La villa Ringfield : bien culturel de Québec à valoriser | 18 mars 2021 | Article par Jean Cazes

La villa Ringfield, peu après l’installation de la plaque commémorative de la Société historique de Limoilou. 7 juillet 2014.

Crédit photo: Jean Cazes

La villa Ringfield : bien culturel de Québec à valoriser

L’avenir de la villa Ringfield était le principal point à l’ordre du jour du conseil de quartier du Vieux-Limoilou (CQVL) mercredi soir, qui a adopté une résolution concernant sa valeur patrimoniale. Cette séance a été l’occasion d’en connaître davantage sur ce joyau du patrimoine limoulois situé en retrait du 1185 avenue La Sarre, en attente d’être restauré.

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En mode virtuel Zoom, les membres du CQVL, la conseillère municipale Suzanne Verreault et quelques citoyens ont assisté aux présentations de Jean Drolet, directeur du Centre communautaire Jean-Guy Drolet (CCJGD), et de Daniel Papillon, président de la Société historique de Limoilou (SHL).

La présentation s’appuyait principalement sur l’étude La villa Ringfield : l’histoire patrimoniale et la valeur architecturale (2007) de l’historien Paul Trépanier, qui avait été mandaté par la Ville de Québec. Ce rapport avait mené à la reconnaissance d’une valeur patrimoniale au bâtiment qu’occupe aujourd’hui le centre de jour.

Dans sa résolution, enrichie d’informations tirées du rapport Trépanier, le CQVL recommande à la Ville de Québec de citer la villa Ringfield comme bien culturel, tel que le lui permet la Loi sur le patrimoine bâti du ministère de la Culture et des Communications du Québec. La résolution a été adoptée à l’unanimité.

Petite histoire de la villa Ringfield et des démarches pour sa mise en valeur

Construite en 1840, la villa Ringfield est l’une des quatre plus anciennes villas sur le territoire de la ville, et la seule dans la Basse-Ville, comme le souligne le rapport Trépanier. Conçue par l’architecte britannique Frederick Hacker, c’est l’un des plus vieux exemples de villa néoclassique à Québec. Elle est d’ailleurs mentionnée dans le Répertoire du patrimoine bâti de la Ville de Québec.

La villa Ringfield est aussi l’un des derniers vestiges de la période de la construction navale sur la rivière Saint-Charles. Son premier occupant, Georges Holmes Parke, étant propriétaire d’un de ces chantiers navals parmi les plus importants à l’époque en Amérique du Nord. « Il s’agit également du deuxième bâtiment le plus vieux de Limoilou après Maizerets », comme l’a souligné Daniel Papillon :

« Le nom de la villa réfère aussi à un vaste domaine disparu, qui avait une entrée sur la 1re Avenue. […] La villa a déjà été le premier hôpital du quartier, puis une école, une maison de chambres et plus tard, un entrepôt de boites de carton. Elle a donc perdu tout son charme, depuis. »

En 2002, la Ville de Québec avait manifesté sa volonté d’appuyer le CCJGD lors de l’acquisition de la villa Ringfield par l’organisme. Une aide financière ponctuelle a permis de consolider le bâtiment.

« La villa Ringfield n’est pas abandonnée. Elle est utilisée pour les activités d’un centre de jour, et c’est une annexe du CJGD pour des réunions, des conférences ou les ateliers de théâtre que l’on donne », tenait à préciser Jean Drolet.

Depuis, grâce en particulier au soutien de la SHL et de ses bénévoles, le centre communautaire a poursuivi sa mission de voir la villa restaurée et valorisée. C’est ainsi qu’en 2019, l’organisme a commandé à ABCP Architecture un « carnet de santé » de la villa Ringfield. Jugeant le bâtiment plutôt en bon état, la firme avait alors recommandé une phase majeure de restauration et réhabilitation afin d’en assurer sa pérennisation.

Rendre accessible l’étage de la villa, pour qu’il puisse éventuellement accueillir l’actuel centre d’archives de la SHL, est l’un des vœux qu’a exprimés Jean Drolet. Le directeur a de plus évoqué la remise en état de la toiture d’époque en acier du bâtiment et le retrait de son revêtement de vinyle, dans un programme de restauration qui pourrait s’effectuer par étape.

Appui sans équivoque du conseil de quartier du Vieux-Limoilou

La résolution adoptée mercredi soulignait également que le CQVL a depuis des années à cœur la préservation et la valorisation du patrimoine du quartier, conscient que les citoyennes et citoyens du secteur se désolent de la perte de l’église Saint-François-d’Assise. Le conseil estime nécessaire de reconnaître la valeur patrimoniale de la villa Ringfield et de soutenir les démarches d’organismes, à l’exemple du Centre Jean-Guy Drolet et de la Société historique de Limoilou, pour la restaurer et la réhabiliter. Ceux-ci pourront donc compter sur l’appui du conseil de quartier du Vieux-Limoilou pour d’autres démarches liées à la citation du bâtiment comme bien culturel ou à la recherche de financement.

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