Dévorer des kilomètres, de Natashquan à Limoilou

Gilles Vigneault à la salle Sylvain-LelièvreLorsque Gilles Vigneault a foulé la scène de la Salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou, je me suis surprise à l’accueillir avec un sourire béat. Surprise, parce que sa notoriété est telle que, sans même l’avoir jamais vu en spectacle, j’avais l’impression de le connaître depuis toujours; cette familiarité me laissait nonchalamment anticiper un événement de routine. Mais sourire béat, enfin, en réalisant que se tenait devant moi une incarnation vivante de l’imaginaire culturel québécois. Cela, le public l’avait visiblement compris avant moi : les applaudissements fusèrent avec enthousiasme pour celui qui venait nous offrir chansons, récits et steppettes, comme Vigneault le dit lui-même.Gilles Vigneault à la salle Sylvain-Lelièvre« Chemin faisant / Le temps qui passe / A pris la place / De mes seize ans / Mon pas plus lent / N’est pas moins leste / Mais plus modeste. » Qu’à cela ne tienne : la foule, complice, était au rendez-vous pour l’accompagner et l’encourager dans ses ritournelles. « Je n’ai pas cessé de t’aimer », chantèrent-ils tous en chœur, avant d’entamer, plus tard, une « danse à Saint-Dilon » en compagnie de « Jack Monoloy ». L’auteur-compositeur nous révéla au passage le secret de sa longévité : « Hiver comme été / Tout me recommence / Au fond d’un silence / Je trouve à chanter ». Que ce soit son Natashquan natal (C’est à Natashquan), le temps (Dévorer des kilomètres) ou l’environnement (Lucas, écolo), il trouva matière à chanter, en effet, et d’une voix toujours aussi juste.Personne ne fut donc malheureux, contrairement à ce que soutint en chanson Vigneault, lequel eut même droit à deux ovations debout. L’artiste ne manqua pas par ailleurs de payer ses respects à l’hôte de la soirée. « Salut, Sylvain! », a-t-il lancé d’entrée de jeu, reprenant le titre de l’hommage annuel dont le nouveau festival, Limoilou m’en chante, se veut le prolongement. Un événement qui devrait faire long feu, selon le souhait de Pierre Jobin, premier agent artistique de Sylvain Lelièvre (1943-2002) et initiateur du projet dans le cadre des Productions Aux oiseaux de passage.À ceux qui étaient présents ou qui, tout simplement, aiment Gilles Vigneault, je vous invite à partager ici souvenirs, anecdotes ou moments forts de la soirée du 29 septembre dernier.[ À lire aussi : Limoilou m’en chante ]