SPOT 2018 : une dernière grand-messe sur le parvis | 23 août 2018 | Article par Viviane Asselin

Les soirées dansantes ont fait partie des activités populaires au SPOT de Limoilou.

Crédit photo: SPOT 2018

SPOT 2018 : une dernière grand-messe sur le parvis

Éphémère comme l’été, la Sympathique place ouverte à tous (SPOT) clôturera sa saison à Limoilou ce samedi, avec une soirée toute en musique. À quelques jours de la fin, l’heure est propice aux souvenirs qui auront marqué cette 4e édition, et aux prédictions sur l’avenir d’un projet qui fait face à des enjeux de pérennité.

L’édition 2018 du SPOT aura écrit une (autre ?) page d’amour dans l’histoire de la place publique itinérante. Un coup de foudre réciproque : alors que les Limoulois.es s’appropriaient le SPOT, Cynthia Gauthier s’appropriait Limoilou. Cette mixité entre quartier familial et branché, entre étudiant.e.s et aîné.e.s, la coordonnatrice marketing du SPOT avouera s’en être émerveillée tout l’été sur le site de l’église Saint-Charles.

La résidente de Beauport ne croit donc pas si bien dire quand elle affirme que « le but du SPOT, c’est de faire découvrir quelque chose de nouveau ». Les Limoulois.es y auront aussi été amenés, évidemment : en marge de la très fréquentée 3e Avenue, l’organisation a souhaité « revalorisé un autre coin de Limoilou », en bonifiant celui qu’occupait l’Espace parvis au cours des deux années précédentes – et devenant, par le fait même, un Sympathique parvis ouvert à tous.

Sous le regard du crucifix planté devant la résidence des frères Capucins, c’est presque un mini-village qui, avec ses jardins, son resto-bar, sa scène, ses placottoirs, s’est déployé sur un espace d’ordinaire sous-utilisé. S’imprégnant doublement de l’esprit du lieu — par un design rappelant le patrimoine religieux et les ruelles limouloises, notamment —, SPOT 2018 s’est intégré peut-être comme jamais à son quartier d’accueil. Et, en bon hôte, il a offert une programmation gratuite et variée qui aura réussi « à satisfaire un peu tout le monde », se réjouit Cynthia Gauthier.

Quand le succès n’est pas garant de l’avenir

En apparence béni des dieux, le SPOT doit véritablement son succès à la somme des efforts qu’y mettent ses concepteurs et ses gestionnaires ; pour la majorité étudiant.e.s à l’École d’architecture de l’Université Laval, ils reçoivent le soutien de firmes d’architecture et de design, en plus de collaborer avec des organismes du milieu et de compter sur la générosité de bénévoles.

Mais voilà : l’avenir de l’initiative demeure tributaire de cet exigeant investissement en temps. « Je vois un gros point d’interrogation pour l’avenir. Il n’y a pas de legs assuré. Est-ce qu’il va y avoir des étudiants qui vont vouloir s’impliquer ? » s’interroge la coordonnatrice, qui rappelle par le fait même que, d’une année à l’autre, le projet est porté par une nouvelle équipe.

Si, pour chaque cohorte, l’aventure est donc nouvelle, le SPOT semble avoir perdu de son effet inédit auprès de la population. C’est, du moins, ce qui pourrait en partie expliquer que les deux dernières campagnes sur La Ruche n’ont pas atteint leur objectif ; la question du financement devient donc aussi un défi à la pérennité. « La Ruche, c’est plus pour les nouveaux projets. Nous, on est un peu victime de notre succès. Il faudrait qu’on trouve une autre manière de se réinventer », évalue Cynthia Gauthier.

Mais s’il y a une chose qui ne risque pas de changer — jusqu’à preuve du contraire —, c’est le lieu d’accueil : « C’est sûr que ça va être dans les quartiers centraux ; notre mission, c’est de revaloriser un espace urbain », conclut la gestionnaire.

Soirée de clôture, bazar et bénévoles

La soirée de clôture du SPOT, ce samedi 25 août, mettra en vedette Lockwell (19 h) et Simon Kearney (20 h 30). Puis, du 26 août au 2 septembre, des éléments des aménagements seront mis en vente dans le cadre d’un grand bazar. Simultanément s’amorcera l’opération de démantèlement du site ; toute aide est bienvenue.