Une histoire du Colisée de Québec : 2- Construire un amphithéâtre en six mois | 8 novembre 2020 | Article par Réjean Lemoine

La construction du Colisée de Québec en 1949.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Une histoire du Colisée de Québec : 2- Construire un amphithéâtre en six mois

Monlimoilou réactualise les articles de l’historien Réjean Lemoine qui ont particulièrement retenu l’attention de 2010 à 2014. Dans ce second texte d’une série de trois, il explique pourquoi et comment l’administration municipale a agi illico pour doter Québec d’un nouvel aréna à la hauteur de sa réputation de « ville de hockey ».

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Reconstruction confirmée dès le lendemain du sinistre

Québec est une ville de hockey. Le triomphe de Joe Malone et des Bulldogs de Québec qui remportent deux coupes Stanley en 1912 et 1913 a entre autres profondément marqué la mémoire collective.

À la suite de l’incendie du Pavillon de la jeunesse le 15 mars 1949, les Québécois se retrouvent avec deux bonnes équipes de hockey : les As et les Citadelles, mais sans amphithéâtre. Le lendemain du sinistre, le maire de Québec, Lucien Borne, affirme que le Colisée sera reconstruit dans les plus brefs délais.

Dès le 8 avril est présentée une première maquette du nouvel amphithéâtre. L’administration municipale lance le 20 avril des appels d’offres pour la charpente et le toit en béton armé. Un mois plus tard, un contrat de 2,1 M $ est octroyé à la firme d’Adélard Deslauriers pour les structures en béton et acier.

Première pelletée de terre du Colisée de Québec, le 23 mai 1949. Lucien Borne est celui qui tient la pelle, il est entouré des conseillers municipaux.
Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Durant l’été 1949, les ouvriers réalisent les fondations sur pilotis en béton et la structure d’acier du fameux toit en forme demi-circulaire. Le nouveau Colisée sera finalement inauguré en décembre, sans que les bancs soient encore installés…

Financement assuré par la Ville

Trois raisons expliquent la rapidité avec laquelle s’est construit le nouvel amphithéâtre. D’abord, il faut souligner la volonté politique du maire Borne qui veut agir rapidement. De plus, l’arrivée d’un joueur étoile avec les Citadelles, Jean Béliveau, ajoute à la pression. Mais surtout, la Ville de Québec a les reins financiers suffisamment solides pour soutenir ce projet réalisé au coût final de 4 M $.

À l’époque, Québec reçoit en ristourne une partie de la taxe de vente provinciale en plus des taxes foncières. Cette ristourne représente plus du quart des revenus de la ville. Le maire est donc capable, seul, de financer l’investissement tout en tenant compte des revenus à venir. La Ville récoltait l’ensemble des revenus provenant du Colisée et en faisait une opération rentable. Par exemple, la radiodiffusion des matchs locaux par les stations CKCV et CHRC rapportait à chaque joute 75 $.

Ne manquez pas la fin de la série historique Une histoire du Colisée de Québec :
3- L’inauguration du nouveau Colisée

Retrouvez le premier texte de la série : 1- L’incendie du petit Colisée en 1949

Du même auteur, d’une série précédente : L’Externat classique Saint-Jean Eudes.