Dimanche fin d’après-midi à la Bouquinerie Nouvelle Chance | 11 février 2018 | Article par Laurence Déry

Crédit photo: Laurence Déry

Dimanche fin d’après-midi à la Bouquinerie Nouvelle Chance

Avec ses grandes fenêtres laissant entrer le soleil, la Bouquinerie Nouvelle Chance m’avait charmée dès ma première visite, il y a quelques années. Avant de pousser la porte, je repère en vitrine plusieurs exemplaires des enquêtes du commissaire Maigret. Les férus de Simenon seront comblés. Pour ma part, ce sera plutôt du côté des CD que je m’accrocherai d’abord les pieds.

Les CD sont juste en entrant à droite. Tout près, un fauteuil vert voisine un tourne-disque. Puis ces chansons françaises qui s’enchaînent et invitent à la douce flânerie… J’attendrai, le jour et la nuit, j’attendrai toujours…

De bons CD sont à se mettre sous la dent, en très bon état ! Le Québec est mort, vive le Québec ! de Loco Locass, La foire et l’ordre de Philippe Brach et l’avant-dernier des Cowboys côtoient Troubadours on the Rhine de Loreena McKennitt et K-Os, rappeur canadien, dont j’achète un CD à 2,50 $ (prix habituel, sauf pour les doubles et certains monstres sacrés tel Metallica, avec son Black Album).

On est loin de la sélection du Colisée du livre du début des années 2000, que j’adorais fréquenter, où s’ennuyaient deux ou trois exemplaires du premier album de Hootie and the Blowfish (le groupe semble en avoir sorti six au total – totale surprise !), de Tripping Daisy ou de Spin Doctors, parfaits exemples des one-hit wonders des nineties ! J’achète le premier de Louise Attaque pour remplacer ma vieille cassette tapée, et la trame sonore de O Brother Where Art Thou, impeccable.

Entre Pierre-Karl et la dévorante

La musique s’arrête pendant que je me lance dans la section des livres. Un client discute avec l’homme à la caisse et la femme classant des livres sur les rayons. Bien qu’il ne reste qu’une heure avant la fermeture, plusieurs clients viennent et s’en vont, ça jase de génératrice, de Pierre-Karl, de voyages, de problèmes de facture avec Bell. Le chien d’un client est couché près de la caisse.

Je parcours du regard les livres de poche, puis m’attarde à des titres plus récents ayant emballé les critiques. La fiancée américaine d’Éric Dupont, La dévorante de Lynda Dion et Les mille automnes de Jacob de Zoet de David Mitchell. City on Fire de Garth Risk Hallberg est placé en évidence. Je peine un brin à me laisser aller dans une lecture aléatoire et soutenue des titres défilant devant moi, écoutant ces bribes de conversations quotidiennes échangées au comptoir. Je souhaite que l’on remette ce disque de chansons françaises. En même temps, comment ne pas me réjouir de voir qu’ici on ne fait pas que parler météo ?

Boîtes et vinyles

À la caisse, il y a une belle calculatrice rose. Je paie mes CD et Le prisonnier d’Azkaban grand format, qui complète enfin ma collection Harry Potter pour ces jeunes lecteurs qui grandissent derrière moi.

— Avez-vous beaucoup de dons ?
— Oui ! Beaucoup proviennent de familles de personnes décédées. On va chercher les boîtes de livres à domicile ; il arrive aussi qu’on aide les gens à les faire.

Je demande au libraire si la bouquinerie vend encore des vinyles.

— Oui, bien sûr, à l’arrière !

L’homme me conduit vers ce que je pensais n’être que le back-store. La configuration a changé depuis ma dernière visite. De belles caisses de bois bien identifiées m’attendent.

— On en vend beaucoup. Plusieurs clients ont pour la première fois un tourne-disque et ont hâte de l’essayer !

Je dois partir bientôt, la fermeture arrivant à grands pas. En chemin, je m’arrête au rayon BD. Pour en finir avec novembre de Sylvain Lemay et André St-Georges me fait un clin d’oeil. J’arrête à une étagère hétéroclite, près de la sortie. Avec mes achats, j’ai droit à un livre gratuit. Je choisis Où est Charlie – Charlie remonte le temps. Chercher et trouver, n’est-ce pas le vrai plaisir d’être ici ?

Bouquinerie Nouvelle Chance
1595, chemin de la Canardière
418 948 3287

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