Sur la ligne de front du Centre de prévention du suicide de Québec | 8 février 2018 | Article par Jean Cazes

La ligne d’intervention téléphonique 24h/7 du CPSQ. 7 février 2018.

Crédit photo: Jean Cazes

Sur la ligne de front du Centre de prévention du suicide de Québec

À l’occasion de la Semaine nationale de prévention du suicide, retour sur notre rencontre de ce mercredi avec l’équipe du Centre de prévention du suicide de Québec et son indispensable ligne d’intervention téléphonique 24/7.

« Ensemble, nous pouvons prévenir et diminuer le taux de décès par suicide », exprimait Lynda Poirier dans son invitation à la quatrième porte ouverte du Centre de prévention du suicide de Québec (CPSQ) qui, du haut de ses 40 ans, fait figure de premier centre du genre au Canada.

Afin de mieux comprendre l’esprit et la nature des activités du CPSQ, la directrice générale était accompagnée de membres de son personnel pour la visite des locaux de la 1re Avenue, que l’organisme occupe depuis 2013, aux côtés du bureau d’arrondissement.

En 2017, les quelque 25 intervenants du CPSQ ont répondu à plus de 22 000 appels de personnes suicidaires, de leurs proches endeuillés ou de citoyens cherchant de l’information. Ils ont aussi accompagné environ 400 adultes tout en dirigeant de nombreux autres vers les ressources d’aide adéquates, tels les CLSC ou des centres de crise.

En décembre dernier, notre collègue Stéphanie Vincent avait résumé les nombreux services offerts par l’organisme. En complément de son reportage « La souffrance n’a pas de date », nous retenons ici la ligne d’intervention téléphonique 24/7 (1 866 APPELLE), en quelque sorte la porte d’entrée du CPSQ.

Briser la glace en toute confidentialité

Sur la « ligne de front » du Centre de prévention du suicide de Québec se relaient au téléphone, 24 heures sur 24, cinq intervenants afin de répondre aux quelque 75 appels quotidiens, dont la grande majorité sont reçus entre midi et 20 h. « On ne fait pas d’écoute téléphonique, car ça doit servir essentiellement aux interventions de crise », insiste Éric Arseneault, coordonnateur des services d’intervention au CPSQ.

Il s’agit d’un premier contact où l’on brise la glace avec la personne suicidaire ou un proche endeuillé en vue de désamorcer la crise et de préparer un plan de match, comme aller voir un médecin, s’informer sur son programme d’aide en entreprise ou consulter l’équipe clinique du CPSQ. […] En parallèle, nous avons développé la relance téléphonique : « Je suis inquiet pour mon frère… » « Voulez-vous qu’on le rappelle avec votre autorisation ? », illustre Éric Arseneault. Le proche qui s’inquiète [pour un proche] peut aussi recevoir une formation en ligne de 20 minutes sur les questions qu’il pourrait lui poser. Si cette personne n’est pas à l’aise avec cette démarche, on va lui proposer de la faire à sa place.

La ligne 24/7 est aussi offerte aux intervenants des réseaux de la santé confrontés à des situations particulièrement difficiles. « On parle ici d’un travail d’équipe entre organismes. »

Les intervenants de cette ligne d’urgence ont ainsi la responsabilité d’une fonction des plus délicates qui, depuis une quinzaine d’années, n’est confiée qu’à des spécialistes.

Les bénévoles pouvaient être de bons intervenants. Mais c’était souvent des gens endeuillés qui, bien qu’ils voulaient faire leur part, risquaient facilement de frapper un mur en étant moins outillés pour affronter certaines situations, particulièrement en fin de nuit comme nous l’observons souvent. […] Notre personnel est solidement formé en relation d’aide, par exemple en techniques d’intervention en délinquance, en éducation ou au baccalauréat en psychologie. Et on leur ajoute notre propre formation de 50 heures, suivie de 2000 heures d’accompagnement avec un superviseur », conclut Éric Arseneault.

Besoin d’aide ? N’attendez pas, contactez l’équipe du CPSQ dès maintenant.

Centre de prévention du suicide de Québec
1310, 1re Avenue
418 683-0933 / 1 866 APPELLE (1 866 277-3553)
accueil@cpsquebec.ca

À lire aussi : Une première journée portes ouvertes pour le Centre de prévention du suicide de Québec (2015).