafiquants d’art : la petite histoire d’un commerce nouveau genre | 1 juin 2017 | Article par Émilie Rioux

(Photo : Les Trafiquants d’art)

Les Trafiquants d’art : la petite histoire d’un commerce nouveau genre

Depuis quelques années, les œuvres de Fred Jourdain ont pris une place spéciale dans le cœur et les foyers des gens du quartier. Après avoir réussi à s’établir et à vivre de son travail comme artiste, le Limoulois renvoie l’ascenseur au public avec Les Trafiquants d’Art.

Encadrement, impression haute définition et point de vente pour les artistes locaux. C’est ainsi qu’on peut définir le commerce qui occupe maintenant le 975A, 3e Avenue. Issu d’une collaboration entre Fred Jourdain et son acolyte encadreur Virgile Patoine-Danylo, Les Trafiquants d’art est un projet qui évolue depuis bientôt deux ans, mais qui prend racine beaucoup plus loin.

Quand j’ai commencé à vendre mes affaires sur Internet, je me suis rendu compte que les gens m’achetaient des prints à 100$ et que ça leur coûtait 400$ pour les faire encadrer, explique Fred Jourdain. J’ai commencé à négocier avec des encadreurs, à acheter en gros volume pour avoir des super prix. J’y allais vraiment basic sinon ça me coûtait trop cher. Normalement, pour un encadrement simple, tu devrais payer le même prix que le print.

Rapidement, l’artiste s’est mis à faire affaire directement avec les fournisseurs et à accorder beaucoup de temps aux « tâches connexes » pour accommoder sa clientèle. Tant et si bien que le temps manquait pour créer et qu’il fallu développer un nouveau modèle de travail. Avec l’aide de Virgile, et les outils déjà acquis pour imprimer et encadrer adéquatement les œuvres, il n’en fallut pas davantage pour décider d’offrir le service au grand public, pour une fraction du prix exigé dans les commerces spécialisés.

Le but, c’est d’offrir un service dans un environnement décomplexé et jeune, un service qui n’existe pas ailleurs, pour les artistes. Il y a des centres de copies, mais c’est pas fait pour faire des reproductions de ce genre. […] Quand on va au Salon Nouveau Genre, personne n’a de stock encadré. Pour avoir des trucs abordables, il faut aller dans le préfabriqué, et là t’as seulement un choix de 2 ou 3 formats.

Ce ne sont que quelques constats qui semblent témoigner d’un besoin évident dans la mise en marché de l’art de la relève locale, pour laquelle Les Trafiquants d’art auront une porte grande ouverte et des prix avantageux pour quiconque voudrait préparer une première exposition.

Démocratiser l’image

L’impression d’images en série semble marquer un virage dans le milieu des arts visuels, dans un modèle d’affaires où la rareté d’une œuvre n’est plus garante de l’engouement qu’on lui porte. Selon Fred Jourdain, il est évident que ce type de distribution est l’une des seules manières, pour un artiste, de vivre de son art.

Une personne qui fait des illustrations, pourquoi est-ce qu’elle n’en vendrait pas 500 copies? Pourquoi il y aurait une seule personne qui l’aurait chez elle? […] Les artistes visuels sont chanceux parce qu’Internet a fait un peu l’inverse que pour les artistes musicaux. On se fait connaître davantage, mais on se fait pas voler nos affaires, parce que c’est quelque chose de physique.

La boutique de la 3e Avenue (un emplacement que convoitaient ardemment les deux partenaires) donne à voir et à vendre des oeuvres de différents formats que le public pourra se procurer, à partir de la somme modique de 40$. Félix Girard, Fred Jourdain et André-Philippe Côté ne sont que quelques-uns des noms qui apparaissent sur les étagères du commerce, qui présente également des affiches de films ou de spectacles, en plus de quelques importations privées.  Cette sélection éclectique très colorée attirera sans doute plusieurs curieux au cours de la saison estivale, idéale pour revisiter son quartier.

Les Trafiquants d’art
975A, 3e Avenue
(581) 741-6776