Déclin commercial de la 1re Avenue : 2- D’une route de campagne à une voie de tramway | 4 août 2020 | Article par Réjean Lemoine

Le pont Dorchester vers 1900, bien après son déplacement à la hauteur de la 3e Avenue. Vue en direction SE.

Déclin commercial de la 1re Avenue : 2- D’une route de campagne à une voie de tramway

Monlimoilou réactualise les articles de l’historien Réjean Lemoine qui ont particulièrement retenu l’attention de 2010 à 2014. Dans ce deuxième d’une série de quatre textes, il retrace l’évolution de la 1re Avenue, aujourd’hui revitalisée au profit du développement résidentiel.

Un changement radical couronné par la fusion de Limoilou avec Québec en 1909

À la fin du XVIIIe siècle, la croissance de Québec exige une amélioration des voies de communications entre la ville et la banlieue.

Des entrepreneurs anglophones demandent par pétition à la Législature en 1789 le droit de construire un premier pont sur la rivière Saint-Charles. Le pont Dorchester est une structure en bois de 700 pieds qui permet aux cultivateurs de Charlesbourg et de Beauport, à la hauteur de l’actuel pont Drouin, d’avoir accès à la ville. Mais ce pont est à péage.

En 1819, à la suite de nouvelles pétitions affirmant que le pont Dorchester est situé trop loin de Québec, de nouveaux entrepreneurs, Charles Smith et Anthony Anderson, le font déplacer à la hauteur des actuelles 3e Avenue et rue du Pont. Ils vont exploiter ce pont à péage jusqu’en 1849. Celui-ci restera à péage jusqu’à son acquisition par la Ville de Québec en 1910.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le chemin de Charlesbourg demeure une vieille route de campagne. Dès la sortie du pont Dorchester, en provenance de Québec, on se retrouve en effet en pleine campagne. La ferme Hedley Lodge d’Anthony Anderson couvre la totalité de l’actuel quartier Limoilou jusqu’à la 18e Rue. Et la ferme de Charles Smith est située sur le territoire du futur parc Cartier-Brébeuf et de la paroisse Stadacona. Le long de la 1re Avenue, on peut admirer les belles villas de George Parke et de James Ross, ainsi que les maisons de campagne des familles O’Donnell et Brown, tous des propriétaires anglophones qui ont racheté les terres des Jésuites.

À partir de la décennie 1890, la situation change radicalement avec la fondation de la paroisse Saint-Charles de Limoilou et de la municipalité. Les terres agricoles des anglophones sont vendues à des spéculateurs fonciers et des promoteurs immobiliers francophones comme Eugène Lamontagne et Eugène Leclerc, qui lancent le développement de Limoilou.

En 1906, la Quebec Land Co rachète la terre des héritiers Anderson dans le but de construire un nouveau quartier de banlieue moderne et à l’américaine avec des rues, des avenues et des ruelles. Le chemin de Charlesbourg devient alors la 1re Avenue dans ce nouveau quartier. La fusion de Limoilou avec Québec concrétisée en 1909, on assiste non seulement à la fin du pont à péage et la construction d’un nouveau en fer, mais aussi à l’arrivée d’une ligne de tramway sur la 1re Avenue et à la fondation d’un hôpital moderne en 1914 : Saint-François-d’Assise.

La 1re Avenue est vouée à devenir la plus belle artère de la Basse-Ville.

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Ne manquez pas la suite de la série historique Déclin commercial de la 1re Avenue :
3- Croissance du réseau routier et marginalisation de l’artère
4- Une nouvelle vocation résidentielle

Retrouvez le premier texte de la série :
1- Origines de l’ancien chemin de Charlesbourg