Dix personnalités qui ont marqué le quartier – Jean-François Girard | 12 octobre 2018 | Article par Viviane Asselin

Jean-François Girard, à la Place limouloise, où Limoilou en vrac est en charge de l’animation.

Crédit photo: Viviane Asselin

Dix personnalités qui ont marqué le quartier – Jean-François Girard

Monlimoilou célèbre cette année ses dix ans d’existence. Prenant prétexte de son contexte d’origine — alors qu’il se présentait, en 2008, comme « cette première vitrine web digne de la vitalité d’un quartier en plein renouveau » —, nous souhaitons aujourd’hui, pour l’occasion, souligner l’apport de ceux et celles qui ont contribué à changer le visage de Limoilou au cours de la dernière décennie. Premier portrait de cette série de dix personnalités marquantes : Jean-François Girard de Limoilou en vrac.

Cofondateur de Limoilou en vrac avec Manon Landry*, en 2007, Jean-François Girard en est devenu le directeur général. Miracle sur la 3e Avenue, l’International de pétanque, le Bazar des ruelles, Limoilou en musique et autres programmations culturelles en collaboration : autant d’initiatives rassembleuses que l’on doit à cet organisme qui anime le quartier.

À l’époque où vous avez lancé Limoilou en vrac, comment perceviez-vous Limoilou ?

En 2007, il n’y avait pas grand-chose comme événements dans le quartier. En fait, quand j’ai commencé à m’y installer, il y a environ trente ans, il y avait des gens qui gravitaient alentour du Bal du Lézard, et nous avons eu le désir de développer un événement pour essayer de rassembler le quartier. Avec le propriétaire Alain Slythe, qui est un grand ami, et plusieurs amis qui se sont greffés à nous, on a organisé une fête nationale dans le stationnement arrière du Bal du Lézard. De fil en aiguille, à force de demander des autorisations à la Ville [pour la tenue d’événements], ils nous ont dit pourquoi vous ne bâtissez pas un organisme. C’est comme ça que Limoilou en vrac est né.

On est arrivé à un moment où commençait la revitalisation de la rivière Saint-Charles. Avant, il y a vingt ans, il y avait beaucoup de pauvreté ; les guerres de motards, la violence, on a vécu ça. Avec le changement de la rivière Saint-Charles, la beauté a commencé à revenir dans le quartier, on a vu tranquillement des gens intéressés à s’y installer… On est arrivé dans le bon moment pour faire des événements, pour mettre des sourires sur les visages de tout le monde.

Justement, quelle est la mission que vous vous êtes donnée avec Limoilou en vrac ?

Il y a beaucoup de monde qui nous demande pourquoi « vrac ». Quand on a parti ça, c’était pour « Vie Récréative, Artistique et Culturelle ». La mission de l’organisme s’est développée autour de ça, pour animer le quartier.

De fil en aiguille, on en est venu à être reconnu comme entreprise d’économie sociale parce qu’on vivait plus de revenus autonomes que de revenus de subventions. À la « vie récréative, artistique et culturelle » est venu se joindre le développement économique à travers les années. On encourage les artistes, on redonne beaucoup. On essaie tout le temps de trouver des moyens pour se financer, ça nous permet de garder nos événements gratuits.

Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier, par rapport à leur impact sur le quartier ?

C’est sûr que ce dont on est le plus fier, c’est d’animer le quartier ; on pourrait énumérer toutes les réalisations qu’on a faites — il y en a eu de plus tristes et de plus heureuses, mais…

On est très fier des collaborations tissées au fil des années. On est ouvert à toute collaboration, tout le temps. Il y a des gens qui viennent nous voir et on les aide — si on ne peut pas, on n’embarque pas, mais on les conseille. On a acquis une certaine expertise depuis le temps — de ça aussi, on peut être fier. On développe des partenariats avec plein de monde, tout en ayant peu de moyens, mais ensemble, on peut faire beaucoup de choses.

Comment percevez-vous Limoilou aujourd’hui ?

Depuis dix ans, ça a beaucoup changé ; ça a comme été une renaissance. Il y a eu une certaine gentrification, tout en restant un peu mixte — il y a encore des personnes âgées, des personnes un peu plus pauvres… Beaucoup de poussettes, de petites familles… Les logements se refont, le monde investit.

On voit aussi certains commerces qui se sont installés sur la 3e Avenue, qu’on n’aurait pas vus ou imaginés il y a dix ans ; des commerces quand même assez dispendieux qui, même si le niveau de vie du quartier a augmenté, ne s’adressent pas nécessairement aux citoyens d’ici. En même temps, c’est le fun de découvrir des places comme ça, et ça amène des gens de l’extérieur à découvrir le quartier.

*À titre de cofondatrice, Manon Landry partage les honneurs avec Jean-François Girard ; seule la distance géographique explique son absence de l’entrevue.

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NDLR : Devant l’avalanche de noms à l’étape de présélection, l’équipe éditoriale a dû faire des choix difficiles, guidée par sa volonté de couvrir une diversité de champs d’intervention. Sans rien enlever aux personnes retranchées, la sélection vise à reconnaître les convictions, l’engagement, la persévérance et la vision qui ont présidé aux efforts consentis pour améliorer notre milieu de vie. À tous ceux et celles qui, néanmoins, s’impliquent dans le quartier et participent à son mieux-vivre, une part du mérite vous revient.