Un festival qui a enchanté Limoilou

Source : Albert Weber, Les Oiseaux de passage.Émotion, fraternité, qualité du répertoire : c’est autour de ces trois repères que s’est affirmé la première édition du festival Limoilou m’en chante lancé par Pierre Jobin cette année. Et plus précisément dans son cher quartier de Limoilou.Cet événement a réuni un millier de personnes au fil des soirées dans la salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou : un festival enraciné dans la vie d’un quartier, et cependant ouvert sur une éclatante francophonie.En témoignait la programmation offerte aussi bien sur la grande scène qu’un peu plus tard en soirée, dans une formule cabaret aux couleurs des plus variées, entre accents malgaches avec les convaincants Erick Manana et Dina Rakotomanga, refrains québécois avec Caroline Desbiens, chanson francophone des deux rives de l’Atlantique avec Denis Petermann… Mention spéciale à Jehan qui a donné des frissons à l’assistance en prenant le public par la main pour un voyage poétique du côté de Bernard Dimey.A la veille de ce cabaret, Jehan avait conquis la salle Sylvain-Lelièvre en compagnie de l’intense Anne-Marie Gélinas et du fougueux Stephen Faulkner. Une formule audacieuse où les trois artistes à fleur de peau ne se sont pas contentés d’offrir leur propre répertoire.Fraternité encore avec le superbe hommage rendu par Danielle Oddera à Sylvain Lelièvre, accompagnée par cinq musiciens dont Léon Bernier, compagnon de scène de l’artiste de Limoilou. En englobant l’hommage annuel à Sylvain dans ce premier festival, Pierre Jobin a sans aucun doute offert un superbe cadeau aux amis du grand Sylvain.Dans un texte coloré de fraternité, Pierre Jobin s’est d’ailleurs adressé à Sylvain en ces termes :

Mon cher Sylvain, huit ans maintenant que de l’autre rive, une fois l’a et sans défaillir, tes amis prolongent la fête et la ferveur autour de tes mots et de ta musique. Huit ans au cours desquelles les gens de ton quartier renouent, comme une promesse, le lien d‘amitié que tu as si bien su tisser avec eux par tes chansons».

Et c’est d’ailleurs par un vibrant « Salut Sylvain » que le grand Gilles Vigneault a inauguré le festival, entouré par quatre musiciens. Un concert d’une heure trente sans entracte ni sortie de scène, entre chansons et anecdotes : quelques défaillances au niveau des paroles ne l’ont pas empêché, à 82 ans, de donner le meilleur de lui-même.Et puis il y a eu le feu d’artifice final avec un jeune homme de 84 ans qui a mis le feu à la salle Sylvain-Lelièvre avec son regard malicieux, son message de fraternité et de respect de celui qui est différent et vient d’ailleurs. Infatigable Graeme Allwright qui n’a pas hésité, comme en France, à débuter son concert par sa version d’une Marseillaise pacifiste et nettoyée du sang impur abreuvant les sillons : encore un de ces textes qui ne parlent pas à la raison mais au cœur.Pieds nus sur scène et en sandales dans la vie, Graeme suit depuis des années son bonhomme de chemin sans se prendre au sérieux et sans jamais jouer à la vedette. Lui qui a horreur des rapports chanteur-fan aura été comblé par le public québécois à la fois attentif et comblé. Son répertoire aura été synonyme de belle découverte pour nombre de personnes de l’assistance, car il est vrai que le traducteur français de Léonard Cohen est davantage connu en France qu’au Québec.Reste au final le souvenir d’un festival qui aura tout simplement rendu heureux celles et ceux qui y ont pris part. Secondé par une belle vingtaine d’efficaces bénévoles, Pierre Jobin a – d’ores et déjà – prévu de remettre ça l’an prochain.

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