<em>Diableries</em> : du milieu psychiatrique à la résilience | 11 novembre 2019 | Article par Jean Cazes

Le psychiatre Paul Jacques, Luc Vigneault, Denis April et la directrice générale du Pavois et des Éditions L’Hybride, Francine Cyr.

Crédit photo: Jean Cazes

Diableries : du milieu psychiatrique à la résilience

À la galerie Chez Alfred-Pellan, Les Éditions L’Hybride lançaient, le 6 novembre, le roman autobiographique Diableries de Denis April, où il témoigne de son vécu en milieu psychiatrique.

Natif de Limoilou, d’une famille de sept garçons, Denis April a exercé la profession d’avocat pendant 40 ans, tout en se consacrant à sa passion : l’écriture. Auteur de textes de chansons et de plusieurs récits, il a notamment écrit la nouvelle « Vingt dollars à Dieu », parue dans le recueil Clair-Obscur de la première édition du Marathon d’écriture de Québec 2015 organisé par Les Éditions l’Hybride.

Dans Diableries, Denis April raconte non seulement son passage en psychiatrie dans les années 1970-80 pour des troubles de bipolarité, mais aussi les relations qu’il entretient avec les médecins et un ami hospitalisé. De plus, l’auteur exprime avec générosité sa vision du milieu psychiatrique de Québec et explique comment il est devenu résilient.

« On a besoin de gens comme vous pour en parler »

Denis April
Crédit photo: Jean Cazes

« J’ai écrit un roman très personnel pour éclairer la vie de personnes atteintes, comme moi, d’un terrible mal », a souligné Denis April en présentant son livre.

« Dans mon cas, ça pris une vingtaine de psychoses pour trouver la paix. Mon roman s’adresse à tout le monde, pas seulement au milieu psychiatrique, pour appeler à la compréhension de cette maladie invisible qui touche tous les aspects de la vie. »

Denis April a partagé sa profonde reconnaissance à l’égard des membres de sa famille, pour leur compréhension en lui offrant un hébergement lors des situations de crises qui auraient pu mettre sa vie en péril. L’auteur a remercié Rémi Clark, l’illustrateur de la page couverture du roman, un cousin germain admiré pour son talent de peintre.

Paul Jacques
Crédit photo: Jean Cazes

Puis, Paul Jacques, le psychiatre de l’auteur, a livré un long témoignage empreint d’humilité et d’émotions:

« J’ai le goût de m’adresser avant tout à l’auteur. Quand je pense à nos rencontres, moi, ce que je retiens, c’est votre sens de l’humour. Une chose qui transparaît dans votre livre, c’est la justesse des mots quand on parle de symptômes, de concepts qui sont flous. Même moi, ça m’aide à comprendre ce qui se passe. Vous avez été témoin de l’évolution du réseau de psychiatrie, c’est une histoire à découvrir. Comme intervenant dans le domaine de la santé mentale, je reçois le livre d’une personne qui a passé au travers des dédales du système. […] Ça m’a porté à réfléchir sur notre manière d’interagir. […] C’est un récit très touchant qui parle de quelque chose de pas banal, avec toute la souffrance qui vient avec, où l’on devine votre désir, avec une pointe d’humour, de faire comprendre votre vécu. Ça prend une grande humilité pour se dévoiler ainsi. […] Comme Luc [Vigneault], vous réincarnez la résilience, et on a besoin de gens comme vous pour en parler ».

Luc Vigneault
Crédit photo: Jean Cazes

Mieux connu du grand public depuis son passage, en 2013, à Tout le monde en parle, Luc Vigneault, engagé auprès de diverses organisations venant en aide aux personnes souffrant de maladies mentales, s’est exprimé avec son rire contagieux :

« Comme Denis, j’ai une maladie mentale. Denis m’a dit que je suis devenu son frère aidant, et on fait ensemble nos « séances de thérapies » ! Quand j’ai lu ton livre, ça m’a fait rire. Comme dans une pièce de théâtre, je voyais les personnages, puisque j’ai aussi été hospitalisé avant de travailler à Robert-Giffard. […] Des histoires comme celle de Denis April, ça devrait être lu partout, pour savoir ce qui se passe à l’intérieur des murs. […] On parle beaucoup de changer le système, on y arrive petit pas par petit pas. En psychiatrie, l’élément majeur, c’est le lien de confiance. Et pour l’obtenir, il faut que tu vois la même personne : on souhaite, dans le prochain plan d’action, qu’ils vont le comprendre…  ».

Diableries est disponible au coût de 20 $ au Pavois, l’organisme derrière Les Éditions L’Hybride.

À lire aussi : Les Éditions L’Hybride : la vie sur papier.

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