Agrile du frêne : le dépistage comme frein à la propagation | 2 août 2018 | Article par Caroline Roy-Blais

Crédit photo: Geneviève Morin

Agrile du frêne : le dépistage comme frein à la propagation

L’agrile du frêne gagne du terrain à Québec. Bien que la Ville ait commencé ses traitements pour contenir la propagation de l’insecte, il se répand rapidement.

La Ville prend très au sérieux la menace que représente l’agrile du frêne. D’abord détecté en 2012, alors confiné dans le quartier Montcalm en Haute-Ville, l’agrile s’est maintenant répandu dans 17 quartiers. L’ensemble de l’arrondissement de La Cité-Limoilou est désormais touché, ainsi que les arrondissements Les Rivières et Sainte-Foy—Sillery—Cap-Rouge. Bien que la Ville espérait que l’insecte ne se propage pas autant, le conseiller en environnement Jérôme Picard mentionne que « ça concorde avec l’historique de l’insecte ».

Des mesures proactives

Dès 2015, la Ville a procédé à des abattages dits proactifs dans les quartiers où il y avait une forte présence de frênes. La même proactivité a été appliquée pour les injections de biopesticides.

« Chacun de ces frênes a fait l’objet d’une analyse spécifique en lien avec sa vigueur, la santé de l’arbre, sa contribution au paysage et à la canopée; ce sont tous des critères qui [déterminaient] si l’arbre est injectable et si l’on veut le conserver » explique Jérôme Picard, conseiller en environnement à la Ville de Québec.

Un programme de remplacement proactif a également été mis en place. La Ville a sélectionné 400 arbres de petits diamètres (moins de 20 cm) et les remplace immédiatement, sans attendre qu’ils soient infectés. Ces arbres sont remplacés par différentes essences pour favoriser une plus grande biodiversité.

En cohérence avec le Plan d’action de lutte à la propagation de l’agrile du frêne, la Ville a commencé les injections de biopesticides TreeAzin le 5 juillet dernier. Environ 500 injections étaient initialement prévues en vertu du plan. L’obtention d’un prix avantageux sur le biopesticide a permis d’augmenter le nombre d’arbres à injecter à 900. En raison de la grande présence de l’agrile, la Ville prévoit injecter 250 arbres supplémentaires. En tout, il y aura 1150 arbres injectés d’ici au 31 août.

Bien que le traitement permette de freiner la propagation de l’agrile, il ne permet pas de sauver les arbres. Les injections doivent être répétées aux deux ans. Le conseiller en environnement explique que le traitement ne fait que rallonger la vie de l’arbre, « mais au bout de la ligne, le frêne est sous la menace constante de l’agrile du frêne parce qu’il devrait s’implanter avec le temps ». Il incite les propriétaires de frênes, qu’ils planifient ou non l’injection, à planter dès maintenant un arbre, pour qu’il ait le temps de grandir d’ici à l’abattage du frêne. On rappelle que la Ville a négocié un tarif préférentiel pour les citoyen.nes et qu’il est possible de s’en prévaloir d’ici le 31 août.

Dépistage pour prévenir

Jérôme Picard insiste sur l’importance de la détection pour contrôler la propagation et éviter de « tomber en réaction ». Des communiqués ont été apposés sur certains arbres pour expliquer aux citoyens chacune des étapes. Un système de points de couleur est également utilisé pour identifier les arbres ciblés et injectés. Le tout pour assurer une communication constante avec la population.

La détection étant un des moyens de lutte à la propagation de cet insecte nuisible, la Ville a installé près de 100 pièges dans les frênes municipaux. De plus, les propriétaires majeurs et les entités de recherche ont permis de poser plus de 100 pièges supplémentaires.

Gros plan d’un agrile.
Crédit photo: Geneviève Morin

L’agrile est un insecte vert métallique qui fait son passage sous l’écorce du frêne et y pond ses larves. Ce sont les larves qui causent le plus de dommage et provoquent la mort de l’arbre.

Demain la forêt

En avril dernier, la Ville avait annoncé un partenariat avec le programme national Demain la forêt pour faciliter la plantation d’arbres pour remplacer les arbres abattus (en raison de l’agrile du frêne ou d’autres raisons). Les plantations n’ont pas encore débuté. La directrice des communications du Jour de la Terre, Émilie Chiasson, mentionne que Demain la forêt travaille présentement à mettre en place le guichet unique de plantation responsable.

Ce guichet unique permettra de mobiliser les différents acteurs du verdissement à Québec, de simplifier, de consolider et de promouvoir leurs démarches en lien avec la foresterie urbaine. Le guichet permettra dès l’automne de mobiliser la population dans le financement de projets de plantation et dans leur réalisation.

Pour identifier si un arbre est un frêne et quoi faire en cas d’infestation, la Ville de Québec invite la population à consulter le règlement sur la lutte à la propagation de l’agrile du frêne et son site internet.