Limoilou dans les années 1970 (49) : la tabagie Veilleux, coin 1re Avenue et rue Hamilton | 21 mars 2021 | Article par Jean Cazes

La 1re Avenue dans le secteur Lairet en 1978.

Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

Limoilou dans les années 1970 (49) : la tabagie Veilleux, coin 1re Avenue et rue Hamilton

La série « Limoilou dans les années 1970 » revisite le passé du quartier à travers des images d’archives tirées de diverses sources.

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Immortalisée en 1978, la photo à la une provient d’une diapositive représentant la 1re Avenue, angle Hamilton vers le nord. On y voit la tabagie Veilleux (description des Archives de la Ville de Québec).

La scène comparative dans la galerie en fin d’article date du 16 mars 2021. Le salon de coiffure Umano occupe aujourd’hui l’ancienne adresse de la tabagie

« Les cheveux en brosse et un énorme cigare »

Nous avons lancé un nouvel appel à tous auprès des membres du groupe Facebook Retour vers le passé (ville de Québec), cette fois pour en apprendre davantage sur la tabagie Veilleux.

Parmi tous les commentaires reçus, on retient notamment celui de Denys Hawey, l’auteur D’Irlande, de Limoilou et d’ailleurs, ouvrage ayant fait l’objet d’un précédent article :

« Mon père empruntait la rue Hamilton pour aller sur la 3e Avenue en direction de son bureau dans le quartier latin. Il arrêtait à la tabagie Veilleux pour acheter son cigare quotidien. [Pierre Veilleux], qui tenait boutique, avait les cheveux en brosse et un énorme cigare qu’il maintenait en bouche, même en parlant. Ça m’impressionnait. »

Denis Verret renchérit :

« Il y avait son frère costaud, chauve, qui avait toujours un cigare à la bouche et qui blaguait toujours avec nous les jeunes, mais toujours un peu avec sarcasme. C’était une tabagie cool. Eh oui, sur des Alliés, on était toujours dans nos p’tits souliers. On se sentait mieux à la tabagie Veilleux. Je demeurais aussi sur la 19e Rue. Mon ami Daniel Veilleux était le fils. J’ai compris cela seulement à 16 ans, en allant chez Daniel et en rencontrant son père. »

Pour sa part, le souvenir de Chantal Hudon remonte à l’âge d’environ six ans, dans les années 1980 :

« Je ne sais plus si c’était une revue ou un livre à colorier que j’ai tenté de replacer seule dans le présentoir pendant que ma tante achetait des billets d’autobus mais bref, ça passé tout droit, et j’ai quelque peu amoché le facing de la vitrine. »

Enfin, le frère de Réjeanne Coutu a travaillé dans la tabagie de son enfance. « Ça été vendu ensuite, et ça tout gâché le plaisir d’aller à cet endroit », déplore-t-elle.

Pour l’anecdote, Marcel Bouchard nous relaie l’article ci-haut du journal Le Soleil du 10 septembre 1985 évoquant un vol commis à la tabagie.

Un peu de toponymie

C’est en 1921 que la rue Hamilton a été dénominée en mémoire d’un entrepreneur. Comme souligné dans la section Toponymie du site de la Ville de Québec :

« Lorne Hamilton est l’un des actionnaires de la Quebec Land, une compagnie de promoteurs immobiliers de Montréal à qui appartiennent, au début du 20e siècle, les terrains de cette partie de Limoilou. »

La Quebec Land Co, faut-il le rappeler, est le principal développeur du quartier de « banlieue moderne à l’américaine » d’époque que sera Limoilou avec ses ruelles, rues et avenues numérotées.

Archives de la Ville de Québec

À l’exemple de la photo en entête, les images archivées de la Ville de Québec sont accessibles en ligne. On peut en faire la diffusion sans licence et sans frais en utilisant les vignettes estampées au logo de la Ville et en citant correctement les sources.

Monlimoilou remercie tous ceux et celles qui ont contribué à enrichir cet article. Vous aussi, avez des souvenirs ou des informations à nous partager sur la tabagie Veilleux? N’hésitez pas à le faire sur notre page Facebook!

Voir la capsule précédente de la série : Limoilou dans les années 1970 : Moffet, coin Wilfrid-Hamel et Eugène-Lamontagne.
À lire aussi : Déclin commercial de la 1re Avenue : 4 – Une nouvelle vocation résidentielle.