Limoilou en musique 2018 : le tour du chapeau de l’homme-orchestre | 11 juin 2018 | Article par Émilie Rioux

Fred Fortin

Crédit photo: Émilie Rioux

Limoilou en musique 2018 : le tour du chapeau de l’homme-orchestre

Un événement tel que Limoilou en musique a le mandat d’être rassembleur pour les habitants du quartier. Avec Fred Fortin en guise de cérémonie de clôture, on peut dire que Limoilou en vrac a définitivement rempli sa mission.

Quelque temps avant l’entrée en scène de la tête d’affiche, le duo acoustique The Johans a réchauffé la scène de belle manière. Sympathiques, les deux filles ont interprété un doux mélange de compositions et de reprises devant une foule familialement agglomérée pour les applaudir. Avec une valise et une pédale en guise de percussion, le groupe a bien mis la table pour la soirée acoustique qui allait clore cette édition haute en couleur de Limoilou en musique.

Des guitares et des classiques

C’est en homme-orchestre que Fred Fortin a fait son entrée sur la scène de la 3e Avenue, entouré de tambours, de pédales, de guitares et de sa collection d’harmonicas. Après avoir ouvert avec 10$, tirée de son dernier album Ultramarr, le Jeannois a généreusement offert au public une sélection de pièces plutôt rares, majoritairement tirées de ses disques Plastrer la lune (2009), Planter le décor (2004) et Joseph Antoine Frédéric Fortin Perron (1996). Sur scène comme dans son salon, le chanteur semblait aussi en mode juke-box, prenant spontanément les demandes spéciales du public au vol pour les ajouter au spectacle.

Malgré l’absence d’un groupe pour soutenir les chansons, le concert n’était pas moins rock. Habile musicien, Fred Fortin exécute sans faille chacune des pièces avec une énergie et une assurance impressionnantes, maniant simultanément trois instruments pour s’accompagner. Ainsi, les chansons Mumu et Massacre à l’harmonica ont définitivement su brasser la cabane en fin de soirée, tandis que Chaouin et T’es grosse pis t’es belle ont rassasié les nostalgiques. On peut d’ailleurs reprocher à ce spectacle solo d’être adressé aux plus fins connaisseurs de la discographie de Fortin, mais les néophytes n’ont pas semblé s’en plaindre, entonnant avec enthousiasme les refrains pesants.

Souriant et charismatique, l’auteur-compositeur-interprète a fait preuve d’une générosité rare et précieuse du début à la fin du spectacle, prouvant hors de tout doute qu’on peut toujours revenir aux bases, peu importe l’envergure de notre carrière. À voir les sourires accrochés au visage des spectateurs à la fin du concert, on peut définitivement conclure que le festival a fait un excellent choix en désignant Fred Fortin comme tête d’affiche de la présente édition.

On a déjà hâte à l’an prochain !