Conseils de quartier : une réduction nuisible?

Pourquoi la Ville de Québec souhaite-t-elle réduire le nombre de Conseils de quartier présents dans ses arrondissements? Et, surtout, quelles sont les conséquences de cette diminution sur l’action et la portée de ces instances? En complément à mon précédent billet, réflexions autour de ce dossier et en route vers la consultation publique de ce soir, toujours en compagnie d’Érick Rivard, ex-président du Conseil de quartier de 2006 à 2011.Selon Érick Rivard, la modification de découpage proposée par l’administration municipale comporte plusieurs problèmes majeurs.

Par exemple, la Ville souhaite diminuer les doublons, c’est-à-dire qu’un ou une conseillère siège actuellement sur plusieurs Conseils de quartier. Mais, en choisissant de régler ce problème sans égard aux découpages territoriaux naturels tels la rivière Saint-Charles, elle cause une autre problématique : les dossiers qui étaient auparavant au cœur des quartiers deviendront des problèmes limitrophes », observe-t-il. Risque donc, pour la Ville, d’avoir à doubler les démarches de fonctionnaires ou d’avoir à dupliquer les consultations publiques pour un changement de zonage. « Beau gaspillage de ressources humaines pour régler les problèmes d’agenda d’un seul conseiller! ».

Il y aussi danger à calquer les limites des quartiers à celle des districts. Pourquoi? Parce que ces dernières sont modulables dans le temps, puisqu’elles doivent correspondre à un nombre d’électeur donné. Résultat? Impossible de planifier l’évolution d’un secteur sur le long terme, les limites physiques de l’espace étant changeantes.

Les plans directeurs de quartier deviendront vite désuets, inutiles et impossibles à gérer puisque les limites d’intervention même de ces plans se chevaucheront dans l’espace physique comme dans le temps. De façon réaliste, il s’agit, ni plus, ni moins, de la mort de ces plans directeurs, un outil pourtant fondamental », déplore M. Rivard.

Enfin, l’administrateur du Conseil de quartier du Vieux-Limoilou craint aussi l’impact de ces nouvelles divisions sur le pouvoir d’initiative des instances. « L’organisation d’une fête de quartier deviendra un vrai casse-tête », fait-il valoir. Selon lui, puisque les fêtes sont naturellement tenues dans les milieux identitaires qui les supportent, peu de chance de voir un Conseil de district mettre temps et argent pour organiser une fête dans une toute petite portion de son territoire. Par exemple, en quoi le Grand bazar des ruelles pourrait-il intéresser les citoyens et citoyennes au-delà des limites du Vieux-Limoilou?

J’ai bien hâte de voir le nouveau Conseil de district Les Faubourgs venir organiser une partie du Grand bazar des ruelles alors qu’ils auront déjà à mettre en place des fêtes au centre-ville! Il y aura nécessairement des territoires laissés pour compte », remarque Érick Rivard.

C’est donc avec crainte pour l’avenir de ces instance pourtant plus que nécessaires, qu’il voit arriver ces nouvelles divisions risquant bien de sonner le glas d’une façon de procéder qui, au fil des dernières années, a pourtant fait ses preuves.[ À lire aussi : De nécessaires conseils de quartier ]