La 2e Rue maintenant débarrassée de ses poteaux de fer | 26 mai 2018 | Article par Jean Cazes

Électro Saguenay à l’oeuvre le 9 mai dernier.

Crédit photo: Jean Cazes

La 2e Rue maintenant débarrassée de ses poteaux de fer

VIDÉO – Hydro-Québec a récupéré quelques éléments des singuliers poteaux qui ont encombré durant 90 ans la 2e Rue, lors de leur retrait effectué du 7 au 17 mai derniers. Histoire de ne pas oublier leur valeur patrimoniale…

Le mercredi 9 mai, coin 7e Avenue et 2e Rue, une douzaine d’employés d’Électro Saguenay s’affairaient à démonter l’un de ces neuf poteaux de fer mal-aimés. C’est cette même entreprise mandatée par Hydro-Québec qui avait procédé en mars au démontage des derniers pylônes de la 41e Rue, dont l’historique avait aussi été évoqué dans ce reportage. Il s’agissait par ailleurs de l’une des dernières étapes du vaste démantèlement de la ligne de transport Québec-Reine que la société d’État avait entamé l’automne dernier.

« Nous avons débuté lundi par l’enlèvement des conducteurs de tous ces poteaux », a souligné d’entrée de jeu François Savard, ingénieur de projets en ligne de transport pour la société d’État, rencontré sur le site avec la porte-parole Geneviève Gourde.

Les poteaux sont démontés à la scie en commençant par leur tête, puis à hauteur de leur base de béton. Ces bases seront sécurisées jusqu’à ce qu’Hydro les retire d’ici la fin de l’été.

Le 17 mai, Électro Saguenay procédait enfin à l’élimination du grand pylône de la ligne de transport à laquelle ces poteaux de distribution étaient reliés et menant à l’ancien poste de la Reine, au sud. Plus à l’est, les dernières structures sur le terrain du CN, de l’autre côté du boulevard des Capucins, disparaîtront aussi du paysage limoulois dans quelques semaines.

Bien avant les trottoirs

En complément, Geneviève Gourde nous a transmis en exclusivité le document Étude patrimoniale du poste de la Reine et des lignes aériennes (circuit no 752) et souterraines (circuits nos 749-750). Déposé en 2016, ce rapport foisonne de renseignements sur le développement particulier de la 2e Rue, en grande partie tributaire de l’installation, en 1928, des emblématiques poteaux de fer des anciens circuits nos 1 et 2 par la Quebec Power and Cie (QPC), localisés entre la 3e et la 9e Avenue.

À l’époque, un grand nombre de travailleurs de l’Anglo Canadian Pulp et de compagnies de chemins de fer habitaient cette rue. Ils avaient comme voisins manufactures, entrepôts, ateliers, marchands et restaurant. On apprend entre autres que la réalisation des ouvrages de la QPC est tributaire de la configuration du quartier. Les berges de la rivière Saint-Charles étant alors largement affectées par les grandes marées jusqu’à la 2e Rue, son côté sud, conséquemment moins construit, s’est révélé mieux adapté pour y installer les poteaux, cela bien avant la construction du trottoir.

Des pièces archivées pour la postérité

À peu près du même âge que la ligne de la 41e Rue (1927), les poteaux de fer de la 2e Rue, de type « Limoilou », recèlent donc une grande valeur patrimoniale aux yeux de la société d’État, notamment pour leurs particularités singulières décrites largement dans son rapport.

« Comme on l’avait fait au poste de la Reine l’an dernier, Hydro-Québec nous a demandé de récupérer des pièces de poteaux selon une commande très précise », a expliqué François Savard. L’ingénieur a donné comme exemples un type de conducteur « qui n’existe presque plus sur nos lignes », un bout d’isolateur et un échantillon de têtes de support de poteaux. « Avec leurs branches, elles sont très caractéristiques », a renchéri la porte-parole :

Hydro-Québec ne veut pas faire disparaître ce patrimoine qui souligne l’histoire de l’électricité au Québec. C’est pourquoi toutes ces pièces récupérées vont se retrouver dans la réserve d’Hydro-Québec, à Montréal.

Plus de 4000 pièces liées à l’histoire d’Hydro-Québec sont ainsi conservés principalement dans cet entrepôt et dans 14 installations ouvertes au public cet été. Cette collection a fait l’objet de cette récente publication Facebook. « De nombreux objets sont aussi prêtés à des musées », a tenu enfin à souligner Geneviève Gourde.

En ajout, ce montage vidéo illustre l’avant, le pendant et l’après de ce démantèlement, du 11 avril au 19 mai 2018.