Les Éditions L’Hybride : la vie sur papier | 20 juillet 2018 | Article par Jean Cazes

Crédit photo: Jean Cazes

Les Éditions L’Hybride : la vie sur papier

Le 23 mai, Les Éditions L’Hybride lançaient au Tam Tam Café le recueil de Bernard St-Onge Attendre après son psy : et autres courts récits. Monlimoilou s’est entretenu avec l’auteur et avec Catherine Gauthier, agente de communication et d’événements au Pavois, l’organisme derrière la maison d’édition.

Vitrine offerte à des auteurs de différents horizons, L’Hybride est l’une des quatre entreprises d’économie sociale du Pavois. Cet organisme fondé à Limoilou en 1989 découle d’une mobilisation de parents de jeunes vivant des problèmes de santé mentale, pour un accompagnement visant à accroître leur qualité de vie. La maison d’édition, qui n’aurait « pas d’équivalent au pays », tient un rôle particulier dans la communauté, explique Catherine Gauthier :

« La littérature est une bonne façon de vivre son rétablissement, d’analyser ce que l’on vit à l’intérieur de nous, puis de le coucher sur papier ».

Avec le soutien de bénévoles, la maison d’édition permet à des auteurs de la trempe de Bernard St-Onge de vivre les étapes de la publication de leur livre tout en participant à diverses activités.

Ouvrages solo et collectifs

En 2005 sont nées les Éditions du Pavois, rebaptisées Éditions L’Hybride huit ans plus tard, après une restructuration. Fort de ses 14 ans au Pavois, Bernard avait joint le comité de relance : « J’ai travaillé sur le plan d’affaires, des cégépiens et universitaires nous ont aidés, ce qui a mené à la première publication de L’Hybride en 2014 : Schizographie. » Au livre de Milady Johnson se sont greffées quatre autres publications, le dernier étant le recueil de nouvelles de Bernard, Attendre après son psy : et autres courts récits, 100 pages fortement inspirées de son vécu.

L’Hybride offre de plus des ouvrages regroupant différents textes puisés du Marathon d’écriture de Québec. Ce concours littéraire, auquel Bernard a participé, vise à mieux faire connaître la maison d’édition. Du premier Marathon en 2015 au Domaine Maizerets a été tiré Clair obscur, puis le recueil Les idées noires (Marathon 2016). L’agente de communication et d’événements au Pavois et à L’hybride explique fièrement :

« Quinze à vingt auteurs alimentent chaque publication du Marathon d’écriture. Les textes, choisis par un jury, sont l’œuvre d’une quarantaine de personnes qui ont 12 heures pour rédiger un poème ou une nouvelle. Le lancement du livre du 3e Marathon aura lieu en septembre. »

L’an dernier, L’Hybride a dû trancher parmi une dizaine de propositions, un choix déchirant… Des bénévoles retraités assurent la révision au sein du comité de rédaction, que Catherine supervise avec la directrice du Pavois. Quatre membres de l’organisme participent aussi à la prise de décisions. « Un auteur qui souhaite être publié ou un proche ne peut faire partie du comité », précise-t-elle, citant l’exemple de Bernard. Celui-ci résume ainsi le processus de publication de son quatrième ouvrage :

« J’ai remis le manuscrit aux membres du comité en août 2016. Ça leur a plu, ils m’ont demandé plus de textes, et sur un total de 35, ils en ont gardé 25. J’ai participé au brainstorming pour le titre. J’ai signé un contrat en août 2017 stipulant que j’acceptais les corrections, une étape qui a suivi en octobre avant l’infographie en décembre. »

Une passion, un chemin de vie

Évoquant son premier poème à 11 ans, Bernard se qualifie avant tout d’écrivain et de journaliste. L’auteur vient d’une famille « où ça lisait beaucoup ». Sa passion a débuté par la lecture « des Tintin et des Astérix », s’est développée en parcourant des œuvres d’envergure telles que Le Seigneur des anneaux.

« J’en suis venu à étudier en création littéraire. Depuis, j’écris dans le communautaire, notamment pour La Quête depuis déjà 25 ans. C’est en 2005 que j’ai publié mon premier livre aux Éditions du Pavois : L’Esquisse. Je tiens aussi un journal quotidien pour garder la main, un peu comme le fait un guitariste avec ses gammes. »

« T’écris pour être lu, t’écris pour te faire plaisir, tu publies pour te faire aimer. C’est cliché, mais c’est pas mal se qu’on retrouve chez les artistes en général ! », affirme Bernard. Il a savouré pleinement cet amour du public lors de son lancement le 23 mai au Tam Tam Café. Le résident du quartier Saint-Jean-Baptiste a choisi cet endroit parce qu’il a participé pendant 10 ans à ses Vendredis de poésie. « C’est là que j’ai appris à bien m’exprimer : je ne voulais donc pas les trahir ! » « La personne très généreuse qu’on a approchée s’est vraiment donnée ! », témoigne Catherine Gauthier. L’ex-animatrice bien connue Renée Hudon a eu l’honneur de lire trois textes de Bernard, dont « La tape dans le dos », nouvelle qui a ébranlé le cœur des quelque 80 invités.

Plein d’assurance, Bernard a été chaleureusement applaudi après avoir brièvement partagé sa passion et sa vie. Puisque « personne n’est à l’abri », il ne cache pas son « passé en santé mentale » ni « une première hospitalisation à 21 ans à la suite d’une dépression ». Mais pour l’heure, il témoigne : « Ce lancement a été au-delà de mes attentes. Mon speech a bien été, j’ai improvisé un peu comme je le faisais aux Vendredis de poésie. »

Bernard St-Onge regrette d’avoir manqué de temps pour dédicacer les exemplaires de tout le monde. Gageons que ce sera seulement partie remise, puisque l’écrivain planche déjà sur d’autres projets de publication.

Les Éditions l’Hybride – bureaux des Copies Le Pavois
2380, ave du Mont-Thabor
418-627-9779, poste 208

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