Célestine et le Mois des droits de l’enfant 2019 | 7 novembre 2019 | Article par Suzie Genest

Célestine Uhde, 17 ans, étudiante au Cégep de Limoilou, agit pour une deuxième année comme co-porte-parole de la Mobilisation des porteurs des droits de l’enfant.

Crédit photo: Suzie Genest

Célestine et le Mois des droits de l’enfant 2019

Depuis dix ans, des organismes de Québec se mobilisent en novembre en reconnaissance des principes fondamentaux de la Convention internationale des droits de l’enfant. La Mobilisation compte désormais 70 Porteurs et propose, jusqu’au 1er décembre, une trentaine d’activités sous le thème « Un arbre de droits ».

La Maison des enfants de Saint-Roch, Loisirs Saint-Sacrement, Projets Bourlamaque, SEVE Formation Canada et la Parade des Jouets font partie des dix nouveaux Porteurs des droits de l’enfant dévoilés dimanche. Pour une seconde année, la Mobilisation compte sur Célestine Uhde, 17 ans, étudiante au Cégep de Limoilou, comme co-porte-parole. Fille de l’artiste Gabrielle Bouthillier (L’Orchestre d’hommes-orchestres), petite-fille de la militante Viviane Labrie, Célestine a grandi dans un milieu où elle avait accès à l’éducation, à la culture, aux arts. Très jeune, elle a réalisé l’existence des inégalités sociales, ainsi que la richesse de la diversité.

« J’ai été dans deux groupes de scouts. Un à Maizerets, où il y avait beaucoup plus de personnes dans des situations de pauvreté, les camps étaient beaucoup financés par les poches des animateurs, et les activités, de moins grande envergure. Mais c’était un groupe extrêmement soudé, on était très proches les uns des autres. L’ambiance était incroyable. Le deuxième […], c’est le groupe de Saints-Martyrs. […] Là, il y avait beaucoup plus de monde favorisé voire carrément riche. Les camps étaient de beaucoup plus grande envergure, avec beaucoup plus de moyens et de matériel, mais il y avait une sorte de froid, un moins grand accueil de la différence. […] Les gens n’acceptaient pas les réalités différentes des leurs, il y avait moins de diversité. Dans le groupe de Maizerets, il y avait du monde qui venait de partout, qui avait eu toutes sortes de passés. »

La dynamique était plus intéressante et les discussions, plus fertiles dans le groupe où on trouvait des jeunes issus de milieux moins favorisés, d’autres pays et d’autres cultures, se souvient Célestine.

« Parler avec quelqu’un qui n’a pas eu accès à tous les droits de l’enfant pendant son enfance, ça nous ouvre les yeux sur des réalités totalement folles, ça nous ouvre les yeux sur des cultures différentes. Souvent, ce sont des gens issus de l’immigration, c’est incroyable de voir leur vécu, la sagesse qui s’est développée chez ces enfants-là tout jeunes, alors qu’ils sont à l’âge de l’innocence, où ils sont supposés jouer dehors, faire des tas de feuilles… »

L’art de mobiliser

Les personnes qui ont grandi dans un milieu favorable au développement ne sont pas toutes conscientes de leur chance et des inégalités sociales qui touchent les enfants. Comment les conscientiser ? Par la mobilisation, dit Célestine.

« Je considère que pour mobiliser et toucher les gens, l’art est un moyen i-ni-mi-table! Ça peut tellement transmettre un message fort, transmettre des émotions. Tu transmets bien d’autres choses que des images, des mots, tu transmets une expérience, un mode de vie », estime la jeune porte-parole.

La programmation du Mois des droits de l’enfant, au-delà de la sensibilisation, propose plusieurs expériences artistiques culturelles aux enfants qui y ont moins accès. Parmi les activités-phares de l’édition 2019, on retrouve un Atelier participatif d’Equitas sur l’approche d’éducation basée sur les droits le 14 novembre à l’école Sacré-Cœur et une Marche soulignant la Journée internationale des droits de l’enfant le 20 novembre. Cette dernière se veut un clin d’œil à la toute première activité de la Mobilisation en 2009.

Quels sont les coups de coeur de Célestine Uhde? S’avouant « fa-sci-née par le cirque !», elle pointe l’Initiation proposée le 15 novembre à l’École de cirque et l’Atelier de création inspiré par l’exposition Errance sans retour au Musée national des beaux-arts le 17 novembre.

La programmation du Mois des droits de l’enfant 2019 rassemble une trentaine d’activités variées et gratuites, dans différents quartiers, d’ici le 1er décembre, dont certaines nécessitent une réservation. On en retrouve tous les détails sur le site ensemblepourlesenfants.wordpress.com/