Accueil favorable pour le projet qui succédera à l’église Saint-François-d’Assise | 21 novembre 2019 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: ACERO Groupe immobilier

Accueil favorable pour le projet qui succédera à l’église Saint-François-d’Assise

Lors de l’assemblée de novembre du conseil de quartier du Vieux-Limoilou, mercredi, se tenait la consultation publique sur la modification au règlement de zonage pour le projet immobilier qui succédera à l’église Saint-François-d’Assise. Le conseil de quartier a émis une recommandation favorable au projet, assortie d’une restriction : que le règlement soit modifié seulement pour le lot concerné et non la zone entière.

La modification faisant l’objet de la consultation vise notamment à transformer la zone jusqu’ici publique qui inclut le terrain de l’église en zone mixte résidentielle et commerciale (permettant les usages de restauration et de vente au détail).

Comme nous l’avait dit ACERO Groupe immobilier, son projet résidentiel mixte comprend quelque 90 unités et des espaces commerciaux au rez-de-chaussée. La hauteur de sept étages du côté de la 1re Avenue descend graduellement à quatre à l’arrière sur la rue Saint-Martial. Le projet inclut douze maisons de ville, c’est-à-dire des unités sur deux niveaux avec entrée indépendante sur rue. Un ensemble fort différent de la tour présentée il y a près d’un an.

« En février 2018, on était venus ici pour une tout autre soirée. Par contre, ça a amené quelque chose d’absolument intéressant comme collaboration. […] En 2018, on avait convaincu la Ville et on s’était convaincus, mais on n’avait pas du tout convaincu les citoyens », a dit Benoit Raymond, président de ACERO, remerciant les citoyens d’Action Limoilou et le conseil de quartier pour leur collaboration.

Patrimoine et véhicules

Outre les réactions positives à la nouvelle mouture du projet, les interventions du public ont dénoté une forte préoccupation pour le patrimoine religieux – mais aussi historique, a-t-on souligné – de l’église vouée à la démolition.

Plusieurs ont lancé des idées pour conserver et mettre en valeur des éléments patrimoniaux : exposition dans le hall du futur bâtiment pour rappeler l’histoire de l’église, aménagement créatif de fausses ruines, jardin, œuvre artistique… Il a été question de mettre à contribution la Société historique de Limoilou, le Centre communautaire Jean-Guy-Drolet, des artistes et artisans pour récupérer vitraux, croix, autel, céramique, pierres, etc. Selon Benoit Raymond, le Diocèse de Québec en a déjà récupéré beaucoup. Toutefois, le promoteur a dit avoir entendu les citoyens et vouloir essayer de récupérer les éléments possibles.

Les enjeux de stationnement et de circulation ont aussi marqué les interventions. Pour Benoit Raymond, le projet pourrait contribuer à réduire le nombre de véhicules dans le secteur, puisque des travailleurs de l’Hôpital Saint-François-d’Assise habitant d’autres arrondissements le contactent pour emménager à Limoilou. Les inquiétudes ne semblent toutefois pas limitées au projet : des résidents des rues de l’Espinay, Saint-Martial, Royal-Roussillon, notamment, disent constater déjà un non-respect des sens uniques, en plus d’un manque de places de stationnement associé aux visiteurs de l’hôpital.

Comme bien des consultations publiques sur des projets immobiliers, celle d’hier a laissé poindre des craintes liées au AirBnB, à l’abordabilité des logements, à la gentrification. À deux ou trois reprises, on a rappelé que « la Ville a incité le promoteur à avoir des logements prestigieux ». La consultation a aussi soulevé des interrogations sur la Commission d’urbanisme et de conservation et les processus d’approbation.

Suivant la recommandation du conseil de quartier du Vieux-Limoilou, le conseil d’arrondissement se prononcera le 9 décembre prochain.

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