Les Colocs ont 20 ans ! | 14 décembre 2018 | Article par Laurence Déry

Le 1er janvier 1998, Martin Côté prenait possession du local qui allait devenir Les Colocs.

Crédit photo: Jean Cazes

Les Colocs ont 20 ans !

En été, sa terrasse est l’endroit par excellence pour une immersion dans le va-et-vient de la 3e Avenue. Les matins d’hiver, le soleil réchauffe les lève-tôt qui sont à la recherche d’un peu d’intimité, à l’arrière du café. Véritable institution, le sympathique café-resto Les Colocs célèbre ses 20 ans ! La parfaite occasion pour un retour en arrière avec le propriétaire, Martin Côté.

1998, c’était Gettin’ Jiggy Wit It de Will Smith, la crise du verglas, Jean Charest qui devient chef du PLQ. C’était aussi la catégorie Album de l’année hip-hop/techno à l’ADISQ. Bill Clinton nommé Man of the year par le Time Magazine. Drôle de vidéo, les pubs télé de Nintendo 64 et la fondation de Google. Il y a 20 ans, Charles Lafortune jouait Guy Lebeau dans Watatatow.

On peut dire que ça fait un bail que dure l’histoire d’amour entre Les Colocs et Limoilou !

Il n’y avait pas de compétition à cette époque. Le quartier était défraîchi, c’était un no man’s land. Au niveau de l’offre alimentaire, à part la pizzéria Descroisselles, il n’y avait pas grand-chose.

Pionnier de la restauration dans le Vieux-Limoilou, M. Côté s’est impliqué aux balbutiements de la Société de développement commercial (SDC) de la 3e Avenue. En plus d’avoir siégé sur le comité provisoire, il a été vice-président pendant deux ans.

Un comptoir à sandwichs à la tabagie Gravel

M. Côté est arrivé à la tabagie Gravel en novembre 1997 comme associé. Au début, il offrait des sandwichs au comptoir de la tabagie. Le 1er janvier 1998, il prend possession du local et en amorce petit à petit la transformation en restaurant. L’élaboration des menus, du concept, le retrait de produits sur les étagères pour l’introduction de nouveaux : la transformation, échelonnée sur un an, a représenté tout un défi.

Le jour où des voleurs sont entrés par effraction dans le commerce pour y voler mes cigarettes, ce fut la fin de la vente des produits du tabac !

Pour développer le concept des Colocs, il se rend à Montréal pour prendre des photos de restaurants et de menus de la métropole. Serveur de métier, il a appris la cuisine par la force des choses. Après 33 ans de métier, il est toujours aussi passionné.

Un esprit de famille

Mon premier contact avec Limoilou a été Les Colocs. J’ai habité près de 12 ans à deux pas de leur enseigne. Le décor n’a pas changé. C’est ainsi que les repères et douces habitudes s’enracinent. Quand je pousse la porte des Colocs, j’ai un peu le sentiment de revenir à la maison.

Aux Colocs, vous pouvez aisément vous asseoir au bar et piquer une petite jasette avec le staff. Vous pouvez aussi avoir la paix et lire votre journal. Ce qui est sûr, c’est que vous serez salué.e à votre arrivée et à votre départ. Vous aurez bien vite cette impression que des habitués se glissent parmi les clients. Que des liens les ont unis les uns aux autres, avec le temps. Que l’employée derrière le comptoir n’est pas juste une employée derrière le comptoir, que c’est plus que ça, qu’il y a de la relation qui se passe, entre la préparation de sous-marins, le brassage de soupe et les plats maison.

Ma plus grande fierté, c’est mon personnel. En 20 ans, j’ai eu seulement 5 à 6 équipes. Les gens restent longtemps. J’ai toujours eu de belles équipes. J’ai une employée qui travaille avec moi depuis près de 8 ans. En travaillant sur place, je suis plus près de mon personnel.

Micheline, une habituée du café, fréquente les Colocs depuis les débuts :

Ici, c’est vraiment la qualité du personnel. Les Colocs, c’est un attachement réel et profond.

L’équipe des Colocs accompagne actuellement Joseph derrière le comptoir. Joseph est un jeune homme vivant avec la trisomie 21. Deux jours par semaine, il vient au resto pour compléter sa formation en milieu de travail.

Pour les jours de tempête

Quand vous ne savez pas quoi faire mais que vous n’avez pas envie de rester chez vous, que la pluie verglaçante ou la neige fouette vos fenêtres, venez vous réfugier dans le petit cocon, à l’avant du resto. Venez regarder passer en coup de vent les gens l’autre bord de la vitre, bien au chaud, avec un bon shish-taouk ou un café. Ça chasse la grisaille, vous verrez.

Saviez-vous que…

  • le nom du resto est un clin d’oeil à une publicité trouvée dans le sous-sol de la tabagie Gravel ? La tabagie y annonçait qu’elle s’était trouvé un coloc : un comptoir à sandwichs.
  • en belle saison, des légumes du potager de 80 pieds de M. Côté pourront se frayer un chemin jusqu’à votre assiette ? Laitue, tomates, aubergines et haricots poussent sur toit pour le plaisir de vos papilles !
  • le café-resto récupère les matières compostables depuis plus de 10 ans ?
  • Les Colocs offre des mets cuisinés pour emporter, ainsi que des menus du jour ? Le chili et le pâté chinois sont d’ailleurs dans les meilleurs vendeurs.
  • le café-resto est certifié Famille ? Surveillez l’arrivée de la table à langer !
  • que M. Côté est adepte de parapente ? Il aimerait bien ouvrir un gîte consacré à la pratique de ce sport quelque part en Europe.

Les Colocs
400, 3e Avenue
418 648-8614

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