Notre enfance sans arbres | 8 octobre 2018 | Article par André Lévesque

L’intersection de la 4e Avenue et de la 11e Rue en juin 1961.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Notre enfance sans arbres

Lorsque je regarde les scènes comparatives du quartier, hier par rapport à aujourd’hui, je réalise à quel point nous avons passé notre enfance des années 1950 dans un monde de béton et d’asphalte. Sans arbres ou si peu.

Je me souviens que sur la 4e Avenue, il y avait une étroite bande de végétation entre le trottoir et la rue. On y avait planté quelques arbustes. Puis un jour, pour donner plus de place aux grosses voitures, la Ville a décidé d’élargir la 4e. Asphalte 1, arbustes 0. On appelait ça le progrès.

On pouvait compter sur les doigts d’une seule main le nombre d’arbres autour de chez nous. Sur la 14e Rue, il y en avait deux, aucun sur la 15e et la 16e. Et c’était comme ça presque partout dans le Vieux-Limoilou.

En plus de la beauté qu’ils apportent, les arbres améliorent la qualité de l’air en absorbant les polluants et le dioxyde de carbone. Ils auraient un effet bénéfique sur la santé physique et mentale en réduisant le stress. De plus, comme les arbres sont des climatiseurs naturels, vous pouvez imaginer ce que nous vivions lors des canicules. Quand il faisait très chaud, tout le Vieux-Limoilou était de mauvaise humeur.

Pour voir de la végétation, on allait à Saint-Paul-Apôtre, passé la 18e Rue. Un coin plus neuf que le Vieux-Limoilou avec ses coquettes maisons. Il y avait aussi la belle 2e Avenue bordée d’arbres. Voici ce que raconte Edmond Lafortune, natif de Limoilou :

Durant les années 1940, mon père avait planté un érable devant notre logement (sur la 2e Avenue, entre la 8e Rue et la 9e Rue), et les voisins l’avaient imité ! De nos jours, la 2e Avenue est bordée de beaux gros arbres matures.

Quand je vois les photos du Limoilou d’aujourd’hui, ce sont les beaux grands arbres qui attirent mon regard. Ils sont largement responsables de la beauté du quartier.

« Des rues bordées d’arbres majestueux. »  C’est ainsi que la Ville vante Limoilou. Ça n’a pas toujours été le cas, malheureusement…