Un petit ventilateur contre une grosse canicule | 2 juillet 2018 | Article par André Lévesque

La piscine du parc D’Iberville en août 1967. Autre lieu du Vieux-Limoilou très fréquenté par les enfants les jours de canicule…

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Un petit ventilateur contre une grosse canicule

Juillet 1957. Il fait 87 degrés Fahrenheit (environ 30,5°C) depuis plusieurs jours. On ne dort presque pas…

Notre petite maison, coincée entre deux autres plus massives et bordée par des hangars de tôle, est devenue un four. En plus, il y a ce toit en goudron noir qui attire la chaleur comme un aimant. Aucun arbre dans la cour pour donner un peu d’ombre. L’enfer !

Limoilou sue à grosses gouttes. Même les cornets à deux boules de Chez Madame Guay et le Kik Cola bien froid n’y font rien.

J’essaie de dormir sur le plancher de la cuisine entre la porte d’en avant et celle d’en arrière que l’on laisse entrouvertes. L’air frais n’existe pas, même pendant la nuit. On suffoque.

Le jour, ma mère place un petit ventilateur sur le sink. Il dégage à peine quelques bouffées d’air froid, plus souvent tiède. On est trois assis devant cette machine à fraîcheur, démodée et râlant ses derniers râlements.

Aller s’asseoir sur la galerie ? On n’y pense même pas. Tous les balcons de Limoilou sont désertés. On étouffe partout.

Moi, je me réfugie dans la cave. C’est frais, mais ça sent le renfermé. Et comme disait maman : « Tu vas attraper ton coup de mort dans’ cave ». Mais je suis presque mort avec cette chaleur.

La chaleur, ça rend agressif il paraît. Ma sœur n’a qu’à se tenir tranquille, sinon… Pour meubler mes insomnies, j’élabore un grand projet : je vais sortir ma pelle et creuser dans notre cour pour avoir une belle piscine en vue de la prochaine canicule. Mais je divague. La chaleur rend fou, j’imagine.

Heureusement, il y a la piscine du Parc Ferland. Pendant une heure, je respire un peu et je retourne ensuite dans notre sauna de la 4e Avenue. Afin que cette maudite canicule se termine, je souhaite une pluie rafraîchissante, mais à la radio, on n’en annonce pas pour bientôt. Les dieux de la pluie semblent en arrêt de travail… à cause de la chaleur j’imagine. Ils doivent être syndiqués.

Rêver à la pluie ! Faut vraiment avoir chaud pour espérer ça en été…