Gaz Bar Blues : « C’est pas parfait, mais c’est la vie »

Ciné-club Spirafilm
Photo : Marie-Josée Marcotte. De gauche à droite : Louis Grou, directeur des Affaires étudiantes et communautaires (Cégep Limoilou), Catherine Benoit, directrice générale (Spirafilm), Louis Bélanger, cinéaste, Maxime Dumontier, acteur, Virginie Lavallée-Bélanger, directrice artistique (Spirafilm), Julie Laroche, conseillère à la vie étudiante/socioculturel (Cégep Limoilou).

Ma première vision du monde, c’est celle de ces femmes qui oubliaient que j’étais là et qui disaient des choses qu’elles n’auraient jamais dites si elles avaient su que j’écoutais (Michel Tremblay, entrevue avec Christian Rioux, L’actualité, 15 mai 1992). »

Louis Bélanger s’en défend bien : il n’a pas le génie de Michel Tremblay. Pourtant, Gaz Bar Blues n’est pas né autrement que les Chroniques du Plateau Mont-Royal : du souvenir des conversations captées depuis sa cachette à la station-service de son père, dans un quartier défavorisé de Limoilou. « C’est pas parfait, mais c’est la vie », répond-il aux critiques qui en ont contre les travers des personnages de sa jeunesse portés à l’écran. Cela dit, si l’enfance de l’écrivain fut peuplée de bonnes femmes, celle du réalisateur se déroula dans un univers exclusivement masculin. Pour un peu, on pourrait imaginer que ces hommes qui traînent au Gaz Bar retrouvent, en rentrant à la maison, ces maîtresses de maison décrites dans les Chroniques. Car, comme s’excuse Bélanger, un peu gêné, il a été élevé suivant une division sexuelle des tâches : les gars au Gaz Bar, les filles à la cuisine.Ces déclarations, le réalisateur les a tenues à la suite de la projection de son long-métrage Gaz Bar Blues, le 13 septembre dernier. Un bon coup pour Spirafilm, qui accueillait ainsi un ancien diplômé du Cégep Limoilou pour inaugurer son Ciné-Club à la salle Sylvain-Lelièvre, dans une formule misant sur la rencontre entre les artisans du milieu du cinéma et le public. Devant une centaine de personnes, Bélanger a répondu avec humour et générosité aux questions, qui portaient tantôt sur les parts de vérité et de fiction de son film, tantôt sur ses souvenirs de tournage. Il a en outre vanté les mérites de Maxime Dumontier qui l’accompagnait, et dont le rôle d’Alain dans Gaz Bar Blues a lancé sa jeune carrière d’acteur. On ne peut qu’espérer que la présence de Louis Bélanger au lancement du Ciné-Club garantisse à celui-ci un succès égal.Au programme du 4 octobre prochain : le court-métrage Jacquot (Richard Lacombe), qui met en scène un homme englué dans ses habitudes. Suivra le documentaire Asiemut (Mélanie Carrier et Olivier Higgins), qui retrace le voyage en vélo en Asie des deux réalisateurs, lesquels seront présents pour répondre aux questions.[ À lire aussi : Limoilou origine du monde ] [ Programmation complète du Ciné-club ]