Terrains 41e Rue : le conseil de quartier imagine le futur de Lairet | 11 avril 2018 | Article par Viviane Asselin

Extrémité ouest de la 41e Rue, en bordure de l’autoroute Laurentienne, avec vue en direction est.

Crédit photo: Viviane Asselin

Terrains 41e Rue : le conseil de quartier imagine le futur de Lairet

Un parc ? Des infrastructures récréatives et sportives ? Des constructions immobilières ? Le récent démantèlement de la chaîne de pylônes sur la 41e Rue invite à s’interroger sur les vocations que pourraient prendre les terrains vagues situés, d’ouest en est, entre l’autoroute Laurentienne et le boulevard Henri-Bourassa. Quelque 120 000 mètres carrés auxquels le conseil de quartier de Lairet réfléchit depuis quelques années.

« C’est un dossier majeur qui va être structurant pour le quartier », estime Yan Turgeon. S’exprimant sous toutes réserves de l’acquisition des terrains par la Ville de Québec — des discussions sont projetées entre elle et le propriétaire actuel, Hydro-Québec —, le président du conseil de quartier (CQ) de Lairet voit dans cette requalification l’occasion, pour le secteur, d’améliorer la vitalité de ses artères commerciales, la qualité et l’accessibilité de ses logements, la mobilité durable et la qualité de vie.

Aussi est-ce à l’aune de ces objectifs, qui viendraient répondre à des besoins observés ou exprimés, que s’est déclinée la réflexion des membres du CQ jusqu’à présent.

D’un parc à l’autre

L’absence d’un parc de proximité pour les résidents des rues de la Sapinière-Dorion et des Lilas figure ainsi en tête de liste des manques à combler. « Ce sont les seules rues [dans Limoilou] où les gens doivent marcher plus d’un demi-kilomètre pour se rendre à un parc », fait valoir Yan Turgeon. Déjà, on cible le secteur de la rue Duval comme un lieu propice à un tel espace vert, dont l’aménagement pourrait inclure des infrastructures de loisirs et de sports.

L’idée serait d’offrir un lieu de rassemblement afin d’accommoder aussi bien les gens qui habitent Lairet depuis des générations que les nouveaux arrivants, qui sont nombreux à s’installer dans le secteur… mais aussi à le quitter rapidement, s’aperçoit-on. Si une réflexion s’impose sur les raisons de cette difficile rétention, le président postule que l’ajout d’un parc sera peut-être un pas dans la bonne direction, d’autant plus s’il s’accompagne de terrains de soccer : « S’il y a un sport qui est universel, c’est certainement le soccer. »

Un autre type de parc fait également partie des discussions au CQ de Lairet : un parc à chiens. La ville n’en compte que deux, faisant pauvre figure aux côtés de municipalités plus petites comme Gatineau et Laval qui, selon leur site Internet, en possèdent chacune six. S’il admet volontiers qu’un parc canin peut être source de nuisances pour le voisinage, ne se trouverait-il pas un terrain parmi ceux de la 41e Rue où la distance avec les maisons serait suffisante ? se demande Yan Turgeon.

Le CQ de Lairet verrait bien un parc à la hauteur de la rue Duval afin de mieux desservir les résidents du secteur.
Crédit photo: Viviane Asselin

Densifier ? Oui, mais…

Chose certaine, de l’avis de ce dernier, les lots en bordure des axes de circulation comme la 4e Avenue et la 1re Avenue constitueraient par ailleurs un choix sensé pour densifier, d’autant que le Parc-o-bus de la 1re Avenue serait appelé à disparaître dans le cadre du projet de Réseau de transport structurant. « On sait que dans Lairet, il y a une demande pour du logement adapté aux familles. »

Le président du CQ insistera toutefois : la densification ne devrait être qu’un élément parmi d’autres dans la requalification du périmètre, lequel gagnerait en fait à embrasser une multiplicité d’usages, incluant le maintien des deux jardins communautaires qui s’y trouvent. De cette façon, on s’assurerait de créer un milieu de vie dynamique ; après tout, « développer ces terrains-là [de la 41e Rue], c’est presque développer un nouveau quartier ».

Tout ce déploiement nécessiterait d’ailleurs l’ajout d’une voie cyclable sur la 41e Rue qui, à partir de l’extrémité ouest, pourrait se rendre à Maizerets. « C’est un enjeu qui va être important dans le contexte du réaménagement », juge Yan Turgeon, pour qui l’achalandage combiné à l’absence d’accotement sur la 41e Rue en fait actuellement un « milieu un peu intimidant » pour les cyclistes.

Au final, il souhaiterait en arriver à une harmonisation de la trame urbaine entre Lairet et Charlesbourg, afin d’atténuer l’effet de rupture causé par le centre d’achats, ses grands stationnements et l’autoroute. « Lairet et, de l’autre côté, Saint-Rodrigue, ce sont des quartiers qui devraient être en symbiose », appelle-t-il de ses vœux.

Le CQ de Lairet envisage une densification stratégique, ciblée aux axes de circulation comme celui de la 1re Avenue.
Crédit photo: Viviane Asselin

Population consultée

Cela dit, tous ces scénarios — et d’autres encore — demeurent pour l’heure de l’ordre de l’hypothèse. « On est plus au stade de rêver, de se projeter en avant, de regarder comment on voit le futur dans ce secteur-là », précisera Yan Turgeon, qui entend du reste consulter, le moment venu, la population du quartier pour connaître ses besoins et ses idées. La réflexion est donc appelée à se poursuivre, avec la collaboration des conseillères municipales Suzanne Verreault et Geneviève Hamelin, avec qui « le canal de communication est ouvert », se félicite le président du CQ de Lairet.

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