Benjamin Careau : la persévérance comme tremplin | 14 septembre 2018 | Article par Viviane Asselin

« Les compétitions, c’est ce qu’il y a de plus l’fun dans l’année. C’est stressant, mais tu te fais des amis », confie Benjamin Careau.

Crédit photo: Courtoisie

Benjamin Careau : la persévérance comme tremplin

« Même si vous avez des problèmes, que vous trouvez que c’est difficile, continuez quand même. » Livré spontanément en fin d’entrevue, ce conseil de Benjamin Careau en dit long sur le jeune homme qu’il est. À 11 ans, cet athlète de Limoilou connaît déjà la valeur de la persévérance : à l’été, elle l’aura notamment mené aux finales des Championnats canadiens juniors de plongeon, à Toronto.

De cette première participation, Benjamin est revenu avec une 7e place à la tour, et deux 8e place, au tremplin 1m et 3m. Lorsqu’on lui demande s’il est satisfait, il hésite : « Ouin… mais sur le coup, je ne l’étais pas. J’étais un peu déçu : j’étais 7e, j’étais dernier. Après, je me suis dit : je suis 7e, mais au Canada », relativise le membre du club Aro.

Le plongeon est ainsi : il se joue beaucoup entre les deux oreilles. Benjamin le dira lui-même : l’épreuve aura été plus mentale que physique aux Championnats canadiens, dont l’ampleur avait quelque chose de distrayant. « Il ne faut pas se concentrer sur les points, sur ta famille qui est dans les estrades, mais sur toi, et sur les améliorations que te dit le coach », rapporte-t-il de son expérience.

De la patience, du plaisir… et un peu de hasard

C’est cette force mentale qu’il apprend notamment à opposer à ses peurs — parce que oui, il a « peur quand même souvent, surtout lors d’un nouveau plongeon », avoue-t-il candidement. Son 1 1/2 périlleux arrière, il lui aura fallu six mois avant de le lancer. « Six mois », répète-t-il avec de grands yeux, dans lesquels on peut lire combien sa ténacité a été éprouvée. « Six mois sans m’améliorer. J’ai peut-être pensé à arrêter, mais j’ai continué, et je l’ai fait. »

Rien n’est gagné d’avance ; Benjamin le sait, et semble l’accepter sans découragement ni impatience. « Il m’en reste du travail si je veux me rendre aux Olympiques. » Pour l’heure, tout dans le discours de l’élève de 6e année — il fréquente l’école des Berges, dans le programme sport-études — indique que le chemin importe plus que la destination. Pour être bon en plongeon, « ça prend plusieurs années d’entraînement », fait valoir celui qui s’y adonne depuis ses 4 ans.

Se rappelle-t-il d’ailleurs de ses débuts ? « Je me souviens d’un de mes premiers cours à l’ancien PEPS, avant qu’ils construisent le nouveau. J’allais plus au plongeon pour m’amuser — j’y vais encore par plaisir, mais [il hésite sur le choix de mots]… un peu moins. » Sa jeune carrière, il la doit presque au hasard : sa mère s’est trompée en voulant l’inscrire à des cours de natation…

Une invitation d’Équipe Canada

Mais la suite, elle, n’a rien du hasard : Benjamin récolte le fruit de ses efforts. Deux semaines après les Championnats canadiens juniors, il recevait une invitation d’Équipe Canada afin de participer à un camp d’évaluation et de développement des habiletés à Toronto. Du 20 au 22 septembre, il se soumettra ainsi à une batterie de tests pour mesurer ses capacités et son potentiel ; les résultats seront utiles pour orienter ses futurs programmes d’entraînement.

Est-il fier du travail accompli ? Benjamin répond par un sourire gêné. Puis, regardant plutôt vers l’avant : « C’est en ce moment que tout le reste commence. »