Isaac Larose, promoteur nomade | 22 juin 2018 | Article par Émilie Rioux

Isaac Larose.

Crédit photo: Samuel Pasquier

Isaac Larose, promoteur nomade

Il est connu internationalement dans le monde de la mode pour sa compagnie chapelière Larose Paris. Plus localement, Isaac Larose fait sortir les oiseaux de nuit de Québec depuis près de 17 ans.

Après plus de la moitié de sa vie consacrée à promouvoir et organiser des soirées à Québec, le jeune promoteur considère aujourd’hui qu’il s’agit de son métier principal. Cet intérêt pour l’organisation d’événements aura pris racine lors de fêtes d’anniversaire organisées à la Baie de Beauport, qui auront finalement attiré près de 300 personnes.

 80 000$ de commandites, un beach party, des bands, des DJ toute la soirée et une compétition mondiale de planche à voile. C’était ça, ma fête de 19 ans.

Après avoir exploré la folie des grandeurs, Isaac Larose s’est ensuite attardé à l’idée de développer des concepts, d’instaurer une ambiance précise pour une série de soirées où il pourrait, lui aussi, en profiter à long terme. Après le succès monstre du Cat Fight Friday au (feu) Boudoir (ainsi que de nombreuses autres soirées du genre aux quatre coins de la ville), le concepteur et son équipe s’intéressent maintenant au quartier Limoilou.

 Ça fait longtemps qu’on est résidents du quartier. J’ai fini par me perdre dans les petites rues et par tomber sur le salon de quilles du Centre Horizon. […] C’est le rêve absolu d’un promoteur de trouver un endroit qui a un potentiel et pas assez de gens qui y vont, à partir d’une certaine heure. Tu sens que tu peux leur amener quelque chose.

Après environ une année de soirées-tests, à tisser de bonnes relations avec les propriétaires de l’endroit, le Royal Limoilou Bowling Club est maintenant bien installé. Tous les samedis, on peut y vivre les compétitions de quilles les plus colorées, accompagnées de délicieux cocktails et d’une ambiance festive assurée chaque semaine par un DJ. Au-delà de cette migration du kitsch vers le cool, le défi était de combler un manque en matière de bars à cocktails à Limoilou, où les résidents sont déjà très bien servis en bières au sein d’une offre en restauration abondante et variée.

Chasse au trésor pour les grands

Pour Isaac, la réussite de ce type d’événements récurrents tient beaucoup du bouche-à-oreille, qui lui aura permis, au fil des années, de développer une clientèle de tous les âges. C’est d’ailleurs précisément avec cette approche marketing qu’il a récemment créé un véritable buzz autour de son nouveau bébé, le Nénuphar. Bar « clandestin » aménagé dans un endroit secret du Vieux-Limoilou, le Nénuphar propose une expérience audacieuse à ses futurs clients, qui devront d’abord en trouver l’emplacement exact, avant de savourer leur victoire autour d’un verre d’absinthe.

Ça fait partie du plaisir. Divulguer l’adresse, c’est comme dire aux enfants que le Père Noël n’existe pas. C’est un peu comme monter une montagne et après, avoir la vue. Ça rajoute à l’expérience », explique l’idéateur.

Offrant également une carte de cocktails, ce nouveau lieu de rendez-vous garnit son bar de plusieurs importations privées, notamment pour les vins offerts.

Parlant de vin, quelques semaines à peine se sont écoulées depuis l’ouverture du Nénuphar que, déjà, un nouveau concept se concrétise pour Isaac. Derrière les murs du Centre Horizon, Madeleine vous invite chez elle pour un verre. Nommé d’après la doyenne du salon de quilles, ce comptoir de vins naturels sert également cidres et hydromels sélectionnés par le mixologue Patrice Plante.

Force est d’admettre qu’entre ses allers-retours de Québec à Montréal, le jeune homme ne chôme pas. S’il souhaite la survie à long terme des concepts qu’il amène en ville, Isaac désire aussi conserver son statut de nomade. « C’est vraiment mon métier, mais c’est quelque chose qui s’est développé au fur et à mesure. Au final, en faisant de la promotion, soit tu deviens consultant et tu proposes des concepts, soit tu deviens propriétaire de tes établissements. Je suis plus du genre consultant », conclut-il.