Le conseil de quartier du Vieux-Limoilou invite la Ville de Québec à retirer son appui à Laurentia

Lors de son assemblée du 18 novembre 2020, le conseil de quartier du Vieux-Limoilou a demandé, par voie de résolution, à la Ville de Québec de retirer son appui au projet Laurentia, porté par l’Administration portuaire de Québec, dans la foulée de la publication de la version provisoire du rapport d’évaluation environnementale du projet par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada.

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En effet, dans le cadre de l’évaluation environnementale du projet Laurentia, quai en eau profonde dans le port de Québec – Secteur Beauport, l’Agence d’évaluation d’impact du Canada a publié la version provisoire du rapport d’évaluation environnementale du projet et des conditions potentielles. L’Agence mènera une période de consultation du 16 novembre au 16 décembre 2020 auprès du public général et des Premières Nations sur les faits qui ont été présentés dans le rapport provisoire.

Suite à la révision des documents publiés par les différents experts pour ce qui est des principaux enjeux qui auront un impact direct sur la santé et la qualité de vie de la population des quartiers avoisinant la zone concernée par le projet, le conseil de quartier du Vieux-Limoilou a adopté une résolution manifestant son opposition au projet, et demandant à la Ville de Québec de lui retirer son appui.

Parmi les préoccupations évoquées dans la résolution adoptée en assemblée publique le 18 novembre :

  • Il a été reconnu, par les autorités évaluatrices du projet Laurentia, que le Vieux-Limoilou ainsi que d’autres quartiers situés à proximité du Port de Québec sont déjà exposés à des concentrations de contaminants de l’air qui dépassent les limites établies par les normes et règlements en matière de qualité de l’air : concentration de nickel, de particules fines (PM2,5) et de dioxyde d’azote.
  • Malgré les mesures d’atténuation prévues par le promoteur, le projet Laurentia dans son étape de construction dépassera largement les concentrations maximales permissibles de particules totales (PMT), du dioxyde d’azote et du formaldéhyde au-delà des normes ou critères applicables, sans compter que celui-ci contribuera également au dépassement des concentrations de particules fines (PM2,5) et de nickel.
  • Pendant sa phase d’exploitation, le projet émettra du dioxyde d’azote et de l’acétaldéhyde au-delà des normes ou critères applicables, tout en contribuant aux dépassements tant pour les particules totales (PMT), les particules fines (PM2,5) que le nickel dans l’air.
  • Des études épidémiologiques indiquent qu’il existe un lien de causalité entre l’exposition à court terme au NO2 et la morbidité associée à l’asthme, ce qui représente un risque accru d’hospitalisation et de visite aux salles d’urgence, et qu’une exposition prolongée à des concentrations élevées de NO2 peut, pour sa part, contribuer au développement de l’asthme ou à augmenter la susceptibilité aux infections respiratoires – les enfants et les personnes âgées étant les groupes les plus à risque.
  • Les particules fines, ayant moins de 10 microns de diamètre, peuvent se loger aux poumons et elles représentent un facteur de risque important pour les enfants asthmatiques, les aînés et les personnes avec des troubles respiratoires ou cardiaques.
  • Une exposition à des concentrations de nickel élevées peut favoriser l’apparition d’allergies ou d’asthme.
  • Pour la phase d’exploitation, le promoteur ne prévoit pas de mesures d’atténuation autres que celles appliquées pour les opérations actuelles du Port de Québec.
  • Le programme de surveillance proposé par le promoteur dans son document sur l’air ambiant ne concerne que la phase de construction, et l’Administration portuaire de Québec n’a pas un plan de suivi et de gestion des émissions atmosphériques.
  • Même si le promoteur du projet a indiqué qu’il mettrait en place des mesures visant à sensibiliser et inciter les camionneurs à emprunter des trajets alternatifs afin d’éviter le transit de camions dans les zones résidentielles, cette approche proposée ne peut pas être considérée comme une garantie de succès pour la population des quartiers qui seront touchés par le projet pendant la construction et l’exploitation.
  • Le projet Laurentia pourrait générer une augmentation de nuisances sonores.
  • L’impact économique évoqué par l’Administration portuaire de Québec est incertain : dans la phase d’exploitation, c’est 500 à 1000 emplois directs et indirects qui sont évoqués, ce qui ne justifie pas le niveau de dégradation de la qualité de l’air et de la qualité de vie de la population, dans un contexte où l’impact économique pourrait aussi être estimé selon une potentielle augmentation des maladies respiratoires et des cas d’hospitalisation, liées à la contribution du projet Laurentia au portrait lié à la qualité de l’air déjà existant dans le quartier – et cela, sans compter les conséquences sur l’environnement naturel liés, notamment, à l’emplacement du projet.
  • Le taux de chômage dans la région de la Capitale-Nationale, selon les statistiques datant d’avant la situation relative à la COVID-19, se situait à 3,1 % au troisième trimestre de 2019, et au troisième trimestre de 2020, en pleine crise relative à la COVID-19, ce taux se situait à 5 %, ces emplois à fort impact sur la santé et l’environnement viendraient s’insérer dans un contexte se rapprochant du plein emploi, et pourraient venir s’ajouter à une situation de pénurie déjà bien ressentie dans la région.
  • Laurentia viendra, tant par sa construction que son opération, exacerber et accentuer des problématiques environnementales ressenties dans le Vieux-Limoilou, plutôt que de les atténuer.

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