Regards sur la nature limouloise (5) : le pacifique porc-épic | 31 octobre 2020 | Article par Jean Cazes

Un porc-épic se baladant cet été dans le secteur Maizerets…

Crédit photo: Judith Letarte

Regards sur la nature limouloise (5) : le pacifique porc-épic

Le cinquième de cette série d’articles présente cette fois un mammifère quelque peu exotique qu’on a intérêt à mieux connaître comme « voisin », puisqu’à l’exemple du raton laveur ou de la moufette, le porc-épic semble lui aussi plutôt se plaire en milieu urbain.

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Un porc-épic dans Lairet. Mars 2020.
Crédit photo: Marie-Ève Tremblay

Sur les médias sociaux, ces derniers mois, plusieurs Limoulois ont signalé la présence de porcs-épics en différents coins de leur quartier; des observations manifestement en hausse depuis quelques années.

Le 20 mars sur le Facebook Lairet, notre quartier de Limoilou, Marie-Ève Tremblay a d’abord attiré notre attention sur ce « porc-épic qui dort perché dans l’érable situé sur l’avenue des Cerisiers entre des Chênes Ouest et des Bouleaux Ouest ». Dans Limoilou, notre quartier, le meilleur de tous!, Judith Letarte a partagé la photo d’en-tête de cet article. Autre exemple, Cathy Duchesne a immortalisé l’animal en août au coin des rues d’Espinay et Cadillac. Dominique Crête, pour sa part, en a observé un tout près du IGA Pierre Jobidon.

Un solitaire qui a du piquant…

Le porc-épic américain (Erethizon dorsatum), dont l’aire de répartition couvre l’ensemble du territoire québécois à l’exception de la pointe de l’Ungava.
Crédit photo: Faune et flore du pays - Brian J.-Klein

« Chez les rongeurs du Canada, le porc-épic se classe deuxième pour sa taille, tout de suite après le castor [pour une longueur atteignant jusqu’à un mètre]. Les mâles adultes atteignent un poids moyen de 5,5 kg après 6 ans », souligne-t-on dans sa fiche descriptive du site Faune et flore du pays. « Lorsqu’il se tient en boule tout en haut d’un arbre, on pourrait prendre le porc-épic pour un nid d’écureuil ou de corneille, mais, près du sol, il se reconnaît aisément. » Étant myope et lent dans sa démarche, le porc-épic est donc facile à approcher – avec une certaine prudence – une fois repéré.

Près du parc Cartier-Brébeuf. Août 2020.
Crédit photo: Cathy Duchaine

Cet animal est avant tout célèbre pour son armure de quelque 30 000 piquants dissimulés sous son pelage laineux qui se dressent jusqu’à 12,5 cm pour éloigner la plupart de ses ennemis : des « armes » remplacés au fur et à mesure de leur perte. Se sentant en danger au sol, il gagne normalement l’abri le plus proche sous une cavité ou en grimpant dans un arbre. Mais si on l’en empêche ?

« Tous les piquants dressés, le porc-épic pivotera sur ses pattes de devant et fera dos à l’ennemi. Tandis qu’il se retourne en piétinant de ses pattes de derrière, il le menacera en fouettant l’air de sa queue. La vitesse acquise de la queue peut détacher des piquants déjà ébranlés, qui fendront l’air comme s’ils avaient été projetés. »

Les porcs-épics se reproduisent dès l’âge d’un an, autour de septembre. La naissance a lieu tôt au printemps. « L’unique petit (il n’y a presque jamais de jumeaux) peut naître sur un tas de pierres, sous une souche ou sous un amas de branchages ». Celui-ci quitte sa tanière l’automne venu. Presque toute l’année, les porcs-épics vivent en solitaire, ne se rassemblant qu’en hiver pour s’abriter ou se nourrir à proximité de leur tanière. Le reste du temps, c’est surtout la nuit que l’animal s’affaire, en cherchant souvent sa nourriture jusqu’à une distance de 1,5 km.

Petits péchés pardonnés pour un gentil végétarien ?

Au voisinage du IGA. Août 2020.
Crédit photo: Dominique Crête

Considérant le succès de la renaturalisation des berges de la Saint-Charles, sa proximité pourrait-elle expliquer – comme pour d’autres « bestioles sauvages » –, la présence accrue en Basse-Ville du porc-épic, une espèce qui s’ajoute aux 43 mammifères aujourd’hui recensées dans le bassin de la rivière?

Dans son habitat naturel, le porc-épic se nourrit de feuilles de plantes et d’arbustes, de glands à l’automne, sa préférence étant l’écorce interne d’arbres. Cela expliquerait pourquoi « une des habitudes alimentaires du porc-épic les mieux connues et les moins appréciées consiste à mâcher le bois et le cuir qu’il trouve dans les camps forestiers et aux alentours », rapporte-t-on dans Faune et flore du pays. Reste à savoir si ce problème peut être transposé en ville, où il faut le dire, considérant son régime végétarien, le porc-épic s’attaque occasionnellement aux jardins.

Mais comme le souligne la Ville de Québec, qui a tout de même inclus le porc-épic dans sa liste d’« animaux indésirables », « il n’est souvent que de passage et les petits désagréments qu’il occasionne ne justifient pas de le déplacer ». Si bien qu’avant d’envisager sa capture, certaines actions peuvent être posées, comme tout simplement tolérer sa présence pour un certain temps…

Vous aussi, avez déjà observé un ou des porcs-épics près de chez vous? Vous désirez nous partager des photos de l’animal? N’hésitez pas à le faire sur notre page Facebook!

Lire l’article précédent de cette série : Regards sur la nature limouloise : l’écureuil, aussi apprécié que mal-aimé.