Une touche de vert avec la duchesse de Limoilou | 26 janvier 2018 | Article par Anne-Christine Guy

Crédit photo: Morgane Clément-Gagnon

Une touche de vert avec la duchesse de Limoilou

Sara Venegas habite dans Limoilou depuis un an. Elle aime son quartier à échelle humaine, où elle peut sortir et découvrir toujours de nouvelles choses. Elle lui souhaite aussi un avenir plus vert et ce n’est pas les idées qui lui manquent. En février, elle aura d’ailleurs l’occasion de les partager dans le cadre de la Revengeance des duchesses, à titre de duchesse de Limoilou.

Sara est arrivée au Québec pour faire une session d’études en environnement. Après une session, plutôt que de retourner en Andalousie, elle entreprend un stage, puis les choses s’enchaînent et elle décide finalement de rester au Québec. « Chaque fois que je fais quelque chose ici, je réussis, alors pourquoi partir? »

L’événement de la Revengeance l’interpelle dès les premières années. Dans un article du journal universitaire, elle voit que la Revengeance parle de l’espace public de plus en plus privatisé, des fêtes populaires qui sont de moins en moins populaires mais plus mercantiles, et aussi de la place des femmes dans la société. Séduite, il lui faudra pourtant quelques années avant qu’elle s’implique – d’abord en tant que bénévole et, enfin, comme candidate.

Tête-à-tête avec la duchesse de Limoilou

Pourquoi être duchesse, cette année?

Je me suis dit, peut-être, que c’était le temps de me lancer. Une des excuses que j’avais, c’était : qu’est-ce qu’ils vont penser au travail si je suis dans les duchesses? Au moment où l’appel est sorti, je n’avais plus d’emploi, je n’avais donc plus d’excuses. Aussi, comme une ancienne duchesse m’a dit : « Ce qu’ils vont penser, ils le pensaient sûrement déjà avant, donc ça ne va pas changer! »

Puis, j’ai trouvé des enjeux dans le quartier dont je voulais parler. Par exemple, ça peut paraître banal, mais les sacs bleus de recyclage : j’ai l’impression que les gens s’en servent pour n’importe quoi puisqu’ils ont déjà leur bac bleu. Mais si l’idée est de réduire le plastique à l’origine, et que tu donnes des sacs, des sacs, des sacs… […] Puis, avec l’affaire de l’incinérateur, je me suis dit que je pouvais faire le lien avec les sacs, l’incinérateur et aussi la qualité de l’air.

Donc tu veux surtout parler d’environnement?

En pleine séance de tricot de sac bleu
Crédit photo: Anne-Christine Guy

Oui et surtout ces temps-ci, on voit encore que les niveaux maximums de métaux dans l’air ont dépassé les niveaux réglementaires. […] Même après dix ans de surveillance de l’incinérateur, les choses ne changent pas. Alors je me demande ce qu’on peut faire pour changer.

C’est sûr que je n’ai pas la réponse, mais j’ai beaucoup de questions que je veux soulever. Est-ce qu’on peut faire mieux avec nos déchets? Est-ce que c’est possible de faire quelque chose avant que l’usine de biométhanisation soit ouverte? J’ai l’impression qu’à la Ville, c’est « non, non, non, il ne faut pas déranger le monde, c’est trop compliqué ». Mais je me dis […] qu’en Espagne, on a quatre bacs différents; au début, on se dit « oh non, c’est quoi ça? », mais on s’habitue – même ma grand-mère s’est habituée!

Puis finalement, je veux parler de différentes initiatives dans le quartier, comme Craque-Bitume, et je veux lancer des défis aux duchesses, mais je ne vais pas les dévoiler ici!

Limoilou, c’est…

Limoilou, c’est un quartier qui me rappelle beaucoup chez nous [en Andalousie]. C’est un quartier compact, multifonctionnel, vivant et il y a de la diversité. Il y a beaucoup d’initiatives citoyennes. Tout est proche […]. J’aime aussi qu’on ait accès à un morceau de nature pour décrocher : le parc ou la rivière… même si des fois, je me demande si c’est bon de pédaler à côté de l’usine à papier ou si je suis en train de m’empoisonner moi-même…

Limoilou, ce n’est surtout pas…

Limoilou n’exclut pas. Limoilou, ce n’est pas tranquille. Limoilou, ce n’est ni blanc ni noir, il y a beaucoup de gris, de choses au milieu.

As-tu un rêve pour ton quartier?

J’aimerais qu’on ait un air de qualité pour notre quartier. J’aimerais qu’on composte au lieu de brûler nos déchets, qu’on devienne conscients de la quantité de déchets qu’on produit. Quand on met ça dans un sac, on oublie, mais quand c’est nous qui devons gérer nos déchets, on se rend compte que c’est beaucoup. […]

J’aimerais aussi plus de places pour faire des concerts, et même plus d’expos.

Quelle est ta stratégie pour gagner?

Je ne sais pas… C’est juste pour rigoler et dans le fond, on ne gagne rien, seulement une couronne et la possibilité de dire « Je suis la reine! Je suis la reine! » Donc je n’ai pas de stratégie, mais j’aime bien faire rigoler. Je dis des expressions québécoises et les gens sont surpris, mais je suis une Québécoise de souche de Limoilou!

À compter du 1er février – et jusqu’au 16 février -, vous pourrez suivre la duchesse de Limoilou sur Facebook et sur le site de la Revengeance, où vous pourrez voter pour elle (ou pour la duchesse de Maizerets!). Pour un aperçu de la programmation.