Archéologie : retour sur l’édition 2019 des fouilles au site Anderson | 3 juillet 2019 | Article par Jean Cazes

Site Anderson. Vue en direction ouest. 19 juin 2019.

Crédit photo: Jean Cazes

Archéologie : retour sur l’édition 2019 des fouilles au site Anderson

Du 26 mai au 21 juin, le chantier-école en archéologie de l’Université Laval a poursuivi ses fouilles sur le stationnement situé à l’arrière du Tim Hortons de la 3e Avenue. Rendez-vous en 2020 pour une quatrième année!

Tel qu’il est décrit dans ce premier reportage photo en 2017, l’objectif général poursuivi par le chantier-école était de documenter les phases d’occupation du site de la demeure de la famille du marchand de bois William Hedley Anderson, érigée au milieu du XIXe siècle. L’emplacement exact de cette demeure, qui sera subdivisée en logements sous le nom Hedleylodge, avait alors été identifié du côté de la 3e Rue.

L’an dernier, outre la découverte inattendue de fortifications possiblement associées au chemin de garde de 1759, la richesse des latrines de Hedleylodge – servant à la fois de toilettes et de poubelles à cette époque – s’est révélée aux apprentis archéologues.

Un « bon cru »

Rencontré en compagnie de ses étudiants peu avant la fin des fouilles, Réginald Auger, coresponsable du chantier-école, a expliqué qu’ils se sont penchés surtout, ce printemps, sur les fameuses latrines, considérant l’intérêt porté par son groupe.

Il y avait encore un mètre de dépôts à fouiller, portant la profondeur du site jusqu’à 3 mètres. […] On a identifié tout un système de canalisations en surface, qui aboutissait dans un fossé menant à la rivière Saint-Charles, dont la grève était beaucoup plus près de la 2e Rue, à l’époque. On date la fin d’utilisation de ces latrines en 1897, au décès du locataire de la maison, le consul de l’Allemagne.

L’année 2019 aura été un « bon cru » en termes de découverte d’artefacts datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. « Surtout des céramiques, des pipes, des bouteilles », a fait remarquer Jean Desbiens, doctorant en archéologie.

C’est ce que l’on trouve le plus souvent, car ce type d’artefacts ne se détériore pas, ou très peu, dans un tel milieu humide. Ce qui n’est pas le cas pour le bois, les tissus, et même le métal. […] Les gens aiment beaucoup les petites bouteilles, comme on l’a constaté lors des portes ouvertes de dimanche. D’autant plus qu’elles sont très riches en histoires et anecdotes.

Toutes ces pièces, a-t-il ajouté, « sont nettoyées, cataloguées dans nos collections et entreposées pour la recherche ». D’autres artefacts sont traités pour des musées ou des événements.

Cela dit, Réginald Auger a confirmé que le chantier-école poursuivra l’an prochain ses travaux sur le site Anderson :

Ça vaut vraiment la peine de revenir pour une 4e édition. Les fouilles se concentreront cette fois plus près de la 2e Rue, où l’on soupçonne la présence de matériel plus ancien près de la rivière. […] En attendant, on pose des géotextiles au fond des fosses, et on les recouvre de sable pour rendre de nouveau disponible le stationnement jusqu’à notre retour.

Enfin, le professeur a tenu de nouveau à saluer la participation de plusieurs partenaires, dont la Société historique de Limoilou :

C’est la première fois qu’une société d’histoire nous suit pas à pas en nous fournissant plein d’informations. Nous en sommes très reconnaissants.

Pour en savoir plus : le Facebook du chantier-école

À surveiller : le Mois de l’archéologie 2019