Reprise des fouilles archéologiques sur le site Anderson | 17 mai 2018 | Article par Jean Cazes

Au centre, avec un casque rouge, l’étudiante à la maîtrise Rachel Archambault. 14 mai 2018.

Crédit photo: Jean Cazes

Reprise des fouilles archéologiques sur le site Anderson

Pour une deuxième année, le chantier-école en archéologie de l’Université Laval est en cours depuis lundi matin à l’arrière du Tim Hortons de la 3e Avenue.

L’an dernier, nous avions décrit la nature de ces fouilles dont l’objectif général était de documenter les diverses phases d’occupation du site de la demeure de la famille du marchand de bois William Hedley Anderson. Érigée au milieu du XIXe siècle, cette maison a ensuite été subdivisée en plusieurs logements : le Hedleylodge.

À la réouverture lundi matin du chantier-école, , de la Société historique de Limoilou et partenaire dans ce projet, a mis en contexte les fouilles de l’équipe d’apprentis archéologues, lesquelles s’inscrivent dans l’évolution historique du secteur. Identifiés par leur casque jaune, 15 étudiants au baccalauréat s’affaireront jusqu’au 15 juin sur le site Anderson, sous la supervision de 3 étudiantes à la maîtrise (casques rouges) en formation professionnelle.

En continuité avec la première année

« Nos objectifs sont à la fois pédagogiques et archéologiques », rappelle Allison Bain, professeure coresponsable avec Réginald Auger du chantier-école en archéologie de l’Université Laval.

L’an dernier, nous avons identifié l’emplacement de la maison [du côté de la 3e Rue], trouvé des drains en bois, mais pas les fondations. Cette année, on veut cette fois mieux comprendre l’espace autour de la maison [près de la 4e Rue]. Sur les cartes historiques [un exemple dans la galerie d’images ci-bas], on distingue trois petits bâtiments secondaires qui sont alignés. On verra si on en découvrira les traces…

La richesse insoupçonnée des latrines

L’étudiante à la maîtrise Rachel Archambault résume les opérations en cours dans les deux nouvelles sections de fouilles du site Anderson.

Dans cette partie, on trouvera peut-être l’extrémité de la maison, et même certaines installations de sa cour arrière. Dans l’autre section, la plus longue, on observe sur les cartes anciennes ce qui pourrait être des dépendances ou des petits garages d’entreposage. Mais dans nos rêves les plus fous, on découvrira peut-être les latrines de la maison !

Pourquoi tant d’enthousiasme ?

Au sens large, les latrines, c’étaient à la fois les toilettes et les poubelles. Et en archéologie, c’est très riche de découvertes potentielles ! On peut y trouver par exemple de la céramique brisée ou des graines de fruits ou de plantes comestibles. Donc, des objets très bien conservés ou des matières organiques qui peuvent nous informer sur l’alimentation de l’époque. L’archéologie, c’est donc une science pluridisciplinaire, des étudiants ayant par exemple un profil en archéo-botanique », illustre la stagiaire à la maîtrise.

Plusieurs portes ouvertes

L’équipe du chantier-école en archéologie de l’Université Laval invite la population à venir jeter un coup d’oeil sur son minutieux travail de fouilles. « À tous les vendredis à 13h30, un étudiant présentera l’évolution des travaux et partagera nos découvertes », précise Rachel Archambault.

Comme l’an dernier, cette série de portes ouvertes se conclura le dimanche 10 juin par un événement public qui mettra notamment en valeur des artefacts découverts depuis 2017 sur le site Anderson. Des activités pour les enfants sont aussi prévues.

D’ici leur fin le 15 juin, on peut suivre la progression des fouilles sur la page Facebook et dans l’album photo Instagram du chantier-école. Ajoutons enfin que la Société historique de Limoilou présentera le 28 mai une conférence publique portant sur ce thème.